CHAPITRE £K3XHI
et que s'il pouvait y avoir quelque chose d'infini dans la créature, ce serait sa fragi-
| lite et sa bassusse. O divine connaissance
qui nous rend heureux sur la terre et glorieux dans le ciel! O admirable lumière qui sort des ténèbres de notre néant atin d'éclairer nos âmes et d'élever nos esprits à Dieu! Opierreprecieuse,maisinconnue,qui
, brille au milieu des ordures de nos pêches!
O néant, qu’il nous suffit d’avoir reconnu pour devenir maîtres de toutes choses.
Je ne me lasserais jamais de parler de cette matière. Quiconque veut honorer la
| divine Majesté doit se mépriser lui-même et souhaiter que les autres le méprisent.
Humiliez-vous envers tout le monde, abaissez-vous au-dessus de tout le monde, si
| vous voulez que Dieu soit glorifié en vous, | et que vous le soyez en lui. Pour vous unir | avec lui, fuyez la grandeur et l'élévation,
parce qu’il s’eloigne de ceux qui s'élèvent.
Choisissez partout la dernière place, et il
: descendra de son trône pour venir à vous,
pour vous embrasser, pour vous témoigner
: d'autant plus d'amour que vous montrerez
plus d’'inclination à vous humilier et à vouloir qu'on vous foule aux pieds comme la chose du monde la plus meéprisable.
Si Dieu, qui, pour s'attacher plus étroi-
| tement à vous, s’est rendu semblable au | dernier des hommes, vous inspire de si : humbics sentiments, ne manquez pas de | luien rendre souvent des actions de grâces.
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