SCÈNE IX
ROSTIVSKI, LE CLERC,
Enfin , tout marche comme je Tattcndais ; demain Alfred sera répoux de la comtesse. J'aurai fait le bonlieur de mon meilleur amij toi, tu auras contril)ué à lui assurer une fortune dont tu sauras bien avoir ta part.
LE CLERC , souriant.
Je suis intendant,
ROSINSKI.
Il faut convenir que cette fausse lettre nous a servis à souhait , c'est d'autant plus adroit, coquin, que tu no connaissais pas Eudoxie plus que moi. Cette intrigue te fait le pins grand honneur ; cela ne me serait jamais venu dans l'idée ; contrefaire
l'écriture de cette jeune fille. — c'est un peu fort mais tu
m'as dit qu'il le fallait,
LE CLERC
Sans le désir de vous plaire , croyez bien que je n'aurais jamais songé
ROSINSKI.
Au fait, il n'y a peut-être pas grand mal une jeune personne sans fortune épouser Alfred. L'hymen tue l'amour, le dégoût s'ensuit ; ton maître aurait bientôt négligé l'ancien objet de son idolâtrie, elle eOit été malheureuse Alfred eût
souffert grâce à nous , ,tout est arrangé pour le mieux
une petite ruse bien innocente.....
LE CLERC, à part.
Innocente!.... il est de bonne foi, laissons lui croire
ROSINSKI.
Ah ! ca, tu aimes l'argent, c'est le mobile de toutes tes actions; (tirant une bourse) Voilà dix louis, et je te métamorphose en médecin tu m'entends ?
LE CLERC
Eu médecin ! mon costume est presque convenable.
ROSINSKI.
Berthe, la gouvernante est prévenue... .. elle ue te connaît pas; lu dois la reconduire au château.
LE CLERC
La jolie folle nous accompagne.
ROSINSKI.
Tu entres par la petite porte du parc.
LE CLERC
Je Vinstalle dans un des plus jolis appartemens du château.
ROSINSKI.
Tu éloignes les curieux.
LE CLERC
Vous venez hientôt nous rejoindre.
ROSINSKI.
Je fais Taveu de mon araour.
LE CLERC
Elle ne peut résister, et
Je me charge du l'este. J'entends la vieille , je te laisse avec elle. {Il sort.)