‹ Le comic almanackChapitre 50 sur 76 · LES MODISTES VOYAGEUSES · texte numérisé non relu

LES MODISTES VOYAGEUSES

Comme Paris sert aujourd’hui de modèle à toute la France, et qu’en fait de costume national les provinces 11e connaissent plus depuis long-temps que les patrons du journal des Modes (ce qui serait une manière fort ridicule de se vêtir si on les suivait exactement), chaque année le mois de novembre voit affluer à Paris une foule de voyageuses qui débarquent des Messageries Laffitte et Caillard pour venir s’initier aux modes nouvelles de l’hiver qui commence.

Le nombre de ces modistes, lingères ou tailleuses, ne s’élève pas à moins de trois mille ; et comme, pendant les huit jours qu’elles passent à Paris, elles courent toutes de magasin en magasin pour saisir à la dérobée les mystères de la coupe et les secrets de la garniture , par malheur toutes les grandes maisons de mode ou de lingerie se tiennent en garde contre cette maraude, et c’est ce qui vous explique comment Bnves-la-Gaillarde et Carpentras ne parviennent pas encore à se mettre tout à fait à la hauteur de Maurice-Bauvais en fait de bon goût, attendu que ces artistes vo\ageuses n’y importent que des chapeaux n’ayant qu’à peu près la forme voulue ; —

| la modiste provinciale supplée à ce qui lui manque par des enjolivements de sa propre invention.

Aussi les véritables élégantes de province, et il y en a beaucoup et de fort jolies, ont-elles renoncé depuis long temps aux travestissements qui leur sont offerts par les marchandes de leur localité sous le sobriquet de modes nouvelles. — L’industrie parisienne a su aller les trouver jusqu’au fond des départements les plus reculés ; il suffit d’écrire up mot à la maison de commission Giroud de Gand et compagnie , pour recevoir en quarantehuit heures toutes les toilettes parisiennes du goût le plus exquis, et tous les objets qui aident si agréablement au confortable de la vie, depuis les bron-

Page 1