‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 17 sur 184 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

étranges, l’entendement s'obscurcit de plus en plus, et représente toujours à la volonté l'objet plus odieux ou plus aimable qu'auparavant; de sorte qu’à moins qu’on observe très exactement la règle que j'ai donnée, et qui est très importante en cette rencontre, les deux plus nobles facultes de l’âme ne font que rouler comme dans un cercle, et tomber d'erreurs en erreurs, de ténèbres en ténèbres, d'abimes en abîmes.

Heureux ceux qui n’ont nulle attache à aucune créature, et qui, avant de rien aimer en ce monde, tâchent de connaître ce qui leur paraît aimah'+ en jugeant selon la raison, et partic ment selon les lumières surnaturelie le Saint- Esprit leur communique, soit par luimême, soit par ceux qui ies gouvernent en sa place!

Mais remarquez que cet avertissement est quelquefois plus nécessaire en certaines actions extérieures qui de soi sont bonnes, qu’en d’autres moins louables, parce qu'on y est plus facilement trompé, et qu'on s’y porte souvent avec trop de Chaleur et d’indiscrétion. 1] ne faut donc pas s’y engager aveuglement, puisqu’une seule Circonstance de temps ou de lieu, étant négligée, pent tout corrompre, et qu’il suffit de ne pas faire les choses d'une certaine manière, ou selon l’ordre de l’obéissance, pour commettre de grandes fautes, ainsi qu'on peut en juger par

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l'exemple de beaucoup de gens qui se sont perdus dans les ministères et les exercices les plus saints.

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HAÏTTRE IX D'une autre chose nécessaire à l'entendement pour bien connaître ce qui est le plus utile.

! AUTRE vice dont il faut que nous déli- . vrions notre entendement est la trop

4 grande curiosité: car, lorsque nous nous remplissons l'esprit de pensées vaines, ridicules, criminelles, nous le rendons incapable de s’attacher à ce qui est le plus propre à mortifier nos appétits déréglés.

et à nous conduire à la véritable perfection. Soyons donc tout à fait morts aux choses terrestres, et ne les recherchons point si elles ne sont absolument nécessaires, quoiqu'elles ne soient pas défendues. Donnons peu de liberté à notre esprit:

ne nermettons pas qu’il se répande vainemer. sur beaucoup d'objets: rendons-le comrie stupide pour toutes les connaissances profanes. Ne prêtons jamais l'oreille aux nouvelles et aux bruits qui courent :

fuyons ceux qui n'aiment qu’à s’entretenir des affaires du monde; ne soyons pas plus touchés des diverses révolutions qui arrivent ici-bas que si c’étaient des imaginations et, des songes. Usons même de rete-

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