CHAPITRE LXVI
surprendre par des illusions et par des visions imaginaires, ou même sensibles, demeurez ferme dans la Connaissance de vous-même, et dites-lui hardiment : Retiretoi, malheureux, retourne dans les ténébres d’où tu es sorti : car je suis un trop grand pécheur pour mériter des visions célestes: je n'ai besoin que de la miséricorde de mon Jésus. et des prières de la bienheureuse Vierge, de saint Joseph et des autres saints.
Si à des preuves presque évidentes il vous semblait que ces choses vinssent de Dieu, gardez-vous d’abord d'y ajouter foi:
ne craignez pe de les rejeter. Cette résistance, fonc. rt la vue de votre misère, ne peut « : uésagréable à Notre
Seigneur; et si c’est lui qui agit en vous, il saura bien vous le faire connaître sans qu'il vous en arrive aucun mal. parce que celui qui donne sa grâce aux humbles n’a zarde deles en priver lorsqu'ils s’humilient.
Voilà les armes dont l'ennemi a coutume de se servir généralement contre les hommes, lorsqu'il les voit près de la mort Mais, outre cela, ilattaque chacun de nous en particulier par l'endroit qui lui parait le plus faible. Il étudie nos inclinations, et c'est par nos inclinations mêmes qu'il nous fait tomber dans le péché. C’est pourquoi, avant que l’heure du grand combat soit venue, prenons les armes, et commen- 634 16
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çons à faire la guerre aux passions qui nous dominent, afin que nous ayons moins de peine à y résister et à les vaincre dans
! ce moment si redoutable, qui sera la fin de tous les temps. Vous combattrez contre eux jusqu'a ce qu’ils soieni entièrement defaits (1).
(1) 4° liv. des Rois, XIII
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DE LA PAIX DE L'A\ME ET DU BONHEUR D'UN CŒUR QUI MEURT A LUI-MÊME POUR VIVRE A DIEU
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De quelle nature est Le Cœur humain É et de la manière de Le diriger
É \'EU n'a fait le cœur de l’homme que } pour l'aimer et pour en être aimé.
: L'excellence de la fin de sa création É doit donc le faire considérer comme le plus zrand et le plus noble des ouvrages de cet Etre souverain.
C'est uniquement de la direction qu’on lui donne que dépend la vie ou la mort spirituelle.
La science n’en doit pas être fort difficile, puisque son caractère est de faire toutes choses par amour, et de ne rien faire par force.
I ne faut ge veiller doucement et sans violence Sur les mouvements par lesquels : nous Aagissons.
; Observer d'où ils viennent et où ils ten- | dent.
Enfin examinez si ces mouvements par- | tent du cœur, qui est la source de l'amour
divin, ou de l'esprit, qui est Ja source de la vanité humaine.
Vous reconnaîtrez que c’est le cœur qui vous fait agir dans vos bonnes œuvres par 1e motif de l'amour, quand tout ce que vous ferez pour Dieu ne vous paraîtra rien, et lorsqu’en faisant ce que vous pouvez vous aurez honte de faire si peu.
. Et vous devez juger que c’est l'esprit mû | et excité par les intérêts humains, quand : les bonnes œuvres que vous faites ne | vous laissent, au lieu des vertus douces, | humbles et tranquilles, que des vapeurs | et des illusions de vaine gloire, qui vous | font croire que vous avez beaucoup fait, : quand vous n'avez réellement rien fait de
bien.
La guerre humaine dont parle Job | consiste en cette vigilance que nous de- ! yons continuellement exercer Sur noux- | mêmes.
Elle ne doit être ni chagrine ni inquiète ; au contraire, son but principal est de | donner le repos à l'âme, et d'en calmer et | apaiser les mouvements quand on la sent | inquiète et agitée dans la prière ou dans | toute autre action; Car on doit être persuadé que l’on ne saurait bien prier en cet | état; il faut auparavant que l'âme ait | recouvré sa première tranquillite.
: Sachez que vous n'avez besoin pour
| cela que d'une attention douce et calme,
| et que c’est le seul moyen qui puisse
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