‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 102 sur 184 · CHAPITRE LV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LV

aimés jusqu’à l'excès, s’il s’est donné tout entier à nous, nous en sommes uniquement redevables à sa charité :

5° L'amour qu'il nous porte est tout à

fait pur; et si l’on y prend bien garde, on

n’y verra point ce mélange d'intérêt qui se rencontre dans les amitiés mondaines.

Dieu n’a que faire de nos biens, parce qu'il

à en lui-même, indépendamment de nous,

le principe de son bonheur et de sa gloire.

Lors donc qu'il répand sur nous ses béné.

dictions, ce n’est point son utilité, mais la nôtre seule qu'il envisage. Dans cette pensée, chacun dira en lui-même : Qui eût cru, Seigneur, qu'un Dieu infiniment grand, comme vous l’êtes, pût mettre son affection dans une créature vile et abjecte comme moi? Que prétendez-vous, à Roi de gloire ? Que pouvez-vous espérer de moi, qui ne suis que cendre et poussière ? Cette ardente charité qui vous Consume, ce feu qui m'’éclaire et qui m’échauffe tout ensemble, me font assez voir que vous n'avez qu'un seul dessein, et je reconnais encore par là combien votre amour est dégagé de

tout intérêt : vous ne voulez autre chcse, en

vous donnant t sut à moi dans ce sacrement,

que me transformer en vous. afin que je

vive en vous et que vous viviez en moi, et

que par cette unionsi intime devenant une

même chose avec vous, je change un cœur

tout terrestre comme je mien en un cœur

spirituel et tout divin comme le vôtre.

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