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LES RÉJOUISSANCES PUBLIQUES

Il serait bien temps, ce me semble, de s’entendre un peu sur la signification de cette phrase qui revient invariablement trois ou quatre fois par an dans la conversation du peuple français, et notamment le premier mai, jour de la Saint- Philippe.

Réjouissances publiques ! — Cela veut dire dans le dictionnaire de M. Delessert , préfet de police : — Deux mâts de cocagne , trois orchestres de danse, dix mille lampions, cinq cents fusées volantes qui ne volent guère , et trois mille filous qui volent beaucoup trop.

Réjouissances publiques ! — Cela signifie pour le boutiquier: — Une journée de vente perdue, un pantalon crotté, une femme fatiguée et trèsmaussade, et deux ou trois moutards affectés d’une colique complète pour cause de pain d’épice des Champs-Élysées.

Réjouissances publiques! — Cela se traduit pour le garde municipal par :

■ — Une faction de sept heures, soit au coin d’une rue, soit au pied d’un mât de cocagne.

Réjouissances publiques ! — Cela exprime enfin, la plupart du temps, pour le gardien de la Morgue : — Une douzaine de locataires inscrits sur le registre comme inconnus, avec l’apostille de noyé, étouffé ou écrasé.

Ainsi, vous le voyez, lorsqu’on affiche sur les murailles ces grands programmes d’allégresse, le Parisien a parfaitement le droit de se dire, en parodiant Figaro : • — Ah! çà, qui diable amuse-l-on ici?

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