‹ Le comité de salut public de la convention nationaleChapitre 7 sur 31 · PUBLIC · texte numérisé non relu

PUBLIC

§ler Le Comité dantoniste

En transformant le Comité de défense en Comité de salut public, la Convention montre qu'elle veut améliorer son instrument de gouvernement ; par le choix du personnel qui le compose, elle indique dans quel sens elle entend que son action s'exerce. Ce choix est significatif.

Les Girondins, qui n'ont rien su faire du Comité de défense, sont écartés; pas un seul n'est élu, pas même Istiard, qui a cependant beaucoup contribué à la création du Comité, et qui n'obtient qu'un faible nombre de voix. C'est le prélude de la chute définitive. Le pouvoir échappe de leurs faibles mains pour passer entre celles des Montagnards. 11 n'arrive pas du premier coup à la Montagne jacobine et robespierriste. Les esprits n'y sont pas encore préparés ; une transition est nécessaire. Pendant une courte période de trois mois (du G avril au 10 juillet), il appartient à la fraction modérée de la Montagne : le Comité est dantoniste. Danton y

enlre avec ses partisans, dontquclques-uns,à vrai dire, manquent de notoriété, bien qu'ils aient tous fait partie du Comité de défense,soit comme membresactifs,soit comme suppléants : ils n'en seront que mieux disposés à suivre son inspiration. Les plus connus même Lindet, Cambon,Barère,lui laissent la direction du Comité jusqu'au jour où la question de la Gironde se pose nettement. En cette circonstance, Danton et son ami Delacroix, tout à fait hostiles aux Girondins, se séparent de leurs collègues plus indécis, qui se rangent autour de Barère. Cette scission est funeste à l'autorité morale du Comité et de son chef.La négligence et le manque de ténacité de Danton, et surtout le progrès des idées de violence amenèrent la dislocation complète du Comité dantoniste (1).

Il suffira de dire quelques mots de chacun de ses membres.

Georges-Jacques Danton était né en 1759 à Arcis-sur Aube, où son père était procureur du bailliage. Après avoirétudié les humanités chezlesOratoriensdeTroyes, il fit son droit à Paris et acheta une charge d'avocat aux conseils du Roi (1787). Il accueillit la Révolution avec ardeur, fut élu membre de la Commune de Paris aux élections complémentaires de janvier 1790, et, en 1791, substitut du procureur de la Commune. L'au-

(1) Une lettre du 27 juin 4793, adressée par Beaumarchais à Danton, nous montre la place cpie ce dernier tenait au Comité du salut public : « Depuis trois jours, prêt à partir, je passe une partie de mon temps à chercher le moyen de prendre personnellement congé de vous sans pouvoir vous rejoindre. A peine, me dit-on, venez-vous depuis quelques jours au Comité de salut public, où pourtant je n'ai pas aperçu, depuis deux mois que j'y monte la garde, qu'on y prenne un parti sur rien de regardé comme important sans vous l'avoir communiqué. » L. Lintilhac. — Beaumarchais inédit. Bévue des Deux-Mondes du I e ' mars 1893.

torité qu'il avait acquise dans le district puis dans le club des Cordeliers contribua à le faire connaître [et à le rendre populaire. Après la journée du 10 août, à laquelle il avait participé, l'Assemblée le nomma ministre de la justice, rrais il renonça à ses fonctions pour celles de représentant à la Convention, auxquelles le département de Paris l'avait appelé. Dès lors, soit à la tribune de l'Assemblée, soit dans les missions, soit au Comité de défense, il joue un rôle prépondérant et devient un des chefs écoutés de la Montagne.

Des vues politiques larges et élevées, un patriotisme ardent, la connaissance des affaires et des hommes, un jugementsûret rapide, toujours au service de solutions pratiques, l'esprit de décision, une éloquence de tribun soulevant les foules, tout en fait l'homme d'Etat le plus remarquable, après Mirabeau, de la Révolution française. Il en est aussi le plus sympathique, autant par ses faiblesses que par ses qualités personnelles: un certain optimisme, une grande confiance dans autrui, une franchise pleine de bonhomie, le goût des plaisirs, un peu d'indolence, l'insouciance du danger, le courage dédaigneux, cette gaité gauloise qui ne l'abandonnera môme pas sur l'échafaud, enfin cette générosité et celte humanité qui faisaient le fond de sa nature et qu'il essayait de dissimuler sous des formes brutales.

Son ami Delacroix était un avocat normand, né à Pont-Audemer (1754), et envoyé par le département d'Eure-et-Loir à la Convention. D'une stature gigantesque (1), de belle figure, et d'ailleurs sans qualités exceptionnelles, Delacroix était l'hommo do Danton,

(1) Lorsque! fut arrêté, un royaliste dit, en le voyant entrer

pour qui il avait laplus viveadmiration,avecquiilavait été envoyé en mission en Belgique, et qu'il devait accompagner à l'échafaud .

Trkilhard était un homme deloi devenu inspecteur général des domaines avant 4789 ; il fut élu aux États généraux, — où il demanda la création de l'état civil et la suppression des ordres religieux, — parletiersétat de Paris, et à la Convention par le département de Seineet-Oise. Oa appréciait ses connaissances juridiques. Mais chez lui, le caractère n'était pas à la hauteur du savoir : sa brusquerie avec les humbles n'avait d'égale que sa facilité à s'incliner devant les puissants du jour ; il suivit tantôt Danton, et tantôt Barère, puis s'effaça pendant la Terreur ; nous le verrons plus tard devenir comte de l'Empire. Il était né à Brives

en 4742.

Bréard(J.-J. de) avait vu le jour au Canada (né à

Québec en 4750), mais il vint de bonne heure en France. Il fut successivementconseiller à l'élection deMarennes, maire de cette ville, président du directoire de la Charente-Inférieure, puis représentant de ce département à la Législatives à la Convention. Souvent malade, il ne joua qu'un rôle effacé au Comité.

Le Toulousain Delmas (né en 4751) était lieutenant au bataillon de garnison de Bourbon, lorsque la Révolution éclata. Il fut un des fondateurs de la Société populaire de Toulouse, et le département de la Haute- Garonno l'envoya à la Législative, puis à la Convention. Un officier avait sa place tout indiquée dans un Comité qui devait s'occuper de la direction des opérations militaires. Delmas n'eut pas le tempd'y faire ses preuves ;

dans la prison du Luxembourg : « Voilà de quoi faire un beau cocher! » Kiouffe, Mémoires sur les prisons.

Histoire Intérieure du comité de salùt public 3ï

il ne manquait cependant ni d'activité, ni d'esprit de décision, et plusieurs fois, aux heures critiques, la Convention lui eonfialç soin de la défendre, par exemple au 9 thermidor.

Guyton-Morveau appartenait à la magistrature et avait été avocat général au parlement de Dijon, sa ville natale ; il donna sa démission en 1782 pour se consacrer à l'étude des sciences et surtout de la chimie. En 1789, il adopta les idées nouvelles et fut nommé procureur général syndic du département de la Côted'Or, qu'il représenta à la Législative et à la Convention. C'était un savant et un administrateur. Il avait 56 ans et était le plus âgé des membres du Comité ; Danton était le plus jeune (34 ans).

Cambon, né à Montpellier en 1754, s'occupait de commerce avant la Révolution. Officier municipal de sa ville natale enl790,ilfutenvoyé àlaConventionpar les électeurs de l'Hérault. Sa compétence en matière financière luiassignaituneplaceplutôtau Comité des finances qu'au Comité du salut public. Il y apporta une activité empreinte d'une certaine raideur dontil ne se défit jamais.

On peut en dire autantde Robert Lindet, avocat normand né à Bernay en 1743, représentant de l'Eure à la Législative et à la Convention. Deux actes le désignèrent à l'attention de ses collègues : il rédigea l'acte d'accusation de Louis XVI, et il proposa d'établir le tribunal révolutionnaire. Il acquit ainsi une réputation de cruauté qui le fit qualifier par ses adversaires d'hyène révolutionnaire; en réalité, dans ses différentes missions, il se montra toujours partisan de la conciliation et de l'indulgence, et ne versa pas le sang. Il allait bientôt donner sa mesure dans l'administration des subsistances.

Bertrand Barère (de Vieuzac) naquit à Tarbes en 1755. Il se consacra d'abord aux lettres et fut couronné - par l'Académie des jeux floraux de Toulouse. Il devint avocat au parlement de cette ville, puis conseiller à la Sénéchaussée de Bigorre, dont le tiers état l'envoya aux États généraux. 11 rédigea le journal le Point du Jour. Élu député à la Convention par le département des Hautes-Pyrénées, il présida l'Assemblée avec beaucoup de dignité pendant le procès du Roi, et fit ensuite partie du Comité de défense. C'est lui qui obtint le plus de voix comme membre du Comité de salut public. Flottant indécis entre tous les partis sans s'attacher franchement à aucun, il avait partout des sympathies. La grâce de ses manières lui gagnait les cœurs. Il n'épousait pas une opinion avec assez de passion pour haïr ceux qui ne la partageaient pas. Dans une réunion d'hommes âpres, tenaces, raides, — les Lindet, les Cambon et plus tard Robespierre et Saint-Just, — il n'était pas mauvais qu'il se trouvât un homme aimable, liant, qui pacifiait, conciliait, calmait les susceptibilités. On lui a reproché la désinvolture avec laquelle il brûlait le lendemain ce qu'il avait adoré la veille, et on la qualifiée de fausseté et de fourberie. La légende le représente même ayant, dans la séance du 9 thermidor, deux discours en poche, l'un en faveur de Robespierre, l'autre contre lui, en prévision des événements» Il est certain que « le souple et ondoyant Barère » a souvent varié dans ses opinions et ses affections. L'immutabilité n'est pas son fait. Mais s'ensuit-il que le désir de sauver sa tête ait été le seul mobile de ses actes ? Il lui eût été facile, dans ce cas, de descendre des hauteurs périlleuses où il était monté, et de s'enfouir comme Siéyès dans quelque comité obscur afin de passer inaperçu» Ses va-

HISTOIRE INTÉRIEURE DU COMITÉ t)Ë âALUT PUBLIC 39

riations successives s'expliquent autrement : Barère va d'un parti à l'autre sans préméditation, inconsciemment, parce que le vent a changé, parce que, n'ayant pas d'idées propres, il reflète les aspirations et les passions du moment. Barère n'est pas une personnalité, c'est un écho. Sa puissance de travail, sa facilité de parole, sa verve méridionale et son aptitude à s'assimiler les idées des autres le rendaient précieux et le désignaient comme le rapporteur ordinaire du Comité.

La première séance du Comité de salut public eut lieu le 7 avril, quelques heures après la nomination de ses membres. Tous , sauf Treilhard, y assistaient. Guyton-Morveau fut nommé président, sans doute en qualité de doyen d'âge; Bréard vice-président, Barère et Lindet secrétaires.

On arrêta : 1° qu'il y aurait deux séances par jour, l'une à neuf heures du matin et l'autre à sept heures du soir, avant et après la séance de la Convention ; 2° qu'il serait organisé au sein du Comité trois bureaux : un bureau de correspondance avec les commissaires de la Convention, un autre pour la correspondance avec les ministres et les généraux; enfin un bureau central chargé de la correspondance générale, des adresses, pé titions, mémoires ; des réclamations contre les ministres et de la distribution de toutes les pièces. Les membres du Comité dirigeaient ces bureaux. Le 10 avril, ils y établirent des subdivisions où ils se pla-

cèrent suivant leurs aptitudes et leurs goûts : Barère et Danton avaient les affaires étrangères; Delmas et Delacroix la guerre; Bréard et Treilhard la justice, Cambon, Guyton-Morveau et Lindet Tinter ieur et les subsistances.

Celte répartition du travail était indispensable [pour mener à bonne fin l'œuvre qui incombait au Comité, et que Barère résumait de la manière suivante dans la séance du 46 avril: ce Le Comité s'est pénétré de la grandeur et des difficultés de sa mission : former un plan de défense de terre et de mer, scruter les opinions politiques et la conduite militaire des généraux, revoir la composition des états-majors, suivre la marche des armées, veiller à leur approvisionnement en tout genre, faire rechercher et fabriquer des armes, augmenter la cavalerie, veiller à la défense des côtes, activer les travaux dans les ports, comprimer les trames, presser l'action de l'administration publique, surveiller le Conseil exécutif, éteindre par des mesures promptes et fortes les torches de la guerre civile, voilà les questions dont il s'est déjà occupé. » Barère n'oubliait quo les affaires étrangères, que l'on ne négligeait pas cependant (1).

Le Comité de salut public s'attacha d'abord à assurer l'obéissance de toutes les administrations, condition nécessaire d'une bonne exécution de ses ordres. Le soir même de son entrée en fonctions, il fit voter un décret rattachant les représentants en mission dans les départements et aux armées au Comité ; désormais, ils devaient tenir une correspondance quotidienne avec lui, indépendamment de leur correspondance avec la

(1) Voirie chapitre VIL

Convention nationale. Dans la même séance, l'Assemblée le chargea d'examiner la conduite du général Chazot, accusé d'avoir dégarni la frontière du nord-est. Il réorganise les états- majors, nomme des généraux, Custine, Brunet, Beauharnais, Kellermann ; envoie de nouveaux commissaires aux armées et fait respecter leur autorité : les agents ou les corps constitués qui suspendraient, retarderaient ou supprimeraient leurs décisions sont passibles de dix ans de fers.

Il traite de haut le Conseil exécutif : « Citoyens, dit Cambon le 10 mai, la surveillance que vous avez confiée à votre Comité de salut public sur tous les agents du pouvoir exécutif lui a imposé l'obligation de se faire rendre par tous les ministres un compte exact de la situation de la République et des mesures qu'ils croyaient devoir prendre ; ce compte-rendu ne nous a pas satisfaits. » Le 17 mai, Cambon revient à la charge: il juge le ministre de la marine « très arriéré », celui de la guerre « indécis », celui des affaires étrangères sans activité, et dit qu'on se plaint beaucoup de celui des contributions publiques. Le 25 mai, nouvel assaut livré par Bréard et Cambon, et à la suite duquel la Convention supprime la garde des ministres de la guerre et de la marine. La situation de ministre était devenue fort difficile ; le Comité ne leur ménageait pas les critiques, et, à plusieurs reprises, il leur retourna des rapports incomplets; d'autrefois il les traitait plus que cavalièrement (1).

Chaque jour, le Comité de salut public étendait son action. Lorsque le Comité diplomatique fut supprimé (23 mai), il hérita de ses fonctions. Le 30 mai, Barère

(4) Voyez chapitre III, page 156 (note).

présenta un décret sur rétablissement des écoles primaires, que l'Assemblée adopta sans discussion. 11 devait y avoir dans toute commune d'au moins 400 habitants, une école publique, où Ton enseignerait aux enfants « les connaissances élémentaires nécessaires aux citoyens pour exercer leurs droits, remplir leurs devoirs et administrer leurs affaires domestiques ». En outre, les instituteurs étaient chargés « de faire aux citoyens de tout âge de l'un et l'autre sexe des lectures et des instructions une fois par semaine ». C'est à ce point de vue, comme moyen d'éducation civique, que l'instruction publique rentrait dans les attributions du Comité de salut public.

Quelques représentants en mission ayant pris des arrêtés assez visiblement dirigés contre les journaux girondins, Boyer-Fonfrède s'éleva contre cette tyrannie nouvelle, qui en viendrait bientôt à défendre de lire « et peut-être de penser... Tuer la pensée, concluait-il, c'est commettre un homicide contre le genre humain ! » LeComité, par l'organe de Barère, s'associa à ces plaintes et fit annuler par la Convention les arrêtés incriminés ainsi que tous ceux du même genre (25 mai). Toutefois, pour son propre compte, il employait déjà une partie des procédés des autres gouvernements. Il décida que toutes les lettres venant de l'étranger à Paris seraient ouvertes (28 avril). Cette mesure fut étendue ; dans toutes les communes où il y avait un bureau de poste, deux officiers municipaux devaient se faire délivrer les lettres adressées aux personnes portées sur la liste des émigrés, et en vérifier le contenu en présence du Conseil général de la Commune.

La Convention chargea même son Comité de salut public de lui présenter un projet de constitution. Pour

le rédigerai devait s'adjoindrecinqmembresnouveaux, qui furent choisis le 30 mai. Le lendemain succombaient les Girondins.

L'activité du Comité no pouvait changer la situation en quelques semaines. L'Angleterre pressait ses armements, et la Chambre des Communes se constituait en comité de subsides. Les Français étaient chassés d'Espagne, de Hollande, de Russie et de l'Empire. Les armées ennemies triomphent partout : Dampierre, successeur de Dumouriez à l'armée du Nord, est tué; les Autrichiens s'emparent du camp deFamars; Custine continue à battre en retraite ; les Espagnols pénètrent en France. A l'intérieur, les Vendéens prennent Loudun et Thouarset sont victorieux à « Fontenay-le-Peuple »; la Bretagne et la Normandie s'agitent, les grandes vil* les se soulèvent ou sont prêtes à se soulever.

Ces fâcheuses nouvelles arrivent coup sur coup pendant le mois de mai à Paris, et retentissent vivement sur ce centre vibrant de la France, déjà surexcité par les événements qui se sont succédé depuis six mois. Tous les regards sont tournés vers la Convention, où Girondins et Montagnards sont en présence. Les patriotes acquièrent la conviction que la Révolution ne peut être sauvée que parla cessation de l'antagonisme croissant qui existe entre les deux partis; ils sentent que le Comité de salut public, émanant de la Convention, ne peut avoir aucune force s'il représente une Assemblée divisée; ils se disent qu'il faut que l'un des deux partis

disparaisse. Leur choix n'est pas douteux. D'un côté, des hommes généreux, éloquents, aimant sincèrement la liberté, mais sans autorité sur la foule, sans esprit de décision et aveuglés par la noble illusion de sauver la République par la légalité et l'humanité; — de l'autre, des hommes d'action, audacieux, animés d'une furieuse énergie, soutenus par la multitude exaltée et fanatique, et décidés à faire usage de toutes les armes pour sauver la France et la Révolution. Les Girondins sont donc condamnés d'avance (1). Ils le sont surtout depuis le jour où, ayant calomnié Danton et repoussé ses avances, le tribun leur a déclaré une guerre à mort (1 er avril 1793).

Les Montagnards seront soutenus par les Jacobins et par la Commune. C'est du club des Jacobins que sortent les motions violentes, les adresses impérieuses, les délations. Le président choisi au début d'avril est Marat; cenomseul est un indice assez clair de l'état des esprits. Le concours de la Commune est tout aussi certain, quoique moins désintéressé. Elle aidera à la chute des Girondins, mais en même temps, elle cherchera à dominer les Montagnards dont elle aura assuré le triomphe. Car elle joue à l'Assemblée omnipotente; elle envoie comme la Convention des commissaires auprès des armées ou dans les départements, vient faire de temps en temps des pétitions menaçantes à la barre, critique les actes des comités et des ministres, et tyrannise Paris.

Les mois d'avril et de mai sont marqués par ce duel

{\) « Comment auraient-ils fait avec des lois justes ce que les Montagnards firent avec des lois violentes? Comment auraientils vaincu les ennemis étrangers sans fanatisme, comprimé les partis sans épouvante, nourri la multitude sans maximum, alimenté les armées sans réquisitions? » — Mignet.

entre la Gironde et la Montagne. Les discussions pacifiques sont rares pendant cette période. Pourtant, la Convention réorganise les Messageries, vote un secours de 3.500.000 livres en faveur des enfants trouvés, entend un rapport de Lakanal sur l'unité des poids et mesures. Mais les discussions sur la loi du maximum, adoptée en principe, sur la constitution nouvelle, sur le fonctionnement du tribunal révolutionnaire, sur la provocation au rétablissement de la royauté, mise au nombre des tentatives contre-révolutionnaires, sur les peines rigoureuses décrétées à la demande de Danton contre les instigateurs de la révolte de la Vendée, tout contribue à élargir encore le fossé qui sépare les deux partis .

Il suffit de rappeler les principaux épisodes de cette lutte tragique. Violemment attaqués par des députations de sectionnaires parisiens, que Robespierre et Danton prennent sous leur protection (8 et 10 avril), les Girondins se redressent, et, ramenant pour quelque temps la Plaine à leur cause, ils obtiennent que Marat, inculpé d'avoir poussé au pillage et à l'assassinat, soit envoyé au tribunal révolutionnaire. Marat est absous. Les Girondins ne perdent pas courage : ils font voter la création d'une commission de douze membres qui ose faire arrêter Hébert, substitut du procureur de la Commune, ainsi que quelques agitateurs. Fureur de Marat, de la Commune et des Jacobins, qui, se sentant soutenus parles Montagnards de la Convention, font la révolution des 31 mai et 2 juin.

Quel rôle joua le Comité de salut publie dans ces journées fameuses ?

Personnellement, les membres du Comité étaient hostiles aux Girondins et souhaitaient leur éloignement du pouvoir. Mais comme hommes de gouvernement, ils étaient tenus de s'élever au-dessus des querelles de partis et de n'intervenir que comme conciliateurs et médiateurs, afin de rendre moins cruelle l'élimination nécessaire. C'est ce que voulait Barère, qui se flattait de n'appartenir à aucun des partis en présence (25 mai); il était même en bons termes avec les Girondins, qu'il voyait tous les jours, dit-il, « soit chez Fonfrède, soit chez Vergniaud, que j'aimais beaucoup ». — Cambon, Robert Lindet, Bréard, Treilhard, Delmas, Guyton-Morveau pensaient comme lui.

Bien mieux, la fameuse Commission girondine des Douze, chargée d'examiner les arrêtés pris par la Commune de Paris et par les sections, de rechercher les complots tramés contre la liberté et contre la représentation nationale, et de prendre toutes les mesures que comporterait la situation, avait été créée à la demande mémo de Barère, comme moven de transaction. En effet, Guadet, irrité de l'attitude insolente et agressive de la Commune de Paris à l'égard des Girondins, proposait de casser les autorités de la capitale; Barère craignant que, vu l'état de surexcitation des esprits, cette mesure ne fût considérée comme une provocation etn'amenàt un conflit sanglant, avait obtenu qu'on se bornerait à l'institution de la Commission des Douze. Déjà, le 6 mai, il avait déclaré, au nom du Comité, que la Commune « était

sortie des bornes des pouvoirs dans lesquelles elle devait être sans cesse rejetée ». Sa conduite ne manquait donc pas d'habileté, car il atteignait ce double but, do donner des satisfactions légitimes aux Girondins et de résister aux empiétements de la Commune.

Cependant, lorsque la Commission des Douze montra de la fermeté, par qui fut-elle attaquée? Par Danton luimême, qui, entraînant avec lui Delacroix, se sépara de ses collègues (1). Cette scission du Comité ne lui permit pas d'intervenir utilement dans la révolution qui s'accomplissait.

Le choix que fit le Comité, le 30 mai, de cinq membres adjoints pour rédiger la constitution, prouvait qu'on s'éloignait de plus en plus de la Gironde. On avait pris deuxdantonistes, Hérault de Séchelles et Mathieu, et trois amis de Robespierre, Ramel, Couthon et Saint-Just. La cause des Girondins était de plus en plus compromise; il y avait chez les amis de Barère une certaine lassitude de toutes ces luttes, et peut-être aussi un peu de jalousie à l'égard de la Commission des Douze, dont l'énergie lesétonnaitet les inquiétait. N'était-ce pas un pouvoir nouveau, qui menaçait de s'élever en face du Comité de salut public?

Quoi qu'il en soit, les ennemis de la Gironde surent mettre à profit cette désunion et cette faiblesse du gouvernement. Le 30 mai, le maire de Paris, Pache, et le procureur syndic, appelés devant le Comité, qui savait l'insurrection imminente, furent énigmatiques. « Aucune puis-

(!) Dans la séance du 27 mai, Danton la qualifie de « commission funeste, qui tourne les armes qu'on a mises entre ses mains contre les meilleurs citoyens ». Barère va jusqu'à dire, dans ses Mémoires, que Danton et Delacroix avaient rédigé sur le bureau même du Comité la pétition que la Commune vint présenter à la Convention le 31 mai.

sance, dit Pache, ne peut déranger les mesures prises; mais elles seront grandes, sages et justes; Tordre sera maintenu et la représentation nationale respectée. » Le Comité, défiant, fit décréter,. quelques heures plus tard, que le département de Paris et la Commune lui rendraient compte de l'état de la capitale, afin qu'il pût tenir la Convention au courant d'heure en h sure. Il ne fut pas obéi ; et le lendemain, il ne put même pas obtenir qu'on relâchât les ministres Clavièreet Lebrun, arrêtés.

Ce jour-là (31 mai), l'apparition de Cambon à la tribune, permettant de constater que le Comité était indécis .sur la conduite à tenir et les mesures à prendre, ne fait qu'encourager les Montagnards complices de l'insurrection. Danton attaque une fois de plus les Douze. Les Girondins se défendent pitoyablement. Barère voit qu'il est indispensable de faire la part du feu. 11 demande, au nom du Comité, que la Commission des Douze soit cassée, mais que la force armée de Paris soit mise à la disposition de l'Assemblée. De cette façon, on contentait la foule en sacrifiant uneCommissionimpopulaireet usée; et, d'autro part, la force armée de Paris étant enlevée aux meneurs, l'insurrection se terminait d'elle-même.

La Gironde et la Plaine, au lieu d'accepter immédiatement ces propositions, perdent leur temps à de stériles discussions. Le soir, elles sont obligées de les voter de force : la Commission des Douze est supprimée, ses papiers seront remis au Comité de salut public, à qui « il appartiendra désormais » de rechercher les auteurs des complots dénoncés h la barre, et qui fera sous trois jours son rapport sur les papiers de la Commission. Un instant après, sur la demande de Delacroix, ami de Danton, la Convention approuvait l'arrêté de la Commune qui assurait deux livres par jour aux ouvriers sous les

armes jusqu'au complet rétablissement de l'ordre, ce qui était un excellent moyen de permettre la continuation de l'insurrection ! Quelle incohérence !

C'est qu'en effet les insurgés n'étaient qu'à moitié satisfaits. La suppression de la Commission des Douze ne leur suffisait pas. Barère crut qu'en les félicitant ils s'en tiendraient peut-être là. Dans la séancedu 1 er juin, il lut l'adresse rédigée par le Comité pour expliquer les événements qui venaient de so produire. Les faits y étaient travestis, et l'insurrection glorifiée : des mesures trop rigoureuses avaient excité le mécontentement public; le peuple de Paris, toujours grand, s'était levé ; ses réclamations avaient peut-être été formulées c avec quelque exagération inséparable du zèle civique », mais du moins il avait respecté la vie et la liberté des citoyens, et avait « juré de mourir pour le maintien de la loi, pour l'unité et l'indivisibilité de la République et pour la sûreté de la représentation nationale » ! Ces derniers mots, on le comprend, font bondir les Girondins. Louvet dit avec emportement : ce Je m'oppose à l'approbation et à l'envoi de ce tas de mensonges ! » Lasource, Vergniaud protestent aussi. Barère parvient cependant à faire comprendre que son roman n'a d'autre butque de sauvegarder l'honneur de la Convention, en laissant croire à la France que la Montagne avait voté librement et que la Gironde était intacte. Los vaincus courbent la tête, etla rédaction du Comité est adoptée. Puis, de crainte de nouvelles réclamations de la Commune, on s'empresse de lever la séance à six heures du soir.

L'insurrection redoutée ne s'en trame pas moins ouvertement. Pour essayer de dissiper ce nouvel orage, le Comité fait appeler les chefs de l'émeute : — « Ministre

delà guerre, crie Gambon au Jacobin Bouchotte, nous ne sommes pas aveugles; je vois très bien que des employés de tes bureaux sont parmi les meneurs de tout ceci ! » Delmas, Bréard, Treilhard, Barère s'indignent aussi. < II faudra bien savoir, répète Barère avec colère, si c'est la Commune de Paris qui représente la République française ou si c'est la Convention ! » Danton lui-même refuse d'aller plus loin. Satisfait d'avoir atteint les Girondins dans leur influence politique, il lui répugne d'acheter de leur sang une victoirecomplète. II s'ingénie à chercher le moyen de les éloigner de la Convention sans violence. Trop tard ! il ne peut plus diriger le mouvement qu'il a contribué à déchaîner. Il est débordé. Il s'en aperçoit à l'audace croissante des meneurs. Pache, appelé au Comité, a voue cyniquement que l'insurrection est prête. Marat vient ensuite demander pourquoi la Convention a lové la séance à six heures; il crie, gesticule et veut que le Comité la convoque pour le soir, afin de permettre aux insurgés de présenter leur pétition. Carabon et Barère lui promettent de réunir l'Assemblée, mais au lieu de le faire ils mandent les ministres. Ils arrivent. On discute. Garât ne voit qu'une solution possible : que les chefs des deux partis de la Convention s'éloignent volontairement, et la discorde duo aux inimitiés personnelles cessera, la paix renaîtra, et la patrie bénira ce beau sacrifice ! Delmas, Cambon, Barère sont enchantés du projet. Danton, toujours généreux, dit qu'il est prêt à se sacrifier le premier. On fait parler de cela à Rosbespierro ; mais il refuse, n'y voyant qu'un piège destiné à priver la Montagne de ses chefs.

Devant ce refus, le Comité estime qu'il ne reste plus qu'à conseiller aux Girondins de s'exiler volontaire-

ment. Barère présentera le projet, qu'il commence à rédiger. Cependant, Marat ayant fait sonner le tocsin, la foule se met en marche vers l'Assemblée ; une centaine de Montagnards étant venus à tout hasard, la séance commence. Une députation demande un décret d'accusation contre 27 Girondins. Legendre veut qu'on mette en arrestation tous ceux qui ont signé l'appel au peuple. Cambon s'y oppose : « Si pour avoir émis une opinion., dit-il, on faisait sauter la tête à un député, nous n'oserions plus ouvrir la bouche! » Marat insiste. Barère intervient. Il débute par un bel éloge du peuple de Paris, puis il fait décider que le Comité présentera dans trois jours un rapport sur les Girondins dénoncés et sur les moyens d'assurer la sécurité delà République. Ce nouveau délai devait permettre de gagner du temps. Mais la Commune, dont les projets étaient bien arrêtés, n'en fixa pas moins l'insurrection au lendemain 2 juin, qui était un dimanche. On connaît la suite : Hanriot, avec 80.000 hommes et itiO pièces de canon, entoure l'Assemblée, dont les issues sont gardées. Les représentants sont anxieux. Barère arrive et lit, non le rapport décrété la veille, pour lequel il avait un délai de trois jours, mats un projet de décret dans lequel il était dit : « Le Comité n'a pas cru devoir adopter la mesure de l'arrestation ; il a pensé qu'il devait s'adresser au patriotisme et à la générosité des membres accusés et leur demander la suspension de leurs pouvoirs en leur représentant que c'est la seule mesure qui puisse faire cesser les divisions qui assiègent la République et y ramener la paix. » Isnard accepte, puis Lan thenas, Fauchet, Dussaulx; mais Barbaroux et Lanjuinais refusent avec indignation. Marat profite de la surprise causée par ce refus pour demander l'arrestation des Girondins:

il ne veut pas qu'on laisse les honneurs du sacrifice à des conspirateurs. . .

Le Comité de salut public Tait un dernier effort pour sauver les Girondins. Delacroix et Danton s'élèvent en termes véhéments contre la Commune. Barère propose à l'Assemblée, pour prouver qu'elle est libre, de sortir et d'aller au milieu de la force armée. C'était un moyen assez habile d'esquiver la mesure qu'on voulait lui arracher. Ce fut en vain : la Convention, contrainte par Hanriot de rentrer, la tête basse, dans le lieu de ses séances, dut sacrifier les Girondins.

Le Comité de salut public, « dans lequel, dit Garât, était alors tout le gouvernement national, et dont la très grande majorité était irréprochable et pure, » fit appeler le maire et Hanriot; Cambon, Delmas et Treilhard leur adressèrent des reprochestrès vifs; ils répondirent qu'ils avaient été entraînés par le courant populaire, et firent de tardives protestations d'obéissance. Pendant cette scène, Delacroix, Bréard et Danton étaient mornes : c Jo ne pourrai les sauver! » murmurait Danton. 11 sentait peut-être, dans cet instant, que la chutedes Girondins, dont il avait un moment rêvé d'être le chef, — au moins des plus sages, —l'atteignait profondément. Avec les Girondins, succombaitla bourgeoisie républicaine dont l'appui lui eût été si utile pour tenter la réalisation de son idéal politique. La domination allait passer à la démocratie jacobine, dont Robespierre était le chef.

Le 31 mai, le Comité de salut public avait été chargé,

comme nous l'avons vu, de faire, dans un délai de trois jours, un rapport sur les Girondins; le 3 juin, on le lui rappela. Le cas était embarrassant : il était plus facile de montrer que la chute de la Gironde constituait un avantage pour la République, que de prouver la légalité de cet acte. Le mieux était donc de reuvoyer l'affaire le plus possible. Mais le 5 juin, Fonfrède fait remarquer que le Comité aurait déjà dû fournir son travail. Barère répondit que les pièces manquaient. Le lendemain, il dit que la Commune et le Comité central révolutionnaire n'avaient envoyé que des renseignements sans valeur et des « réponses dérisoires ». Il débita néanmoins un long discours, très embrouillé, très ambigu. II ne pouvait réprouver le 31 mai ; il ne voulait pas non plus en glorifier les auteurs, au moment où il se proposait de briser leurs pouvoirs. Pour éviter, dit-il, le retour d'une journée où les meilleurs amis de la liberté ne peuvent pas s'empêcher de voir « un abus de la force », il faut détruire ces comités révolutionnaires « qu'un orage a créés », mais qui ne sont plus que des « instruments d'anarchie et de vengeance » ; il ne faut pas que la Convention soit soumise au caprice de sections remuantes, ni qu'elle reste à la merci d'une force publique commandée par des hommes qu'elle ne connaît pas. Il propose donc de supprimer les comités révolutionnaires, de placer la garde nationale de Paris sous l'autorité de la Convention, et même d'envoyer dans les départements dont les députés avaient été décrétés d'arrestation, un nombre égal de députés pour y demeurer comme otages.

Les Montagnards accueillirent fort mal ces propositions. Robespierre, Bourdon de l'Oise, Danton lui-môme les combattirent, et firent ajourner la discussion au len-

demain. Le Comité comprit, et ne parla plus de son projet.

La question restait toujours en suspens. Les Girondins ne sont pas les moins acharnés à y ramener l'Assemblée. Ils demandent d'abord qu'on ajourne le vote de la constitution jusqu'à ce que la Convention soit au complet : on passe à l'ordre du jour. Alors ils réclament un rapport du Comité sur les Girondins détenus. Robespierre fait décréter que l'Assemblée ne doit pas s'occuper des Vergniaud et des Brissot quand l'intérêt de la patrie est en jeu. Néanmoins, l'un des nouveaux venus dans le Comité, Saint-Just, fit, quelques jours plus tard, un rapport plein d'incriminations absurdes et mensongères sur les 32 membres détenus, et il concluait, pour presque tous, à la mise en accusation (8 juillet). Les conclusions de ce rapport furent adoptées le 28 juillet : les Girondins étaient promis à l'échafaud.

L'atroce réquisitoire de Saint-Just n'est guère en harmonie avec la modération que montre le Comité à l'égard des premiers soulèvements provoqués par la chute des Girondins. Ainsi, Barère fait décréter que Wimpfen, qui a refusé de mettre en liberté les commissaires de la Convention et de venir se justifier à la barre, sera destitué et jugé, — malgré Gaston et Bentabole,qui veulent que l'Assemblée le mette, sans plus de formalités, hors la loi. Robert Lindet se rend lui-même à Lyon, et essaie de pacifier cette ville, comme il devait faire bientôt après avec succès pour la Normandie. Mathieu % et Treilhard tiennent une conduite semblable à Bordeaux. Enfin Ramel proposa de créer une commission paternelle qui déciderait si les personnes détenues devaient [être mises en liberté ou envoyées au tribunal révolutionnaire; un autre membre du Comité, Jeanbon

Saint-André, combattit cette proposition et la fit repousser.

C'est que, déjà désuni avant la chute des Girondins, le Comité l'était bien plus depuis. Sa composition avait d'abord été modifiée par l'entrée des cinq membres adjoints spécialement pour rédiger le projet de constitution (1), et qui continuèrent à en faire partie. En outre, déjà prorogé pour un mois le 10 mai, il le fut encore le 12 juin (2), et dans cette séance, la Convention lui adjoignit l'officier Gasparin pour la guerre et Jeanbon Saint- André pour la marine. Ace moment, le Comité comptait donc seize membres (3), et de dantoniste il devenait robespierristc, ou plutôt, il renfermait une forte minorité d amis de Robespierre, hostiles à leurs collègues. La Convention allait être obligée de prendre parti pour une fraction ou pour l'autre. Il était facile de prévoir dans quel sens elle se prononcerait.

Le prétexte pour renverser le Comité dantoniste ne fut pas difficile à trouver. Les revers succédant aux revers, on ne s'en prit pas seulement au ministre de la guerre Bourbotte, mais au Comité, qui avait dans ses attributions la surveillance des affaires militaires. Sans

(1) Le projet fut rédigé en grande partie par Hérault de Séchelles, sauf la déclaration des droits, due à Saint-Just. Le Gomité réuni l'adopta en une séance. Votée par la Convention le 24 juin 1793, après une douzaine de séances de discussion, la constitution de 1793 ne fut pas appliquée ; on en renvoya la mise en vigueur à la paix.

(2) Le 3 juin, la Convention avait renouvelé tous ses comités, sauf le Comité de salut public.

(3) Bréard avait donné sa démission le 5 juin : mais Bernier avait été adjoint au Comité le même jour ( V . le Moniteur).

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