‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 98 sur 184 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

sans relâche à déraciner de votre cœur vos mauvaises habitudes, quelque légères

u’elles vous paraissent. Le quatrième est ss faire tous vos efforts pour imiter les vertus de ce divin Maître, qui est mort non seulement pour expier vos péchés, mais pour vous donner l'exemple d'une vie sainte et parfaite.

Voici une manière de méditer fort utile pour cela. Je suppose qu'entre les vertus du Sauveur vous avez dessein d’imiter particulièrement sa patience dans les maux qui vous arrivent: examinez donc avec attention les points suivants : 1° ce que l’âme de Jésus en croix fait pour Dieu ; 2° ce que Dieu fait pour l’âme de Jésus; 3° ce que l’âme de Jésus fait pour ellemême et pour son corps; 4° ce que Jésus fait pour nous: 5° ce que nous devons faire pour Jésus.

1° Considérez avant toutes choses comment l’âme de Jésus, abimée dans le sein de Dieu, contemple cet être infini et incompréhensible devant lequel les plus nobles créatures ne sont rien; comment elle le contemple dans un état où, sans rien perdre de sa grandeur et de sa gloire essentielles, elle s’abaisse jusqu’à souffrir toutes sortes d’indignites de la part de l’homme infidèle et ingrat, et comment ensuite elle adore cette souveraine Majesté, ui rend mille actions de grâces et se dévoue tout entière à son service ;

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20 Voyez, d’un autre côté, ce que Dieu fait à l'égard de l’âme de Jésus. Considerez |

comment il veut que ce Fils unique, qui Jui est si cher, souffre pour l'amour de vous qu’on lui donne des soufflets. qu’on Jui couvre le visage de crachats, qu’on vo-

misse contre lui mille blasphèmes, qu’on |

le déchire à coups de fouets, qu'on le couronne d’épines, qu’on l’attache à une croix.

Voyez avec quelle satisfaction il le regarde chargé d’infamie et accablé de douleurs pour une Cause si glorieuse ;

3° Représentez-vous ensuite l'âme de Jésus, et remarquez que. comme elle sait que Dieu prend plaisir à la voir souffrir, l'amour qu’elle lui porte, soit à cause de ses perfections ineffables, soit à cause des biens infinis qu’elle en a reçus. fait qu’elle se soumet en tout avec promptitude et avec joie à ses volontés. Quelle langue

ourrait exprimer l'ardeur qu’elle a pour es croix ? Elle ne s'occupe qu’à chercher de nouvelles manières de souffrir, et, ne trouvant pas ce qu’elle cherche, elle s’abandonne avec sa chair innocente à la merci des hommes les plus cruels et des démons même ;

4° Après cela jetez les yeux sur votre Jésus, qui dans ses plus vives douleurs se ourne vers vous, et vous dit amoureuse | ment : Voici l'état pitoyable où m'a réduit | le dérèglement de votre volonté, qui n'a | pu se faire violence pour se conformer à

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| la mienne. Voyez quel est l'excès de mes | douleurs, et avec quelle joie je les souffre,

Sans autre but que de vous apprendre la |

patience. Je vous Conjure par toutes mes peines de porter Courageusement cette ‘croix que je vous résente, et toutes celles u’il me plaira de vous envoyer. Abanonnez votre honneur à Ja calomnie, et

. votre corps à la rage des persécuteurs que |

| vertus dont je veux

je choisirai pour vous éprouver. quelque vils et quelque inhumains qu'ils soient.

Oh! si vous saviez le contentement que me donneront votre résignation et votre patience! Mais vous pouvez l'ignorer en voyant ces plaies que je n'ai reçues qu’afin de vous acquérir au prix de mon sang les orner votre âme, qui m'est plus chère que ma vie propre ?

Si j'ai bien voulu me réduire à une telle extrémité pour l’amour de vous, comment ne vVoudriez-vous pas souffrir quelque légère douleur Pour soulager tant soit peu les miennes, qui sont extrêmes ? Comment

| n'essayeriez-vous pas de guérir les bles- | Sures que m'a faites votre impatience, qui

| ins”nvortable que toutes les plaies de mon

est pour moi un tourment beaucoup plus

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5° Remarquez quel est celui qui vous parle de la sorte. et vous reconnaîtrez que c’est Jésus-Christ, le Roi de gloire, vrai Dieu et vrai homme. Considérez la grandeur de ses tourments et de ses humilia-

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tions, qui seraient des peines tro rigoureuses pour les plus grands criminels.Soyez dans l'étonnement de le voir au milieu de tant de souffrances non seulement ferme et immobile, mais plein de joie, comme si le jour de sa Passion était pour lui un jour | de triomphe. Songez que, comme quelques gouttes d’eau jetées dans une fournaise ne servent qu'à lembraser davantage, ainsi les plus grands tourments, qui sem- | blent légers à son ardente charite, ne font

w’accroître sa joie et l'envie qu'il a d'en “ouffrir de plus terribles.

Au reste, souvenez-vous que ce qu'il fait et ce qu’il endure, ce n’est point par force | ni par intérêt, mais par un amour très pur, | ainsi qu'il le dit lui-même, et afin que vous appreniez de lui à pratiquer la patience.

Tachez donc de bien comprendre ce qu'il | demande de vous, et la joie qu’il a de vous ! voir dans l'exercice de cette vertu. Con- |

i dents de porter | non seulemen jence, mais même | avec allégresse, la laquelle vous | gémissez, et d'autres encore beaucoup

plus pesantes, afin d’imiter parfaitement

Jésus crucifié, et de vous rendre plus agréable à ses yeux:

Figurez-vous toutes les douleurs et les ignominies de sa Passion, et, surpris de la constance avec laquelle il les supporte, rougissez de votre faiblesse : regardez VOS peines, en comparaison de celles qu’il

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