S 3. VOIES ANTIQUES
Les caractères principaux des voies romaines connues en France sont:
Leur peu de largeur: elles dépassent rarement six ou sept mètres;
Leur forme bombée ;
Leur direction presque toujours en ligne droite;
Leur situation sur les plateaux ou à mi-côte des hauteurs;
La profondeur de f empierrement, divisé en plusieurs couches distinctes de matériaux : on en compte quelquefois jusqu'à quatre , chacune de plusieurs pieds d'épaisseur.
On peut ajouter, mais seulement comme un indice accessoire, auquel il ne faut pas attacher trop d'importance , l'emploi de terre ^aise , ou de masses de terre cuite , ou enfin de briques ou de tuiles dans les couches inférieures.
La couche supérieure, summa crasta , se compose de cailloux ou de pierres de toutes dimensions , quelquefois taillés et présentant adors l'apparence du petit appareil des constructions romaines. Quelques voies antiques , surtout dans te Midi, sont au contraire pavées de pierres énormes taillées irrégulièrement, mais assemblées avec beaucoup de précision.
VOIES ROMAimBS.
Ailleurs, lorsque les localités Texigeaient, on a taillé les rochers au pic, de manière à former souvent des excavations très considérables.
Dans les pays plats beaucoup de voies antiques se distinguent par leur exhaussement au-dessus des plaines environnantes. Husieurs offrent l'aspect d'une muraille épaisse élevée de plusieurs pieds au-dessus du sol.
xP^S^ES'
Les caractères que nous venons d'énumérer ne sont point tellement con^ stants et absolus* que, lorsqu'ils se présentent, on en doive toujours conclure l'existence d'une voie antique; et, par contre» les exceptions ou des
caractères très différents ne prouvent point toujours une origine moderne. Dans tous les cas on devra tenir compte des èirconstances locales , qui peuvent avoir beaucoup d*importance pour décider la question : par exemple , le voisinage d une voie antique bien constatée , celui d'un camp ou d'un grand établissement romain. On pourra s'aider encore, mais avec réserve, des témoignages historiques que nous ont conservés les géographes anciens.
En eiuiminant une voie antique, on devra noter :
Sa direction ;
Son étendue, ses lacunes, ses embranchements;
La nature des matériaux et leur épaisseur.
On fera connaître si elle est encore en usage ou si elle l'a été anciennement, enfin si l'on y a fait des réparations plus ou moins modernes.
On recherchera si des bornes ont existé ou existent encore le long de ces chemins ou aux environs ; si l'on en a déplacé quelques-unes.
Il est important de copier les inscriptions de ces bornes, ou mieux de les estamper.
On examinOTa si les distances indiquées par ces inscriptions sont exprimées en milles romains ou en lieues gauloises (les premiers de i ,000 pas ou 7 de lieue, les secondes de i,5oo pas ou ^ lieue).
Quelquefois on trouve sur le bord des voies romaines des pyramides ou des tours pleines (sans escaliers ni chambre intérieure), dont la destination est fort problématique. On décrira minutieusement ces constructions, et s'il est possible on en donnera des plans et des dessios. On recherchera également si , dans le voisinage de ces routes , il n'existe pas des tombeaux , des substructions de maisons, soit en groupes, soit isolées.
Autant que possible on devra tenir note des noms modernes des hameaux , et même des fermes que traverse une voie antique : ces noms pourront ({oelquefoié mettre sur la trace de nouvelles découvertes.
Les voies travenent les torrents et les fleuves sur des ponts antiques, qu'on étudiera dans, tous leurs détails de construction et d'architecture.