‹ Le comité de salut public de la convention nationaleChapitre 24 sur 31 · T64 LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

T64 LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC

et conlinue à montrer son panache tricolore au premier rang.

Cette victoire, la première depuis la trahison de Dumouriez, empêcha les Anglais de prendre en France le piedà-terre qu'ils avaient désiré ; elle ranima la confiance et montra l'excellence de l'impulsion donnée par le Comité de salut public aux affaires militaires.

Une victoire plus décisive encore ne tarda pas à être remportée. Les Autrichiens, voulant être maîtres de la valléede la Sambre, envoyèrent 80.000 hommes prendre Maubeuge. Tandis que 30.000 soldats assiégeaient la ville, Cobourg, avec 50.000 hommes, s'était formidablement retranché dans les positions de Dourlers et de Wattignies. En haut, l'artillerie ; au pied, l'infanterie hongroise ; à mi-côte les réserves; sur les flancs, la cavalerie. — a S'ils viennent ici, avait dit Cobourg, je me fais sans-culotte! » C'est cependant de ces retranchements que, après une bataille de deux jours, Jourd'an, secondé par le représentant Duquesnoy et par Carnot, délogea Cobourg (16 octobre). La victoire de Wattignies, sauva Maubeuge. De l'avis de Napoléon, c'est le plus beau fait d'armes de la Révolution.

Sur leRhin, Prussiens et Autrichiens avaient envahi l'Alsace, forcé les lignes de Wisscmbourg, et Wurmser assiégeait Landau. Le Comité voulut débloquer Landau comme il avait débloqué Dunkerque et Maubeuge. La tache était plus rude. Les années de la Moselle et du Rhin étaient désorganisées, sans vivres, sans munitions, commandées par des incapables, démoralisées. Le Comité envova Saint-Just et Le Ras à l'armée du Rhin, Lacoste et Baudot à celle de la Moselle; plaça Pichegru à la tête de la première, et Hoche, malgré ses 25 ans, à

la tête de la seconde. Les représentants pourvurent les

troupes de souliers, de vêtements, de vivres, rétablirent la discipline et relevèrent le moral des armées. Carnot, qui avait pleine confiance en Hoche, lui donna un plan de campagne d'une grande simplicité : refouler vers Mayence l'armée prussienne qui l'observait, traverser les Vosges et venir se joindre à l'armée du Rhin pour débloquer Landau. Malgré de vigoureux efforts, Hoche échoue tout d'abord àKayserslautern; mais les représentants, qui s'étaient vaillamment battus à ses côtés, prennent sa défense; le Comité l'encourage. Il renouvelle sa tantative; cette fois, après des efforts inouïs, il réussit à descendre en Alsace, et, écartant les Autrichiens, à opérer sa jonction avec l'armée du Rhin. Comme il ne fallait qu'un seul chef pour les deux armées réunies, Lacoste et Baudot désignèrent Hoche, qui accepta le 25 décembre à midi. Le lendemain, il remportait la victoire du Geisberg ; les Prussiens évacuèrent Wissembourg, le siège de Landau fut levé ; la frontière de l'est était délivrée (26 décembre 1793).

Quelque temps après, le vainqueur du Geisberg était destitué et arrêté. Il était coupable d'avoir refusé de suivre les conseils de Safnt-Just et de lui communiquer ses projets ; dans une discussion, il l'avait même menacé de briser son épée, blessant ainsi profondément l'orgueil du jeune proconsul ; en outre, il écrivait sur un ton hautain au Comité, raillait l'ineptie du ministre de la guerre, protestait contre les pouvoirs illimités des îvp résentants en mission. Le Comité de salut public ne voulut pas supporter cette attitude. D abord séparé de son année, Hoche fut arrêté en vertu d'un ordre écrit de la main de Carnot, et amené à Paris escorté par deux gendarmes. Il demanda à être conduit au Comité. Il attendait qu'on lui donnât audience, lorsque Saint-Just tra-

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