‹ Le colonel de hussards; mélodrame en trois actes, à grand spectacleChapitre 26 sur 49 · STANISLAS, BERTHE · texte numérisé non relu

STANISLAS, BERTHE

BERTHE , sortant de la chambre de sa maîtresse açec précaution .

Elle repose.... Que Dieu veille sur elle.... Allons retrouver le docteur... {En se retournant, elle aperçoit Stanislas). Ahî mon Dieu... qu'est-ce que je vois là...

STANISLAS

Eh bien! c'est moî , l.i vieille... Ne croirait-on ms quelle vient d'apercevoir le diable?

BERTHE

Comment c'est vous , monsieur Robert... Que faites-vous ici à celte heure ?

Parlez plus bas, ou tout est perdu.

BERTHE

Perdu... Que signifie!..

STANISLAS

Cela signifie que vous êtes une vieille folle,

BERTHE

Une viedle folle î C'est vous qui êtes un impertinent.

STANISLAS

Savez-vous ce que vous avez fait?

BERTHE

Une vieille folle l

STANISLAS

Vous avez amené votre maîtresse dans un guêpier.

BERTHE

Heim... que voulez-vous dire?

STANISLAS

Que le comte est amoureux de madame de Roseval; que^ connaissant votre attachement pour elle , il n a pas trouvé de meuleur moyen de la faire tomlier en sou pouvoir , (|ue de vous prendre par les sentimens, et qu'enfin, si quehjups coups du ciel ne vous en tire , vous aurez augmenté le malheur de votre maîtresse en voulant l'adoucir.

BERTHE

Ainsi cette cure , ce médecin, la douceur de monsieur Rosinski...

Tout cela est faux.

BERTHE

Ah miséricorde! qu'est-ce que j'ai fait là! Monsieur Stanislas . je vous en conjure, ayez pitié de ma pauvre maîtresse, ne nous abandonnez pas.

STANISLAS

Moi , vous abandonner , triple escadron ! soyez tranquille , je me charge d»* tout.

BERTHE

Ah ! quel bonheur ! et moi, je vous aiderai.

STAMSLAS.

îf oi. pas , non pas , la vieille ; vous n'avez pas la main assoe heureuse pour cela.

BERTHE , â part.

La vieille ! Pourquoi l"aut-il que nous ayons besoin de lui?

STANISLAS

D'ailleurs , j'ai l'orgueil de mon colonel à ménager et la discipline à oljserver. Je connais son caractère j quand il s'agit d'une femme , si ou a le malheur de le heurter de front, il devient comme un lion enragé.

BERTHE

Ah .' mon Dieu !.. mon Dieu !.. mais enfin...

STANISLAS

Laissez-moi faire... quant à vous, obéissez à tout ce qu'oiv TOUS ordonnera.

BERTHE

Mais si on allait. . .

STANISLAS

Soyez tranquille, il n'y a pas de danger, [réfléchissant) Oui, j'irai trouver le colonel, je lui parlerai, et si, comme je le crains, mes remontrances n'ont aucun succès... j'emploierai alors un autre moyen... Mais on vient, laissez-vous conduire j ou votre maîtresse est perdue.. Je veille sur vous.

{^U se retire précipitamment derrière une statue,^ BERTHE, treînblante.

C'est fait de nous, c'est sûr.

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