‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 80 sur 184 · SE · texte numérisé non relu

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u'1l vous sera possible des actes d'amour

u prochain et d'amour de Dieu, en considérant que le prochain vous donne occasion de multiplier vos mérites lorsqu'il exerce votre patience, et que Dieu, qui vous envoie ou qui permet tous les maux que vous souffrez, n’a en vue que votre bien spirituel.

Ce que je dis de la manière dont vous pouvez pratiquer en des rencontres différentes la vertu qui vous est la plus nécessaire, montre en même temps de quelle

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| CHAPITRE XL | façon vous pouvez vous y exercer dans | une occasion particulière, comme dans une | maladie ou en quelque autre sorte de peines, soit du corps, soit de l'esprit.

Lumens nd | CHAPITRE XI | Du temps que nous devons employer à

acquerir chaque vertu, et des marques du progrès que nous y faisons.

N ne saurait déterminer précisément |

{ À et en général combien nous devons

employer de temps à nous exercer à

chaque vertu, parce que cela dépend de

l'état et des dispositions où nous sommes,

du progrès que nous faisons dans la vie |

spirituelle, et de la direction de celui qui |

nous y conduit; mais il est constant que, |

; si nous nous y appliquons avec tout le

soin et toute l’ardeur que nous avons dits, |

en peu de semaines nous y avancerons | beaucoup.

Une preuve très certaine dv. progrès | considérable est lorsqu'on persevère dans | ses exercices de piété malgré les dégoûts, | les troubles, les aridités et les privations de toute consolation sensible. Une autre non moins évidente est lorsque ia concupiscence, vaincue et soumise à la raison, | ne saurait plus empêcher qu'on ne prati- | que les vertus ; car, à mesure qu'elles'affai- | blit, les vertus se fortifient et s'enracinent |

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dans l'âme. C’est pourquoi, lorsqu'on ne se | sent point de contradictions ni de révoltes | dans la partie inférieure, on peut s'assurer | qu’on a acquis l’habitude de la vertu, et plus on a de facilité à en produire les | actes, plus l'habitude en est parfaite.

Ne croyez pas néanmoins être parvenu à un haut degré de sainteté, ni avoir entièrement dompté vos passions, parce que depuis longtemps et après plusieurs combats vous n’en avez ressenti aucune atta- | que. Sachez qu'il y a souvent en ceci de :

l'illusion du démon et de l’artifice du côté de la nature, qui se déguise pour un peu de temps. De là vient que, par un orgueil se- | cret, on prend pour vertu ce quiesteneffet | un vice. D'ailleurs, si vous regardez quel est le degré de perfection auquel Dieu vous appelle, quelque effort que vous ayez fait jusqu'ici pour y atteindre, vous vous en trouverez toujours infiniment éloigné. Vou devez donc continuer vos exercices ordi naires comme si vous ne faisiez que commencer à les La sans vous ralentir de votre première ferveur.

Souvenez-vous qu'il vaut mieux aller en avant dans le chemin de la vertu que d'examiner scrupuleusement si l’on y a avancé : parce que Dieu, qui seul connaît et sonde les cœurs, découvre à quelquesuns ce secret, et le cache à d’autres, selon qu'il les voit capables ou de s’en humilier ou d’en tirer vanité; et par là ce père, éga-

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