‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 78 sur 184 · CHAPITRE XXX VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX VIII

La seconde considération dont nous avons déjà parlé est que toutes les choses qui arrivent en ce monde viennent de Dieu, et qu'il veut que nous en tirions du profit; car, bien qu’à parler proprement on ne puisse dire de quelques-unes de ces choses, comme nos péchés ou ceux d'autrui, qu'elles viennent de Dieu, qui abhorre l'iniquité, il est vrai pourtant qu'elles ne lui sont point entièrement étrangères, puisqu'il les permet,et que, pouvant absolument les empêcher, il ne le fait pas. Mais pour les afflictions qui nous arrivent, soit par notre faute, soit par la malice de nos ennemis, on ne peut nier qu'elles ne viennent de sa main et qu’il n’y ait part, quoiqu’il en condamne la cause. Cependant il veut que nous les supportions patiemment, ou parce qu’elles nous sont des moyens de nous sanctifier,ou par d’autres

| justes raisons que lui seul connaît.

Si donc nous sommes certains que, pour accomplir parfaitement sa divine volonté, nous devons souffrir de bon cœur tous les maux que nous causent les méchants, ou que nous nous attirons nous-mêmes par nos péchés, c’est à tort que quelques-uns, san excuser leurimpatience, disent qu'un

ieu infiniment juste ne peut vouloir ce qui part d'un mauvais principe. Ils font voir par là qu'ils ne cherchent qu'a s’exempter de la peine, et à justifier aux yeux du monde le refus d'accepter les

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croix que Dieu leur présente. Mais il ya plus encore: c’est que, toutes choses égales d’ailleurs, Dieu se plaît bien plus à nous voir souffrir constamment les persécutions injustes des hommes, surtout de ceux que nous avons obligés, que toute autre espèce d'accidents : en voici les raisons.

La première est que l'orgueil, qui naît avec nous, se réprime beaucoup mieux par les mauvais traitements que nous font éprouver nos ennemis, que par des peines et des mortifications volontaires.

La seconde est qu’en souffrant patiemment nous faisons ce que Dieu demande de nous et ce qui est de sa gloire, parce que nous conformons notre volonté à la sienne dans une chose où sa bonté et sa

uissance brillent également, et que d’un onds aussi mauvais qu'est le pêche même.

nous recueillons d'excellents fruits de vertu et de sainteté.

Sachez donc qu'aussitôt que Dieu nous voit résolus à travailler tout de bon à acquérirlesvertus solides, il ne manque point de nous éprouver par de fâcheuses tentations et par de rudes souffrances. Ainsi, connaissant l'amour qu'il nous porte et la tendre sollicitude qu’il a pour notre bien spirituel, nous devons recevoir avec actions de grâces le calice qu'il nous offre, et le boire jusqu’à la dernière goutte, persuadès que plus nous le trouverons amer, plus il nous sera salutaire. :

LS

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