‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 8 sur 184 · CHAPITRE It · texte numérisé non relu

CHAPITRE It

SOYONS Convaincus qu'il n'y a en nous ni vertu ni grâce qui ne vienne de lui seul, comme de la source de tout bien, et que nous Sommes incapables de formersans lui une pensée qui puisse lui plaire.

Mais, quoique la défiance de soi-même soit un don d'i ciel que Dieu communique à ceux qu'i aime, tantôt par de saintes LE tantôt par des peines très ” heuses, tantôt par des tentations pres-

+ insurmontables et par d’autres voies qui nous sont cachées, il désire néanmoins que nous fassions de notre côté tout ce qui est en notre pouvoir pour l’acquérir.

Nous l'obtiendrons infailliblement si, avec le secours de la grâce, nous employons ien les quatre moyens dont je vais parler.

Le premier est de nous mettre souvent devant les yeux notre bassesse et notre néant, et de reconnaître que par nos forces naturelles nous ne pouvons rien faire de bien, ni qui soit d'aucun mérite pour le ciel.

Le second est de demander à Dieu avec beaucoup d’humilité et de ferveur cette importante vertu, qui ne peut venir que de lui. Nous confesserons d’abord que non seulement nous ne la possédons pas, mais que de nous-mêmes nous sommes dans une entière impuissance de l'acquérir. Nous nous jetterons aux pieds du Seigneur, nous la lui demanderons instamment, et, pleins d'une ferme espérance d'être exaucés, dttendant patiemment l'effet de notre de-

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i , mande, nous continuerons à prier aussi 1 ! longtemps qu'il plaira à sa providence.

i | La troisième est de nous accoutumer | ! | peu à peu à nous défier de nous-mêmes, à | Î craindre les illusions de notre propre juge- | ment,la violenteinclination de notre nature | au péché, l’effroyable multitude des enne- | mis qui nous attaquent de toutes parts.

ennemis qui sont, sans comparaison, plus artificieux, plus aguerris et plus forts que nous, qui savent se transformer en anges | de lumière, et qui nous tendent partout des | pièges, même dans la voie du ciel. | Le quatrième est, à chaque faute que | nous commettcns, de rentrer en nous- !

mêmes, pour considérer attentivement jus- | | | qu’où va notre faiblesse, parce que Dieu ne | j | permet nos chutes qu’afin qu’éclairés d’une | fl: nouvelle lumière nous nous connaissions | à | mieux que jamais, nous apprenions à nous | î | mépriser comme de viles créatures. et nous |! concevions le désir sincère d’être méprisés | des autres; sans cela nous ne devons pas | espérer d’avoir jamais cette défianee de nous-mêmes, qui est fondés sur l'humilité et sur la connaissance de notre misère.

En effet, quiconque veut s'approcher de la vérité incréée et de la source des lumië- | | resdoit nécessairementse connaître à fond, | et n'être pas comme les superbes, qui ne s’intruisent que par leurs propres chutes, qui ne commencent à ouvrir jes yeux que lorsqu'ils sont tombés dans quelque désor-

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