‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 77 sur 184 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

A la vérité, un soldat nouveau et peu aguerri doit se comporter dans ces occasions avec beaucoup de prudence er de retenue, tantôt en attaquant l'ennemi, et tantôt en reculant, selon qu'il se sent plus | ou moins de force et de vertu; mais il ne doit pas lâcher pied et abandonner entièrement le combat ; il ne faut pas qu'il évite tout ce qui pourrait causer du trouble et |!

du chagrin; car, quoiqu'’ilse mît alors hors | du danger de tomber dans l’impatience, il se trouverait ensuite plus exposé que jamais, ne s’étant pas fortifié contre ce vice par l’habitude de la vertu qui lui est contraire.

Tout ceci ne peut s'appliquer au vice de l’impureté, dont on ne se sauve que

. par la fuite, comme nous l'avons remarqué ailleurs.

éponge CHAPITRE XXXVIHI

On doit se réjouir de toutes les occasions u'on a de combattre pour acquérir | Le vertus, DONNE de celles !

qui offrent le plus de difficultés. |

n’est point assez de ne pas fuir les occasions, de travailler pour acquérir | la vertu, il faut les chercher, il faut, | æ ‘ès qu'elles se présentent, que nous les embrassions avec joie, et que celles qui nous | | offrent le plus de mortifications nous soient |

le

toujours les plus agréables, comme elle:

| nous sont les plus utiles. Rien ne nous : paraîtra difficile avec le secours du ciel, si | nous gravons bien avant dans notre esprit | les considérations suivantes.

La première est que les occasions sont des moyens propres, ou, pour mieux dire, nécessaires à l'avancement dans la vertu.

De là vient que, lors >

Dieu des vertus, on lui demande par con- | séquent les moyens qu'il veut qu'on emploie pour les 0 tenir. Autrement la prière serait vaine, on se contredirait soi-même, | et on tenterait Dieu, qui ne donne pas la | patience sans les tribulations, ni l'humifité sans les opprobres.

Ilen est de même de toutes les autres vertus, elles sont le fruit des adversités que | Dieu nous envoie, et nous devons d'autant plus les aimer, qu'elles sont plus pénibles, parce que les grands efforts qu’il faut faire

our les supporter contribuent merveil-

eusement à former en nous les habitudes des vertus.

Soyons toujours attentifs à mortifier notre propre volonté, quand ce ne serait

ans nos paroles un peu trop libres; car, si les victoires qu'on remporte sur soimême dans les grandes occasions sont plus glorieuses, celles qu'on remporte dans les petites sont incomparablement plus fréquentes.

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