CHAPITRE I
; | Pardeur possibles, parce que la couronne , , ne Sera donnée qu'a celui qui aura géné- | reusement combattu. | |
| . Mais songez que, comme il n’est point . de plus rude guerre que celle dont nous venons de parler, puisqu’en combattant contre soi-même on est combattu par soimême, 1l n’est point aussi de victoire plus agréable à Dieu, et plus glorieuse au vain- Queur; Car quiconque a le Courage de mortifier ses passions, de dompter ses appé- ! tits, de réprimer jusqu'aux moindres mou- | vements de sa propre volonté, fait une ! œuvre d’un plus grand mérite devant Dieu | que si, dominé par une seule de ses pas- | sions, il se déchirait le Corps par des disciplines sanglantes, ou jeûnait plus austè.
! rement que les anciens solitaires, ou même | Convertissaitplusieursmilliersdepécheurs En effet, quoique, à considérer les choses |
en elles-mêmes, la Conversion d’une âme | soit plus agréable à Dicu que la mortifica- | tion de quelque désir éréglé, chacun | néanmoins doit mettre son principal soin | à faire ce que Dieu demande particulière- | ment de lui. Orce que Dieu demande avant |
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toutes choses, c’est qu'on s’appliquera à | mortifer ses passions :ce combat intérieur | | lui est plus agréable que si, avec un cœur | | immortifié, nous lui montrions en appa- | rence une plus grande fidélité.
. Maintenant donc que vous savez ce que !
Cest que la perfection chrétienne, que
» # nement monnse rm me-re tuée
vous voyez que pour y parvenir il faut se résoudre à une guerre continuelle contre soi-même, préparez-vous au combat, et pour cela munissez-vous de quatre dispositions qui sont comme autant d'armes nécessaires pour remporter la victoire.
Ces quatre dispositions sont : la défiance de vous-même, l: confiance en Dieu, le
| bon usage des puissances de votre corps
et de votre âme, et l'exercice de la prière.
Nous en parlerons, avec la grâce de Dieu, d’une manière claire et succincte dans les chapitres suivants.
pp prohangles CHAPITRE I De la défiance de soi-même A défiance de soi-même est si néces-
saire dans le combat spirituel, qu’on
4 ne peut, sans cette vertu, non seulement vaincre tous ses ennemis, mais surmonter les moindres passions. Cette vérité doit être gravée profondéinent dans notre esprit, parce que, bien que nous ne soyons qu'un pur néant, nous ne laissons pas de conc: voir de l'estime pour nous-mêmes et de croire, sans nul fondement, que nous sommes quelque chose. Ce vice est l’effet de la corruption de notre nature; mais plus il est naturel, plus on a de peine à le reconnaître. Dieu, qui voit tout, le regarde avec horreur, parce qu’il veut que nous
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