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LES ASPERGES

L’asperge est la véritable hirondelle du printemps, et, à vrai dire, l’asperge est la seule fleur que fasse éclore le printemps parisien, car les roses n’existent depuis long-temps que dans l’imagination fleurie des poètes; au trente du mois de mai ils ne sont pas encore en fleurs, et au deux du mois de juin les rosiers ne sont plus en fleurs. De nos jours il n’y a plus de roses qu’à la Chaumière, les jours de fêles extraordinaires (toutes les fête#. sont extraordinaires), et encore les roses sont-elles en percale enluminée avec un peu de vermillon. Prix de la fleur : 1 fr. 5o cent., quand on la gagne au tir à l’arc, à l’arbalète nu au cochonnet. Le chant du rossignol est moins doux pour notre cœur et pour nos oreilles que le cri du marchand d’asperges qui parcourt les rues de la capitale avec des paniers pleins du légume en question. Quand vous entendez crier : Aux asperges, vous pouvez en toute sûreté mettre un pantalon blanc, vous coiffer d’un chapeau gris et vous transporter au bois de Boulogne pour vous y livrer à toutes les voluptés de la saison ; à savoir : cueillir des violettes, boire du lait et monter à cheval... sur un âne.

L’asperge est tout à la fois le légume le plus aristocratique, le plus populaire, le plus léger, le plus agréable elle plus vertueux qui existe sur la

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