‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 95 sur 184 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

effacée, l'objet de l'amour du Père éternel devenu l’objet de la haine des pécheurs, la lumière inaccessible abandonnée à la fureur des puissances des ténèbres, la gloire, Ja félicité incréées ensevelies dans l’opprobre et dans la misère.

| Pour vous exciter à la compassion des souffrances de voire Sauveur et de votre | Dieu, outre ces peines extérieures, représentez-vous celles qu'il ressentit au dedans de lui-même, et qui furent sans comparai- ! son plus grandes. Si vous êtes sensible aux | premières, comment pourrez-vous n'être | pas touché des autres jusqu'à en avoir le | Cœur percé de douleur? L'âme du Sauveur | voyait clairement la divine essence comme | elle la voit maintenant au ciel : elle savait combien Dieu mérite d’être honoré: et | comme elle aimait infiniment, elle désirait aussi que toutes les créatures l’aimassent de toutes leurs forces. Le voyant donc outragé par une infinité de crimes abominables, elle en était pénétrée d’une douleur | non moins excessive que son amour, et | que le désir qu’elle avait que la majesté divine fût aimée et servie de tous les hommes. La grandeur de cet amour et de ce désir était au-dessus de toute imagination, et par conséquent il est inutile de vouloir | comprendre quel fut l'excès des peines | intérieures de Jésus mourant sur la croix. | De plus, comme ce divin Sauveur aimait | tous les hommes plus qu’on ne peut le dire,

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l'affection si tendre et si ardente qu'ilavait | pour eux, l’afiligeait extrèmement à cause de leurs péchés, qui devaient les séparer de lui. Ii voyait que nul d'entre eux ne pouvait commettre le peche mortel sans détruire la charite et ja grâce, qui sont le lien

ar lequel les justes demeurent spirituelement unis à lui. Or cette séparation était à l'âme de Jésus bien plus douloureuse que ne l’est au corps celle de ses membres lorsqu'ils sont hors de leur place. Et il ne faut pas s’en étonner; Car l'âme, étant toute spirituelle et d'une nature beaucoup plus parfaite que le corps, est aussi bien |

lus susceptible d'affection et de douleur. |

ais, après tout, la plus sensible affliction , de Notre Seigneur fut de voir tous les péchés des réprouvés, qui, ne pouvant plus | revenir par la voie de la pénitence, doivent être éternellement sé arés de lui.

Si à la vue de tant de peines vous sentez que votre cœur se laisse toucher de compassion pour votre Sauveur, allez plus avant, et vous trouverez qu'il a souffert des douleurs extrêmes, non seulement pour les péchés que vous avez effectivement commis, mais même pour Ceux dont vous n'êtes point coupable, puisqu'il est certain qu'il lui a coûté tout son sang pour vous délivrer des uns et pour vous préserver des autres. Croyez-moi, vous ne manquerez jamais de raisons suffisantes PE vous porter à prendre part aux sou ances de

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