VI
Paris, ce i5 juin 1762.
Je viens de voir, Monsieur, l'Ambassadeur de Hollande et je lui ai parlé de vos deux écrivains Chevrier et Gaubier (sic) en lui représentant l'intérêt que nous avons de les faire arrêter. Cet ambassadeur m'a promis d'en écrire par le premier ordinaire à M. le G. Pensionnaire et il m'a fait espérer que ce ministre ne le refuserait pas à nos instances. Je lui ai bien expliqué qu'il nous importait principalement d'avoir leurs papiers et je lui ai demandé s'il jugeoità propos que vous fissiez partir un exempt de la police. Il m'a dit qu'il croyoit que cela étoit inutile dans ce moment et qu'il valloit mieux attendre la réponse parce que si le gouvernement Hollandais consentoit à les faire arrêter, il les garderoit jusqu'à ce que vous eussiez envoyé quelqu'un à qui il les aient remis. Dès que la réponse sera arrivée il m'en fera part et je vous la communiquerois (sic) aussitôt.
J'ay l'honneur d'être très parfaitement, Monsieur, votre très
humble et très obéissant serviteur.
Ciioiseul.