LES THÉÂTRES AU MOIS DE JUILLET
Je ne connais rien de plus funèbre au monde qu’une figure de directeur de spectacle au mois de juillet; plus le baromètre marque beau fixe et plus leur désespoir augmente, surtout le dimanche.
Chaque matin, à peine ont-ils ouvert les yeux qu’ils crient à leur domestique d’ouvrir la fenêtre et de regarder du côté du midi pour chercher à découvrir quelques nuages, présages de pluie. Mais le domestique a beau s’écarquiller les yeux, à la façon de sœur Anne il ne voit rien venir, et l’infortuné directeur, poussant un profond soupir, s’écrie : — Allons, encore ♦ une recette de quatre-vingts francs ce soir !
Le public parisien, qui va s’entasser dans quelque café des Champs- Elysées où il avale une bière épaissie par la poussière, ferait bien mieux d’aller chercher la fraîcheur dans les salles de spectacle, car rien n’est plus frais que ces vastes solitudes.
Pour mon compte, quand au mois de juillet j’entre dans une salle de spectacle je ne manque jamais de boutonner soigneusement ma redingote de crainte d’attraper une fluxion de poitrine.