‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 35 sur 184 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Venons maintenant à ce qui regarde le

| temps de la tentation. Il faut voir d'abord

FT 8e — (e

si la cause d’où elle procède est intérieure ou extérieure.

Par cause extérieure j'entends la curiosité, soit des yeux, soit des oreilles, sur des choses peu honnètes, la délicatesse et le luxe des habits, les amitiés trop naturelles, les conversations trop libres. On remédie à ce mal par la pudeur et la modestie, qui tiennent les yeux et les oreilles

fermés aux objets capables de souiller :

l'imagination; mais le souverain remède est la fuite, ainsi que nous avons dit.

La cause intérieure vient d’un excès de délicatesse dans notre manière de vivre, ou d'une foule de pensées mauvaises, qui sont les effets de nos méchantes habitudes ou de la suggestion du démon.

e Corps accoutumé à la bonne chère et

à la mollesse doit être mortifié par les |

jeûnes, par les disciplines, par les cilices, par les veilles, par toutes sortes d’austéri.

tés, sans néanmoins dépasser les bornes |

de la discrétion et de l’obéissance.

Pour ce qui est des pensées impures, de quelque principe qu’elles viennent, on peut s’en défaire : 1° par une sérieuse application aux exercices propres de son état; 2° par l’oraison et la méditation.

‘oraison se fera de cette manière : dès que ces sortes de pensées se présenteront à votre esprit, et que vous commencerez à

| | | | et

en sentir l'impression, recueillez-vous en vous-même; et, vous adressant à Jésus crucifié, dites-lui : O mon doux Jésus, | hâtez-vous de venir à mon secours, de crainte que je ne tombe entre les mains de mes ennemis. Quelquefois, embrassant la croix où Jésus est attaché, baisez mille fois les plaies sacrées de ses pieds, et dites avec confiance et avec amour : O plaies adorables, 6 plaies infiniment saintes, imprimez-vous dans mon cœur, dans ce cœur si plein d’abominations, et préservez-moi du péché, uant à la méditation, je ne vous conseille pas, lorsqu* la tentation vous presse et vous tourmente le plus, de faire : : ue quelques livres enseignent pour donner de l'horreur de l’impureté : de considérer, par exemple, que ce vice est très honteux, qu'il est insatiable, qu'il traîne après lui une infinité de dégoûts, de déplaisirs, de chagrins, et quelquefois même la perte des biens, de la santé, de fa vie et de l'honneur, etc. Ces sortes de considérations ne sont pas de trop bons moyens pour nous tirer du péril, et souvent elles ne font que nous y engager davantage ; parce que, si d’un côté, l’entendement chasse les pensées | mauvaises, il les rappelle de l’autre, et met | toujours la volonté en danger d'y consentir.

Ainsi la voie la plus sûre pour nous en défaire est d’éloigner de notre pensée non seulement les objets impurs, mais même

SÉ

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