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S 4. CAMPS ET ENCEINTES ANTIQUES

Il eiiste en France un grand nombre d'enceintes formées par un fossé et un amas de terre, ou bien par une muraille de pierres sèches. Leur origine, leur date, souvent même leur destination,' sont très diflScites à déterminer. Non seulement les camps des peuplades barbares, gauloises ou

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étrangères, qui ont fait ia guerre sur notre territoire depuis une époque fort antérieure à la conquête de César, jusqu au vui* ou ix* siècle , peuvent se confondre avec des camps romains, mais encore des enceintes ayant une destination religieuse ou civile peuvent quelquefois être prises pour des ouvrages militaires. G*est ainsi que plusieurs monuments celtiques sont environnés d'un large fossé et d*un parapet en terre. Dautres fois des enceintes semblables entourent des tamulus. Dans une foule de cas ce nest que par l'observation de bien des circonstances accessoires que Ton arrive à connaître l'origine de ces monuments. On ne peut donc trop recommander de décrire minutieusement tous les objets antiques trouvés sur les lieux : médailles, armes, poteries , meules à grain, ustensiles de tout genre, même les ossements d'animaux, si Ion en découvrait en grand nombre. Leur espèce et leur gisement pourraient fournir des renseignements utiles.

Les enceintes dont la destination militaire parait le mieux constatée, et

dont on peut rapporter Térection à une époque antérieure à la conquête, se trouvent, en générai, sur des plateaux élevés ou escarpés, dont elles suivent les contours les plus irréguliers. D'ordinaire elles se composent d'un mur en pierres sèches , qui sert en quelque sorte de parement à un agger de terre plus ou moins épais. Les pierres sont brutes

le plus souvent, quelquefois grossièrement équarries, plus rarement elles sont liées les unes aux autres par des tenons de bois à queue d'aronde.

Les formes des enceintes en terre que l'on peut regarder comme des camps sont trop nombreuses et trop variables pour qu'on essaie de les décrire ici. Un grand nombre pimentent ce raf^ort, qu'elles ont une petite enceinte intérieure presque toujours contiguè à l'enceinte principale (voir ci-contre, page ag).

Quant à leur origine, il est difficile de la constater autrement que par la découverte des objets antiques qu'elles peuvent renfermer. On conçoit en eflet qu'avant l'invention des armes à feu tous les retranchements temporaires ont eu entre eux la plus grande ressemblance , quel que fût le peuple qui les eût construits.

PIBRABS UBBS.

Cependant, lorsque quelques-uns de ces camps offrent un tracé conforme

aux rèfçles de la castramétation chez les Romatng, on peut présumer qu'ils

ont été élevés par ce peuple , et i une époque oit ses lëgîons' avaieDl encore

conservé leur antique discipline.

Nous rappellerons donc sommairement l'ordonnance des camps romains, telle que nous l'ont transmise les auteurs militaires.

Anciennement, c'est-à-dire sous la république et dans les premières années de l'empire, les camps étaient carrés, entourés d'un rempart en terre avec un fossé en avant, d'une largeur et d'une profondeur correspond dant à l'épaisseur et i la hauteur du rempart, ce dernier n'étant composé que des lerres retirées du fossé. Dans la suite on leur donna la forme d'un parallélogramme rectangle, quelquefois avec des angles arrondis, les grands c6tés étant aux petits dans le rapport de trois à un.

D'ordinaire les camps avaient quatre portes, une sur chaque face; quelquefob un ouvrage avancé, un rempart avec un foss^ s'devaieot en avant des portes. Le rempart du côté opposé A l'enDemi avait souvent une hauteur sensiblement plus consid^ rable que celle des autres faces du camp. Les lieux que les généraux romains préféraient pour établir leurs camps étaient prinoipalement les larges plateaux à proximité des cours d'eau , ou bien, les plaines. Pour eux une hauteur escarpée était une mauvaise position, et leur pratiipie constaate était de faire niveler le terrain occupé par leun troupes.

On ne peut qu'inviter les correspondants à joindre ^ à leurs mémoires sur les camps antiques un plan détaillé non seulement des retranchements, mais de leurs environs, avec des coupes du fossé, du rempart, et, s'il se peut, de tout le terrain qu'embrasse l'enceinte fortifiée. Il est essenti^ de marquer à quelle distance du camp se trouve un ruisseau ou un étang. Enfin Ton recherchera si dans le voisinage il existe d'autres retranchements, et si des découvertes d'objets antiques ont été faites aux environs.

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