TEMPLI
légendes sacrées et dans les traditions. Près des marchés étaient les autels de Mercure, d'Isis, de Sérapis; ceux d'Apollon et de Bacchus avoisinaient le
théâtre; Hercule avait ses temples auprès de Tarnphithéâtre et du cirque.
La position d'un temple une fois reconnue par les traditions ou les monuments littéraires, on devra en chercher les traces positives dans les substructions de l'église ou des édifices d'une autre espèce élevés au même lieu. Toutes les attaches ou ruines qui dans les environs pourraient se lier au monument principal , o.u à l'enceinte sacrée qui
E— ^m l'entourait, seront relevées avec soin dans leurs
n directions relatives, et placées sur un plan mesuré H H H H S ^^ orienté. Ce qui regarde les temples s'applique
de même à tout autre édifice antique, de quelque nature qu'il soit.
Lorsque les restes du temple paraîtront au-dessus du sol, un dessin géométral donnera l'état présent des ruines en les dégageant des constructions modernes qui pourraient y être enclavées. Les moulures ou membres d'architecture seront levés avec précision et dans le galbe exact de l'original, la partie la plus intacte étant choisie pour cette opération; une lame de plomb appliquée sur la pierre peut en donner les courbes exactes, pour les reporter sur le papier. On obtient le même résultat et directement en traçant le profil sur un papier passé dans le joint de deux pierres, si les moulures y sont bien conservées.
Les membres d'architecture trop grands pour subir cette opération seront cotés avec soin et relevés à l'équerre et au fU à plomb.
Les détails ornés, tels que chapiteaux, firises, décorations de toute espèce, seront destinés de manière à reproduire exactement le caractère de la sculpture. C'est de la sévérité de ces dessins et de l'exactitude à rendre les formes que dépend l'assignation de l'âge du monument dont on donnera la réduction.
L*architecture gallo-romaine offrira , dans les ornements et dans les profils de moulures, une richesse d'invention, une variété de formes, qui pourra faire distinguer les compositions dans lesquelles se manifestait le
PUo da temple dit Maison carrée, à Nîmes.
génie inventif des Gaulois. L'exécution de ces détails d'architecture est asses grossière dans les régions septentrionales: on y reconnaît l'usage du trépan pour obtenir les effets d'ombre et de lumière.
rEUtLLB D'OUnEB.
Panlliéon, à Itome.
Baias, à Nîmes.
Tombeau, i Sainl-Remy.
Ces fragments précieux ne peuvent être étudiés avec fruit s'ils ne sont mesurés avec tous leurs détails , dessinés géométraiement et dans leur état brut. Les profils et un plan indiquant la décoration des plafonds, des sculptures placées sous les modillons et larmiers, sont encore des travaux indispensables pour expliquer complètement l'ensemble de ces monuments. On peut recommander l'emploi de la chambre claire pour en dessiner les ornements avec vérité, et, s'ils sont peu saillants, un estampage en papier offre une reproduction encore plus fidèle.
Cette opération consiste à appliquer sur la sculpture de peu de relief un papier sans colle et légèrement mouillé, comme on l'emploie dans l'imprimerie, et à y faire paraiire les formes les plus délicates et même le grain de la pierre , en appuyant d'abord avec un linge puis avec une brosse.
Les procès-verbaux de recherches mentionneront les divers marbres, schistes et autres matériaux employés dans les édifices-, leurs qualités , le pays où ils furent exploités; s'ils sont exotiques ou produits par le sol.
Le plan général de la ville antique recevra l'indication des fouilles successives dont on a conservé le souvenir; les fragments placés dans les musées DU dans quelque autre dépôt municipal seront, autant que possible, rattachés à la fouille dont chacun d'eux est sorti. Une classification par numéros peut suffire i cette opération.
Indépendamment du plan des édifices dont les murs sont encore debout , on dessinera géométralement les mosaïques et pavés indiquant l'étendue des monuments qui ne s*élèyent plus au-dessus du sol.
Dans les fouilles de ces édifices, le plus petit fragment d'architecture, une feuille de chapiteau, une moulure ornée, un détail, quelque peu important qu'il paraisse, doit devenir une source d'observations utiles; on ne peut oublier qu'en sauvant ces fi*agments on contribue à former une suite de faits, qui tôt ou tard trouvent letu* place dans la vaste collection des connaissances archéologiques.
Ce qu'on a dit précédemment des autels des Grecs peut s'appliquer à ceux des Romains : diversité dans les formes , décoration d'architecture et de sculpture, emblèmes de sacrifices et de victimes, jusque-là complète analogie; mais une exécution peu soignée , des profils de moulures plus composés et d'un galbe moins pur, la sculpture d'un dessin moins noble caractérisent les autds élevés sous la domination romaine et les font différer de ceux des Grecs. Les inscriptions suffiront pour faire distinguer les autels votiû, lorsqu'ils seront privés d'ornementation et qu'Us n'offiîront rien de plus que des cubes de pierre ou de marbre , comme on en voit souvent de consacrés aux nymphes ou à quelques divinités locales du second ordre.
Certaines cérémonies romaines ont donné naissance à des monuments sacrés inconnus aux Grecs; dans les tauroboles on éleva des autels d'une forme particulière : une table percée d'un grand nombre d'ouvertures recevait la victime; sous cet autel s'administrait le baptême de sang. La France possède un de ces monuments de superstition. Les nouveUes découvertes dans ce genre seront étudiées et dessinées par MM. les correspondants.
Enfin nous signalerons une dernière classe de monuments religieux, les bornes Termes ou Hermès , qui servaient de limites entre les provinces ou les propriétés particulières, et qui, répandues dans les campagnes, recevaient à certaines époques de l'année les vœux des cultivateurs.
DEUXIBME PABTIS. - MONUMENTS MILITAIRES.