SCÈNE XI
ROSIINSK.I, STANISLAS.
ROSINSKI , à part.
Stanislas!.... (Jiaut avec sévérité') Qui vous amène à cette beure dans mon appartement 7
STANISLAS
Mon colonel , il y a long-tems que je vous cberche ; je viens^ selon vos ordres , de parcourir les cantonuemcns.
ROSINSKI.
Ne pouviez-vous me présenter votre rapport à l'heure accoutumée?
STANISLAS
J'ai vu de la lumière chez vous , mon colonel , et comme J'ai pensé que l'amour du travail vous avait empêché de vous
«ouclier , j'ai cru ({ne je pouvais vous faire pari do ce que j'avais trouvé d'extraortliiiaire clans ma ronde. ROSIiySKI.
Voyons, vîle , de quoi s'agit-il? (^} /;ar^) 11 ne faut pas lui donner de soupçons.
STANISLAS
Il m'en coûte d'avoir à signaler à votre justice le hussard Thomas.
ROSINSKI.
C'est pourtant un honnête homme et un hrave militaire.
STANISLAS
Ou est brave, on est honnête, et ou se conduit mal quelquefois.
ROSINSKI.
Qu'a-t-il fait?
STANISLAS
Mon colonel, il était devenu amoureux d'une fille que la mauvaise fortune avait accablée ; elle vivait dans les environs de votre château; quoique ses attraits eussent donné de l'amour à tous ceux qui l'avaient vue , elle inspirait un si grand respect que, loin de songera augmenter sa peine, c'était à qui chercherait à dissiper ses chagrins; eh bien! mon colonel, malgré tant de raisons de mettre un frein à ses passions, savez -vous ce que Thomas a fait?
ROSINSKI.
Où veut-il en venir?., eh bien!
STANISLAS
Il a enlevé cette malheureuse jeune fille, et, abusant des droits les plus sacrés , il l'a conduite dans un asile où il croyait la cacher à tous les yeux; mais où cependant on n'a pas lardé à la découvrir. Qu'ordonnez-vous qu'il lui soit fait? ROSINSKI , à part.
Grand Dieu! quelle leçon! aurait-il eu Tintention? [haut, en Je ri'i'dvdaut fi.iement) Ce que tu m'annonces est-il bien vrai? est-ce bien Thomas?..
STANISLAS
liui on un autre, que faudrait-il faire? ROSINSKI, à part.
Et c'est un inférieur !. ..
STANISLAS , à part.
Ça parait lui faire de l'eflfet , si je pouvais réussir.
ROSINSKI, iwcc colère.
Qu'on le mette à la salle de police , et qu'à midi , le conseil
ûe guerre soil assemblé , je vais sur-le-cliaiiip en reiidi-e coxupt<i au lieutenant-géuéral.
STANISLAS
Diable! diable î voilà un regard qui ne me dit Heu de bon.
ROSiNSKi , écoutant, O cielî il m'a semble entendre du bruit dans cette chambre...
si elle allait paraître Il ne s'en va pas : {liant, en colère')
quant à vous , je vous trouve bien hardi d'avoir osé me déranger.
STANISLAS, à -part.
Gare la bombe! oi'i me suis-je fourré?
ROSINSKI , avec un redoublement de colère. Parce que je vous ai laissé prendre quelques libei'tés... préteudriez-vous en abuser,., il sied bien à un sous-ofticier... STANISLAS , se mordant les lèvres.
Un sous-officier !.. moi, adjudant... ah! sans la discipline!..
ROSINSKI, à part.
Grand Dieu!., on ouvre la porte... c'est elle! {Jiaut , d'une voix de tonnerre^ Sortez, vous gardei'ez les arrêts tbi'cés pendant trois jours , pour y apprendre votre devoir. Remetlezi votre sabre à l'adjudant-major.
STANISLAS porte la main à son schakos; à part. Puisque le vieux Robert n'a pu rien faire , courons vite au corps de réserve, et employons le dernier moyeu. ( // entre che;i Gustat'e, )