‹ Le comic almanackChapitre 5 sur 76 · LE BAL MUSARD · texte numérisé non relu

LE BAL MUSARD

— Le froid repince de plus belle et les petits rentiers s’aperçoivent avec peine qu’une voie de bois ne suffit pas pour tout un hiver, aussi se décident-ils à prendre quarante nouveaux francs au fond du vieux tiroir de leur vieux secrétaire. — Le portier, d’après l’usage antique et solennel, continue à prélever sa dîme et se choisit une légère bûche, ce qui fait pousser un énorme soupir au locataire.

— Les plaisirs du carnaval produisent leur effet accoutumé sur les Parisiens, et bon nombre d’entre eux, après les nuits passées au bal, se trouvent atteints d’un rhume de cerveau compliqué d’une fluxion de poitrine, et, trois médecins aidant, ils ne tardent pas à passer dans ce monde que l’on est convenu de nommer meilleur'. — Ce qui n’empêche pas que chacun ne cherche à se procurer cette amélioration à son sort que le plus tard possible.

— M. Gannal se faufile à la suite des médecins et, voulant conserver à la postérité la plus reculée l’image de ce notaire ou de ce ferblantier, — chose dont la postérité se passerait parfaitement, — injecte notre décédé avec sa merveilleuse liqueur; ce qui fait que ce personnage, taillé de son vivant sur le modèle de Levassor, se trouve vingt-quatre heures après sa mort transformé en un rival de Lepeintre jeune.

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