‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 72 sur 184 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

avancement spirituel, il faut toutefois que la prudence modère en lui certains excès d’une ferveur inconsidérée, à laquelle d’abord rien ne semble difficile, mais qui est sujette à se ralentir et à s’éteindre tout à fait. C’est pourquoi, outre ce qui a été dit sur la manière de régler les exercices extérieurs, il est bon de remarquer que les vertus intérieures s’acquièrent aussi peu à peu, et qu'on y parvient par degrés. De ! l cette sorte, on jette les fondements d’une | solide et constante piété, et en peu de | temps on fait de grands progrès dans la | perfection. | ä Ainsi, pour ce qui regarde la vertu de | patience, ne croyez pas pouvoir tout d’un coup désirer les croix et vous en réjouir; il faut vous résoudre auparavant à passer par les degrés les plus bas de cette vertu.

Suivant ce même principe, n’'embrassez pas à la fois toutes les vertus, ni même | plusieurs ensemble; attachez-vous à une seule d’abord, puis à une autre, si vous voulez que l'habitude s’enracine profondément et sans peine dans votre âme; Car, | n'aspirant qu’à une seule vertu, et ne ces- | sant de vous y exercer, votre mémoire s’y | appliquera davantage ; votre entendement. | éclairé de la lumitre céleste, découvrira de nouveaux moyens et de nouvelles raisons pour vous la faire embrasser: votre volonté enfin s'y portera avec plus d’ardeur, ce qui n’arriverait pas si ces trois puissances

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étaient partagées entre plusieurs objets.

D'ailleurs les actes qu’il faut produire pour contracter l'habitude d'une vertu, n'ayant qu'un même but et s’aidant les uns les autres, en deviendront moins pénibles, et les derniers feront d'autant plus d'impression dans votre Cœur, qu'ils y trouveront les saintes dispositions que les premiers y auront laissées.

Tonées ces raisons vous paraiîtront convsincantes, si vous faites réflexion que quiconque s'exerce bien dans une vertu apprend insensiblement à s'exercer dans les autres, et qu'une vertu ne peut se perfectionner qu’en même temps toutes les autres ne se perfectionnent, à cause de l'étroite union quelles ont ensemble, comme les rayons d’un même soleil.

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