POÉSIES DIDACTIQUES ET MORALES
Celles qui expriment, sous une forme populaire, des conseils ou des vérités utiles; les proverbes mêmes, auxquels la rime, Tallitération , ou une consonance quelconque donnent un certain caractère métrique, devront être recueillis.
L*idiome catalan , riche en proverbes , nous en a déjè fourni un certain nombre, dont la plupart sont des distiques et quelques-uns même des quatrains rimes; nous avons dit, plus haut, à qui nous les devons.
Nous citerons, comme exemple d*une chakison morale, la dianson bretonne qui suit, et qua recueillie M. de Goreelle; car, sous la forme d*un récit peu développé, elle exprime Thorreur pour le mensonge, survivant même aux égarements d*une vie désordonnée :
Adieu m*amie, je m*en vas (bis).
Je m*en vas faire un tour à Nantes , Puisque le roi me le commande.
— Ah I puisqu*à Nantes vous allez Un corselet m*en rapporterez.
Un corsdet qui aura des manches , Qui s ra brodé de roses blanches.
A Nante, àNante, il est allé.
Au corselet n*a plus songé; Il n*a songé qu'à la débauche , Au cabaret, comme les autres.
^ Mais , que dii^ m*amie de moi ?
— Tu mentiras, tu lui diras, Qu'i n*y a pas de corslets à Nantes De la sorte qu'elle demande.
-» Xaime mieux la mer sans poissons.
Ou les collines sans vallons.
Ou le printemps sans violettes, Que de mentir à ma maltresse.
On peut trouver une certaine moralité dans la chanson de La Femme du rouUer, communiquée par M. Sainte-Beuve, membre du Comité, et qui peint rudement l'abrutissement du vice et les suites du mauvais exemple. .
LA FBUMB nu ROOUER. / (Chinson popnlaîre éa Beiry.)
La pauvre femme
(Cétait la femme du roulier)
S*en va dans tout le pays ,
Et d'auberge en auberge *
Pour c&ercLer son mari,
Tirelî, Avec une lanterne.
— Madam* f hôtesse , Mon mari est-il ici ?
— Oui, Madame, oui, il est là.
Là, dans la chambre haute.
Et qui prend ses ébats ,
Tirela, Avec une servante.
— Allons, ivrogne.
Retourne voir à ton logis.
Retourne voir à ton logis - Tes enfants sur la paille.
Tu manges tout ton bien Avecque des canailles.
— Madam* Thôtesse, Apportez-moi du bon vin , Apportez-moi do bon vin.
Là, sur la table ronde.
Pour hoir* jusqu'au matin , Puisque ma femme gronde.
La pauvre femme S* en retourne à son logis. Et dit à ses enfants :
Vous navez plus de père.
Je Tai trouvé couché Avec une autre mère.
— Eh bien ! ma mère.
Mon père est un libertin ; Mon père est un libertin ; D se nomme Sans gêne.
Nous sommes ses enfants, Nous ferons tout de même.