A LA VOLONTÉ DE DIEU
ces maux. Vous pouvez les empêcher, Seigneur, vous ne le faites pas : vous aimez plutôt à les permettre : c’est Ja souveraine raison qui vous conduit, vous ne pouvez rien faire que pour le mieux. I] faut que Vous ayez de quoi réparer avec avantage ces désordres, autrement vous ne les permettriez pas. Si je pouvais connaître les raisons qui vous déterminent, j'en serais charmé. Je serais convaincu qu'on ne peut rien de plus équitable, Je verrais avec évidence que ces désordres n’empêchent pas que le monde ne soit gouverné avec une sagesse et une bonté infinies. Si je ne comprends pas à présent ces vérités, je dois rendre cet hommage à votre providence, de croire avec certitude que cela esf, en attendant le jour où vous devez justifier votre conduite aux yeux de l'univers.
Je me laisse aller encore bien souvent aux plaintes et aux murmures, lorsque les choses n'arrivent pas selon mes désirs, qu'elles sont contraires à mes desseins, à , nes inclinations, à mes intérêts. Je me | laisse abattre en ces rencontres par la tristesse et par l'ennui. Je pense, je parle et J'agis comme si J'ignorais qu'il y a un maître au-dessus de moi qui gouverne tout, Ju Comme si monintérêt particulier ou mes | Inclinations devaient être la règle de votre
‘onduite dans le gouvernement du monde.
: Ah! Seigneur, si je faisais attention que | c’est de votre main que tout cela me vient,
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comment oserai-je murmurer ? Quand je ne regarderais en vous que la qualité de souverain Maître, mon devoir ne serait-il pas de m’anéantir à vos pieds, et d’adorer vos divins ordres sans oser les contredire en rien? Car qui suis-je pour oser m'élever contre vous, ou pour vous demander raison de votre conduite ? Quand il vous plairait de me briser comme un potier brise un vase de terre qu'il a formé, vous useriez de votre droit, et je n'aurais rien à répondre. Mais, Seigneur, lorsque je faisréflexion que, bien loin d'en user ainsi avec vos créatures, votre bonté et votre amour ont autant de part que votre puissance ct votre sagesse à la conduite que vous tenez avec elles: quand je considère que vous nous aimez infiniment, et que vous n ofdonnez et ne permettez rien que pour le bien de vos serviteurs ; quand je pense que, par un effet admirable de votre sagesse, les choses mêmes qui araissent les plus contraires à nos intérêts tournent à notre avantage, si nous Savons nous soumettre à votre volonté et entrer dans vos desseins :
alors je sens combien il est juste qu’on s'abandonne à vous non seulement avec respect comme à un maître infiniment puissant, mais avec amour et avec confiance, comme à un pèreinfiniment bon. Ordonnez donc de moi, mon Dieu, tout ce qu'il vous plaira. Je suis résolu à me soumettre à votre volonté en toutes choses.