‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 104 sur 196 · POÉSIES DIDACTIQUES ET MORALES · texte numérisé non relu

POÉSIES DIDACTIQUES ET MORALES

Celles qui expriment, sous une forme populaire, des conseils ou des vérités utiles; les proverbes mêmes, auxquels la rime, Tallitération , ou une consonance quelconque donnent un certain caractère métrique, devront être recueillis.

L*idiome catalan , riche en proverbes , nous en a déjè fourni un certain nombre, dont la plupart sont des distiques et quelques-uns même des quatrains rimes; nous avons dit, plus haut, à qui nous les devons.

Nous citerons, comme exemple d*une chakison morale, la dianson bretonne qui suit, et qua recueillie M. de Goreelle; car, sous la forme d*un récit peu développé, elle exprime Thorreur pour le mensonge, survivant même aux égarements d*une vie désordonnée :

Adieu m*amie, je m*en vas (bis).

Je m*en vas faire un tour à Nantes , Puisque le roi me le commande.

— Ah I puisqu*à Nantes vous allez Un corselet m*en rapporterez.

Un corsdet qui aura des manches , Qui s ra brodé de roses blanches.

A Nante, àNante, il est allé.

Au corselet n*a plus songé; Il n*a songé qu'à la débauche , Au cabaret, comme les autres.

^ Mais , que dii^ m*amie de moi ?

— Tu mentiras, tu lui diras, Qu'i n*y a pas de corslets à Nantes De la sorte qu'elle demande.

-» Xaime mieux la mer sans poissons.

Ou les collines sans vallons.

Ou le printemps sans violettes, Que de mentir à ma maltresse.

On peut trouver une certaine moralité dans la chanson de La Femme du rouUer, communiquée par M. Sainte-Beuve, membre du Comité, et qui peint rudement l'abrutissement du vice et les suites du mauvais exemple. .

LA FBUMB nu ROOUER. / (Chinson popnlaîre éa Beiry.)

La pauvre femme

(Cétait la femme du roulier)

S*en va dans tout le pays ,

Et d'auberge en auberge *

Pour c&ercLer son mari,

Tirelî, Avec une lanterne.

— Madam* f hôtesse , Mon mari est-il ici ?

— Oui, Madame, oui, il est là.

Là, dans la chambre haute.

Et qui prend ses ébats ,

Tirela, Avec une servante.

— Allons, ivrogne.

Retourne voir à ton logis.

Retourne voir à ton logis - Tes enfants sur la paille.

Tu manges tout ton bien Avecque des canailles.

— Madam* Thôtesse, Apportez-moi du bon vin , Apportez-moi do bon vin.

Là, sur la table ronde.

Pour hoir* jusqu'au matin , Puisque ma femme gronde.

La pauvre femme S* en retourne à son logis. Et dit à ses enfants :

Vous navez plus de père.

Je Tai trouvé couché Avec une autre mère.

— Eh bien ! ma mère.

Mon père est un libertin ; Mon père est un libertin ; D se nomme Sans gêne.

Nous sommes ses enfants, Nous ferons tout de même.

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