CHAPITRE XXIX
à la lumière, et du vice à la vertu, et qu'avec beaucoup de ferveur elle s’écrie : Ah! Seigneur, assistez-moi, venez promptement à mon secours ; ne permettez pas que je demeure plus longtemps ensevelie dans l'ombre de la mort et du péché.
Elle répétera plusieurs fois ces mêmes paroles ct d’autres semblables : et, s’il est possible, elle ira incontinent à ron père spirituel, pour savoir de lui ce qu'elle doit faire, et pour lui demander des armes contre l'ennemi qui la presse; si elle ne peut y aller sur l'heure, elle aura recours au crucifix, et se prosternera à ses pieds, le visage contre terre. Elle invoquera aussi quelquefois la Reine du ciel, et implorera sa miséricorde ; car elle doit être persua-
dée que de cette diligence dépend la vic- |
toire, comme nous ie verrons dans le chapitre suivant.
mes CHAPITRE XXIX
Des artifices dont se sert le malin esprit pour empêcher l'entière conversion de ceux qui, convaincus du mauvais état de leur conscience, ont quelque envie de se corriger ; et d’où vient que leurs bons désirs sont souvent sans effet.
YEUx qui reconnaissent le mauvais état { , de leur conscience, et qui voudraient en sortir, se laissent souvent tromper
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par le démon, qui s’efforce de leur persua- ! der qu'ils ont encore bien du temps à vivre, et qu'ils reuvent sûrement difierer {eur conversion. Il leur représente qu'avant | toutes choses il faut qu'ils terminent un | tel procès, qu'ils se délivrent d’un grand | embarras où ils sont, et que sar,s cela il : est impossible qu'ils s’adonnent eniière- ; ment à la vie spirituelle, et qu'ils en exer- | cent paisiblement les fonctions.
C’est ici un piège en beaucoup de gens se sont laissé prendre, et auquel plu-
sieurs se trouvent pris tous les jours. Mais ils n’en doivent attribuer la cause qu’à leur extrême négligence dans une affaire où il s’agit de leur salut et de la gloire de
Dieu. Que chacun donc, au lieu de dire :
Demain, demain, dise : Dès aujourd’hui.
dès à présent. Et pourquoi demain ? Que sais-je si je verrai le jour de demain ? Mais. quand j'en aurais la certitude entière.
serait-ce vouloir me sauver que de différer ma pénitence? serait-ce le moyen de rem: :
porter la victoire que de me faire moimé,A1e de nouvelles blessures ?
C’est donc nne chose constante qu':, pour éviter cette illusion et celle dont on a parlé au chapitre vrécédent, il faut obéir avec promptitude aux inspirations du ciel.
Quand je parle de promptituae, je n’entends pas de simpies dési:'s, des résolutions faibles et stériles, qui trompent une infinité de gens pour plusieurs raisons, dont
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