CHAPITRE V
Suivons ponctuellement la direction du guide que nous avons choisi, et, dans nos œuvres de zèle comme dans nos mortifications, n'entreprenons rien de notre propre choix et sans l'avoir consulté.
C’est assez que nous tenions notre intérieur toujours prêt et disposé à souffrir pour Dieu tout ce qu'il lui plaira et en la manière qu'il lui plaira.
Celui qui cherche à se mortifier dans ses actions ferait mieux de se reposer, et de laisser la divine Majesté opérer en lui ce qu'elle voudra.
Notre volonté ne doit jamais avoir aucun engagement, mais être toujours entierement libre et détachée.
Et, puisqu'il ne faut jamais faire ce que l'on désire, soyons persuadés qu'il ne faut rien désirer : ou, si nous désirons quelque chose, que ce soit de telle manière que le succès contraire puisse laisser notre esprit aussi en repos que si nous n'avions rien désiré.
Nos désirs sont nos chaînes; y être attaché, c'est être esclave: mais n’en avoir point ou n'être point lié, c’est être libre.
Dieu demande notre âme ainsi seule, nue et détachée, pour y opérer ses merveilles ct la glorifier presque dès cette vie. 9 sainte solitude! à bienheureux désert ! 6 retraite glorieuse où l’âme peut avoir si aisément la jouissance de son Dieu! N'y Courons pas seulement, mais demandons
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les ailes de la colombe pour y voler et y prendre un saint repos; ne nous arrètons point dans le chemin, qu'aucune consideration humaine ne puisse nous retarder:
laissons les morts ensevelirles morts; nous allons à la terre des vivants, la mort n'a aucun droit sur nous.
bé HAPITRE A
Il faut user de prudence dans l'amour
du prochain, pour ne pas troubler la paix de l'âme.
vu ne fait point sa demeure dans une
} âme sans l’embraser d'amour pour lui
et de charité pour le prochain; Jésus-
Christ a dit qu'il est venu apporter le feu
sur la terre.
L'amour de Dieu ne doit point avair de bornes: mais la charité que nous devons au prochain a ses mesures et ses limites.
On ne saurait trop aimer Dieu, mais on peut trop aimer le prochain. Si cet amour n’est modéré, il n’est capable que de nous perdre; nous pouvons nous détruire en voulant édifier les autres. Aimons de telle sorte notre prochain, que notre âme nen recoive point de dommage. Le plus sûr est de ne rien faire par le seul motif de donner exemple aux antres et de leur servil de modèle,de peur qu’en pensant les sauver nous ne nous perdions nous-mêmes. Fai-