CHAPITRE XI
nous retrancher toujours dans la vertu d'humilité, sans nous en éloigner jamais, de nous confondre et de nous anéantir nous-mêmes. Si nous sortons de cet état, nous ne nous défendrons jamais de ret esprit d’orgueil, et quand il aura gagné notre volonté par cette voie. il y régnera en Lyran, et y fera régner tous les vices.
Ce n’est pas encore assez que de veiller, il faut prier, car il est dit : Veillez, et priez. La paix de l'âme est un trésor que ces deux gardiens peuvent seuls conserver.
Ne souffrons point que notre esprit s’agite et s'inquiète pour quelque chose que ce soit. L'âme humble et tranquille fait toute chose avec facilité; les obstacles ne tiennent pas devant elle; elle fait le bien et y persevère :; mais l'âme troublée et inquiète fait peu de bien, le fait imparfaitement, se lasse bientôt, souffre continucllement,etsespeinesne luisont d'aucun profit.
Vous discernez les pensées que vous devez entretenir. et celles qu'il faut bannir, par la confiance ou la défiance qu'elles vous inspireront en la miséricorde de Dieu. Si elles excitent toujours de plus en plus en Vous cette amoureuse Confiance, vous devez les recevoir comme des messagères du ciel, en faire vos délices et le sujet de YOS entretiens ; mais vous devez bannir et jeter comme des inspirations du démon celles qui tendent à vous donner de Ja défiance des infinies miséricordes de Dieu.
| Le tentateur,lorsqu'ils’attacheaux âmes pieuses, leur fait paraître des fautes ordi-
| naires beaucoup plus gr..ndes qu’elles ne | le sont; il leur persuade qu'elles ne font | jamais leur devoir, qu’elles ne se confessent pas bien, qu’elles communient avec trop de tiédeur, que leurs prières ont de | grands défauts; il travaille ainsi, par tous | ces scrupules, à les tenir toujours trou- | blées, inquiètes et impatientes; et il les | porte à quitter leurs exercices de piété, | comme si tout ce qu’elles font était sans fruit, comme si Dieu ne les regardait pas | et les avait tout à fait oubliées. Et toute- | fois il n’est rien de si faux que de telles | persuasions. On peut tirer de très grands | avantages des distractions,des sécheresses | intérieures et des fautes que l'on commet | dans les exercices de piété, pourvu que | Yâme entende et comprenne ce que Dieu ! veut d’elle en cet état, qu’elle prenne patience et persévère dans ce qu’elle a com- | mencé. La prière humble d’une âme privée | de consolations spirituelles est un des plai- | sirs que Dieu prend en sa créature, disait | le grand saint Grégoire, et surtout lorsque, | . se sente pleine de froideur.
’insensibilité et de dégoût, elle persévère
| avec courage dans ses pieux exercices. Sa | patience prie assez pour elle, et la rend , plus agréable à Dieu que les prières qui | seraient de son goût. Le même saint dit | que cette nuit intérieure où eile se trouve