‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 134 sur 184 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

quand elle prie, est une lumière qui brille en la présence de Dieu; qu'il ne peut rien venir de nous qui-soit plus capable de l'attirer en nous, qu’elle le force même en quelque sorte à nous accorder de nouvelles grâces.

Ne qrittez donc jamais une bonne œuvre, queique dégoût que vous y trouviez, si vous ne voulez ohéir au démon ;et apprenez par la lecture du chapitre suivant les grands fruits que vous pouvez tirer de votre humble persévérance dans les exercices de piété au temps de vos plus grandes sécheresses.

Lumens

GHAPUERE XI

L'âme ne doit point s’attrister à cause de ses tentations intérieures

ES biens qui procèdent de nos sécheresses spirituelles, et même de nos

4 fautes dans nos exercices, sont assurément infinis; mais ce n’est que par l’humilité et la patience que nous pourrons en faire notre profit. Sinoussavions bien comprendre ce secret, nous nous épargnerions bien des peines et des moments fâcheux.

Hélas! que nous avons tort de prendre ces épreuves pour des marques d’aversion et d’horreur de la part de son divin amour, et de croire que sa colère nous punit quand sa bonté nous favorise! Ne voyons-nous

se c'e 2 ®) ——— RES Re 252 DE LA PAIX DE L'AMF

pas que le sentiment des peines que nous | causent ces sécheresses intérieures ne

peut naître que du désir que nous avons . d’être agréables à Dieu, zélés et fervents

dans ce qui regarde son service; puisque | ce qui nous afilige n’est autre chose que la

privation de ces sentiments, et que ces | chagrins et ces dégoûts quinous accablent nous persuadent que nous lui déplaisons comme nous nous déplaisons à nous-mê- | mes? Rassurons-nous donc : soyons cer-

tains que c'est un bon effet d’une bonne : œuvre. Ces choses n'arrivent qu'à ceux | qui veulent vivre en vrais serviteurs de | Dieu, et s'éloigner de tout ce qui peut. non | pas seulement l’offenser, maïs lui déplaire. | Au contraire, nous ne voyons pas que les | grands pécheurs, ni ceux qui vivent de la ! vie du monde, se plaignent fort de ces \ sortes de tentations.

C’est un remède qui n’est pas de notre oûtet contre lequel notre estomac se sou- | lève ; mais il nous fait un bien merveilleux, | sans que nous nous en apercevions. Que | Ja tentation soit des plus horribles, et telle | que la seule pensée nous épouvante et nous scandalise; plus elle nous afflige et | plus elle nous humiliera, plus aussi nous | en retirerons de profit. C’est ce que l’âme

n'entend point et ne comprend point : c’est

pourquoi elle ne veut point entrer dans une route où elle ne voit etne sent rien qui ne lui déplaise et ne l’aflige.

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