A LA VOLONTÉ DE LIEU
ne sont que les instruments de votre Providence pour l'exécution de vos desseins.
Hors le péché, que vous ne pouvez vouloir, tout le reste vient de votre main, et doit être regardé par une âme :dèle comme un ordre de votre part. La malice mére des hommes, leurs peches et toutes les | suites funestes qu'ils peuvent avoir,entrent dans l’ordre de votre providence; car non seulement vous les permettez pouvant les empêcher, mais vous les permettez pour des fins infiniment justes et très dignes de votre sagesse et de votre bonté. Voilà des vérités certaines, enseignées dans toutes les pages de vos divines critures, et dont il ne m'est pas permis de douter. Mais, si cela est ainsi, Seigneur, s’il est vrai que vous réglez vous-même tous les événements, que reste-t-il à la créature que le parti de la soumission la plus profonde? Que lui reste-t-il que d’adorer vos desseins, d'y entrer, et de se conformer en toutes choses à votre adorable volonté ? Quoi de plus juste que la créature soit soumise au Créateur, et qu’une volonté aussi aveugle, aussi bornée, aussi Corrompue que celle de l'homme, se conforme à une volonté infi- ; niment sage, infiniment sainte, comme la vôtre ?
Vous êtes le maître, Ô grand Dieu; votre droit c'est de commander. Nous sommes
| les esclaves, notre devoir est de nous sou- | mettre.
C'est à vous de donner la loi, à nous de la recevoir avec respect. Rien de plus raisonnable que cet ordre, rien de plus criminel que de le vivler.
O mon Dieu, si je méditais ces vérités, si je me les rendais familières, l’'admirable ressource que jy trouverais contre les troubles, les plaintes, les murmures, les défiances qui s'élèvent si souvent dans mon cœur! Hélas! je tombe si aisément dans le trouble à la vue des maux et des misères dont la terre est comme inondée; de tant d'injustices, de vexations, d'oppressions, de scandales, *mpiétés, de tant d’accidents tragiques; de tant de malheurs qui désolent les familles, les villes, les provinces, les royaumes! Mais, s’il est vrai, comnie la religion me l’apprend, «ue rien de tout cela n’arrive que vous ne le sachiez, que vous ne le voyiez, que vous ne le régliez, que vous ne le conduisiez vous-même à une fin digne de vous, quoi de plus capable de calmer mon esprit et mon cœur ?
Ces maux doivent, à la vérité, m'afiliger; ils doivent exciter ma compassion et mon zèle pour en arrêter le cours; autant que je le puis, je dois y employer mes soin£, mes prières, et tout ce qui épend de moi.
Mais après cela, pour éviter le trouble, que votre esprit ne produit jamais, et pour conserver la paix, je n'ai qu’à lever les yeux vers vous avec une foi vive,et à vous considérer spectateur tranquille de tous