CHAPITRE XLIH
Comment on peut se défendre des artifi.
ces du démon lorsqu'il suggère des dévotions indiscrètes.
ORSQUE le démon voit que nous mar- | chons d’un pas assuré ne la voie du
4 ciel, que tous nos désirs se rapportent à Dieu, et qu’il ne peut nous engager dans lemalpar des artificesgrossiers il se transforme en ange de lumière, nous pousse à la perfection, et nous la fait désirer aveuglement, sans nul égard à notre faiblesse: il nous inspire des pensées dévotes,nous allégue des passages de l'Ecriture, nous remet devant les yeux les exemples des plus grands saints, afin qu'une ferveur indiscrête et précipitée nous emportetroploinet nous fasse faire quelque chute éclatante.
Il nous invite, par exemple, à maltraiter excessivement notre corps par des disciplines, par des jeûnes et par d’autres mortifications semblables. Son dessein est, ou que, croyant avoir fait de grandes choses,
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nous €& lin vanité, ce qui arrive particulière, en x femmes, ou qu'abattus par de enter es trop rigoureuses et audessus de nos foyer NOUS devenions incapables dl: . ponne œuvre, OU ue, > pot porter les travaux ‘une viusia it 18 nous dégoûtions peu à eu ‘'° cices spirituels, et qu'entin, las de pratiquer la vertu, nous | cherchions avec plus d'ardeur que jamais les plaisirs etlesdivertissements dumonde.
ui pourrait dire combien de gens se sont perdus de la sorte? La présomption les a aveuglés jusqu’à un tel point, que, $e laissant emporter indiscretement à un zèle trop avide de souffrances, ils sont tombés dans le piège qu'ils s'étaient eux-mêmes dressé, et sont devenus enfin le jouet du démon. Sans doute ils se seraient garantis d’un si grand malheur s'ils avaient considéré qu'en ces exercices de mortification, quelque jouables qu'ils soient, et quelques
| fruits qu'en recueillent ceux qui ont assez
de force de corps et assez d'humilité d’es-
| prit pouren proliter, ilfauttoujours, comme
| nous l'avons déjà dit, garder quelque me-
| sure et voir ce qui convient davantage aux | dispositions dans lesquelles on se trouve.
car tous ne peuvent pas faire autant d’aus-
térités que les saints, mais tous peuvent
imiter les saints en beaucoup de choses :
ils peuvent former dans leurs cœurs des
| désirs ardents et efficaces de participer
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À aux glorieuses couronnes que remportent |
les soldats de Jésus-Christ duns les com- |
bats spirituels ; ils peuvent, à leur exemple, |
a] mépriser le monde et se mépriser eux: |
L'' mêmes, aimer la retraite et le silence, être
S | humbles et charitables envers tout le mon-
B | | de,soutfrir patiemment les injures, faire du
ti | bien à ceux qui leur font le plus de mal.
s | | éviter les moindres fautes, toutes choses |
S | | d’un plus grand mérite auprès de Dieu que
+. | les macérations du corps.
e Il est même bon de remarquer qu’au |
n | Commencement il convient d’user d’un peu |
6 % | de modération dans les pénitences exté-
le | | rieures, afin de pouvoir les augmenter
> # | quand il sera besoin: car souvent, pour
?S vouloir en trop faire, on se met en danger
Lu de n’en plus faire du tout. Je vous dis ceci
18 dans la pensée que vous êtes bien eloigné