‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 120 sur 184 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

rendre la paix à votre âme et la faire revenir de son égarement.

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Du soin que l'âme doit avoir d'acquérir une parfaite tranquillité

{ tETTE attention douce et paisible, mais { surtout persévérante, sur notre cœur, = nous conduira sans peine à de grandes choses, elle nous fera non seulement prier et agir doucement et aisément, maisencore souffrir sans murmurer ce qui fait le sujet de l'emportement de tous les hommes, savoir : le mépris et l’injustice.

Ce n’est pas que pour acquérir cette paix intérieure il ne faille essuyer beaucoup de travaux, et que, faute d'expérience, nous ne soyons souvent vaincus par ces ennemis puissants qui sont au dedans de nous ; mais Soyons persuadés que, pourvu que nous voulions combattre, nous ne manquerons ni de secours ni de consolations dans cette guerre; que nos ennemis s’affaibliront, que leurs forces se dissiperont, que notre empire sur les mouvements de notre cœur s’établira, et qu’enfin nous donnerons à notre âme ce précieux repos qui doit faire sa béatitude dès cette vie.

S'il arrive que l'émotion soit trop forte, où le poids de l’affliction trop pesant pour que nous puissions le supporter nous-

mêmes, recourons à l’oraison, prions et persévérons dans la prière. Jésus-Christ pria trois fois au jardin des Oliviers, pour nous apprendre que l’oraison doit êtrele refuge et la consolation de tout esprit affligé.

Prions sans relâche jusqu'à ce que nous sentions notre intérieur calme, notre volonté soumise à celle de Dieu, et que

| notre âme soit revenue à sa première tran-

quillité.

Ne la laissons point troubler par la précipitation de nos actions extérieures; quand nous ferons quelque ouvrage de corps ou d'esprit, travaillons-y posément et paisiblement, sans nous prescrire de

| temps pour l’achever, ni nous empresser

d’en voir la fin.

Nous ne devons avoir qu’une seule in-

| tention : conserver en nous la mémoire et

le souvenir de Dieu, avec humilité et tranquillité, sans nous inquiéter d'autre chose que de lui plaire.

Si nous nous laissons conduire dans nos œuvres par quelque autre motif, notre âme sera troublée et inquiétée ; nous tomberons fort souvent, et la peine que nous aurons

: à nous relever de nos chutes nous fera | assez sentir que tout notre mal vient de ce | que nous voulons tout faire selon notre : caprice, et accomplir notre propre volonté | dans toutes nos actions; ce qui fait que.

quand elles réussissent, nous nous en ré-

| compensons nous-mêmes par de vaines

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