CHAPITRE XIX
rompez cette attache, et vous jouirez toujours d’un parfait repos. Mais si le trouble que vous ressentez vient, non d’un amour déréglé pour quel- | que objet agréable, mais d’une aversion | naturelle pour une personne en qui tout vous choque, et dont les moindres actions vous déplaisent, le grand remède à ce mal est, malgré votre antipathie, de tâcher d'aimer cette personne, non seulement parce que c’est une créature formée de la main de Dieu et rachetée par le précieux sang de Jésus-Christ aussi bien que vous, mais parce qu’en supportant avec douceur ses défauts vous pouvez vous rendre semblable au Père céleste, qui a de l'amour et de la bonté généralement pour tous.
php rntiogténte CHAPITRE XIX Comment il faut combattre le vice de l’impureté
"ous devez combattre ce vice d’une ma-
nière particulière, et avec plus de vi-
. Bueur que les autres. Pour y réussir,
il faut distinguer trois temps : le premier,
avant la tentation; le second, pendant la tentation; le troisième, après la tentation. | 1° Avant la tentation, on doit employer fous ses soins à en prévenir jusqu'aux ; moindres occasions, et s'éloigner des personnes dont le commerce est dangereux. Si | nu ——<e)#
par malheur on est obligé de voir ces sor- | tes de personnes, il faut le faire le plus vite |
ossible, avec un visage modeste, des paro- | es graves, et d’un air plutôt sérieux que |
familier et enjoué. Ne présumez point de vous-même sur ce que, durant plusieurs années que vous avez vécu dans le monde, vous n'avez presque jamais su ce que c’est que l’aiguillon de la Chair, car le démon de l'impureté fait en une heure ce qu'il n’a pas fait en plusieurs années. Il est quelquefois longtemps à préparer ses machines ; mais les coups qu’il donne sont d'autant plus rudes,les plaics qu’il fait sont d'autant plus dangereuses qu’il sait l’art de contrefaire et de tueren flattant. Il est même à remarquer, et l'expérience journalière le montre, que le péril n'est jamais plus grand que lorsqu'on fait ou qu’on entretient certaines liaisons où rien de mal ne paraît parce qu elles sont fondées sur des raisons spécieuses ou de parenté, ou de gratitude, ou de quelque autre devoir, ou sur le mérite et la vertu de la personne qu’on aime.L'amour impur se glisse insensiblement dans ces amitiés par des visites fréquentes, par des conversations trop longues, par des familiarités indiscrètes, jusqu’à ce qu'enfin le poison gagne le cœur, et la raison s’obscur-
! cit; de sorte que l’on ne compte pour rien
des regards peu modestes, des paroles tendres, des entretiens libres et pleins de railleries, d’où naissent des tentations très
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sera capable d ‘assouvir votre passion vous empêchera d'écouter les remontrances de vos amis ; Vous perdrez la crainte de Dieu, vous mépriserez l'honneur et la vie, les feux mêmes de l'enfer n’étoufferont pas les flammes impures dont vous brûlerez. Cherchez donc votre salut dans la fuite, autrement vous serez Surpris, et le prix d’une confiance présomptueuse sera la mort éternelle ; 2° Soyez ennemi de l'oisiveté, pensez à vos devoirs, et n’oubliezrien poursatisfaire aux obligations essentielles de votre état ; 3° Obéissez avec joieet sans résistance à VoSsupérieurs:exécutez romptement tout ce qu'ils vous comman eront, et que les choses les plus humiliantes et les plus contraires à votre inclination soient toujours celles que vous fassiez avec lue d’ardeur:
4° Gardez-vous de juger témérairement votre prochain, surtout en matière d’impureté. S’il est tombé par malheur en quelque désordre, et si sa chute est publique,
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| | ne le traitez pas pour cela avec mépris; | ne vous fächez pas contre lui; mais ayez | pitié de sa faiblesse, et tâchez d’en profiter | en vous humiliant devant Dieu, en confessant que vous n'êtes que poussière, que boue, qu'un pur néant, en redoublant vos prières, en fuyant avec pre de soin que Jamais tout commerce dangereux : pour peu suspect qu’il puisse être. Car, si vous êtes trop prompt à juger désavantageusement vos freres, Dieu, pour vous punir et pour vouscorrigertoutensemble, permettra que vous tombiez dans les mêmes fautes que vous condamnez; et grâce à cette humiliation, reconnaissant votre orgueil et votre imprudence, vous chercherez des remèdes à l’un et à l’autre. Mais quand vous pourriez éviter ces chutes honteuses, sachez néanmoins que, si vous continuez à former des jugements et es soupçons téméraires, vous serez toujours en grand danger de périr ;
5° Si vous vous sentez le cœur rempli de !
délices et de consolations spirituelles, n’en ayez pas en vous-même de secrètes com- | plaisances. Ne vous imaginez pas être arrivé au comble de la perfection, ni que l'ennemi soit hors d'état de vous nuire, |
arce qu’il vous semble n'avoir plus pour ui que du mépris, de l'aversion et de l'horreur. Soyez certain que, sans une ex- | trême circonspection, vous aurez bien de | la peine à vous garantir des chutes.