‹ Le colonel de hussards; mélodrame en trois actes, à grand spectacleChapitre 30 sur 49 · S€EI\E XII · texte numérisé non relu

S€EI\E XII

ROSINSKI, EUDOXIE.

( Ses longs chet'eu.v tombent sur ses épaules , sa toilette est e>„ désordre , elle tient un Jlamheau à la main, au' elle pose sur la table après avoir soujflé la bougie.)

EUDOXIE

Rerthe! Berthe! voici le jour, et Berthe ne vient pas; elle sait bien cependant que c'est l'instant de ma promenade.

ROSINSKI.

Dans ce costume, elle est ravissante!

EUDOXIE, à voix basse, et s' asseyant .

Berthe!.... et elle aussi me délaisse..... tout le moade me quitte.

Le Colonel de Hussards. j

ROSINSKI.

Jamais femme ne m'inspira autant d'intérêt !

EUDOXIE

Il n'y a que son portrait qui ne me quitte pas. ( regardant fixement eu s' avançant vers ta droite ) Alfred , Alfred.

Ah I ah ! son époux se nommait aussi Alfred.

EUDOXIE

Que tes yeux, sont doux sur ton image... pourquoi ce matin m'as-tu regardée avec horreur... [Elle cherche.) Mais, où estil?., c'est de ce côté qu'ordinairement...

ROSINSKI.

La pauvre petite , elle se croit chez elle.

EUDOXIE, .se rasseyant.

Berthe ne peut tarder^ elle me dira pourquoi...

ROSINSKI, s'avançant.

Allons , allons , un peu de hardiesse.

EUDOXIE

J'entends du bruit... est-ce toi?., viens, viens... où est-il? (^regardant le colonel) Ah ! par pillé, si c'est vous qui m'avez pris son portrait , rendez-le moi, c'est le seul souvenir que j'aie conservé de lui.

ROSINSKI , à part.

Le doux son de sa voix m'impose malgré moi. Parlons comme elle , c'est le moyen de gagner sa conliance. ( haut) Qu» cherchez-vous aimcble personne ?

EUDOXIE, Lui, Alfred... et puis... Alfred!.. {Elle pleure.) ROSINSKI.

Ne pleurez pas, cher auge ; il est encore des consolations.

EUDOXIE

Vous ne savez-pas... il m'a ahandonnce, il m'a maudite.-

C'est un monstre.

EUDOXIE

Lui juste Dieu !.... chut. ...ne l'accusez pas ceu'est

pas lui qui a le plus grand crim(> à se reprocher (à voice

basse, et regardant autour d'elle ) J'ai tué mon enfant. ROSINSKI , reculant.

Tu;; !.... [se rapprochant ., avec un wi/r/'re)* J'oubliais qu'elle est folle.

JEUDOXIE.

Oui je ne pouvais plus le voir, il me faisait mal Je

l'ai chassé et il est mort. [Elle pkure encore.)

ROSINSKI.

Revenez à vous , écoutez la voix d'un ami.

EunoxiE.

Un ami, je n'en ai plus je n'ai que le remords oîi

fuir où me cacher? ( Elle parcourt la scène. )

ROSINSKI.

Arrêtez !

EUDOXIE

Qui m'appelle est-ce toi, Alfred? [^prenant Rosinski pour

son époux) Oui, le voilà c'est lui cher époux.! i^Elle

court à lui , il la reçoit dans ses bras. )

Comment n'être pas attendri ?

EUDOXIE, revenant tout-à-fait à elle .

Ah!.... ce n'est pas lui!.... oùsuis-je, où m'a-t-on menée?

ROSINSKI.

Dans les bras du plus amoureux et du plus constant de tous les hommes.

EUDOXIE , égarée.

Grand Dieu! sauvez-moi , sauvez-moi !

ROSINSKI.

Ecoute-moi , charmante créature ; tes malheurs ont touché

mon ame, et je veux désormais te consacrer {Il cherclie à

la sa isir. )

EUDOXIE , échappant de ses bras.

Ah ! laissez-moi, laissez-moi. {Comme elle parcourt le théâtre, en jetant des cris , Stanislas passe sa tête à trai^ers la porte , et lance Gustai^e. )

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