SOURCES PRINCIPALES DES DOCUMENTS HISTORIQUES
S L BuBLiOTHÉQUES. — Prcsquc toutes les bibliothèques publiques contiennent des manuscrits qui ont rapport à Tbistoire de France. Un grand nombre de cartulaises y ont été déposés , et personne n ignore de quelle utilité sont ces documents pour l'histoire civile et ecclésiastique aussi bien que pour la géographie du moyen âge. Les correspondants doivent envoyer au Comité l'analyse de tous les cartulaires que renferment les bibliothèques publiques. Ib prendront pour modèle le catalogue des cartulaires conservés dans les archives départementales qui a été publié par le Ministère de Tintérieur^^). Les correspondants auront soin, en dépouillant les cartulaires, de s'assurer si les chartes dont ils transmettent l'indication au Comité sont inédites, et d'avertir le Comité que celte vérification a été &ite. C'est une précaution qu'ils doivent prendre pour toutes les pièces dont ils enverront l'analyse ou la transcription. La Bibliolhèque historùfae de Lelong et de Fontette ^^\ les BibUothèiiaes de Fabricius ^^^ et de Casimir Oudin ^^\ ainsi que YHis-
<^> [Ces iostmctionB , rédigées par M. Ghéniel , étaient jointes à une circulaire du a 8 octobre i853.]
W Unvol.iu-4-. Paria. 1847.
^') Lelong, BihUotkètpu. historùfae de la France, Paris, 1719* vin vol. in-P. Une nouvelle édition, beaucoup plus complète, a été donnée par Fevret de Fontette. Paris, 1768-1778, 5 vol. in-P.
(*) BiUiotkeca latina medim et infimm laùnitatii corn iuppUmento Chrittiani Sckœttgenii, et^ notU Dominici MonsL Padone, 1764» 6 voL in-^'.
t^' Commentaritts de saiptoribus Ecclesim antùftus, iUaramqtte scriptis adhnc extantibut in cdebrio* rihui Europm bihliothecis, ttc, Francfort et Leipsig, 173a, 3 vol. in-P.
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toire littéraire de la France ^^\ le Gallia christiana^^\ le Recueil des historiens des Gaules et de la France ^^\ et les Monumenta GermanÎBB historica, publiés par M. Pertz^^), leur fourniroDt presque toujours les renseignements indispensables.
Il serait également utile de consulter les* collections où les Bénédictins et d autres érudits ont réuni tant de pièces diverses; teUes que le Spicilegium de d'Achery ^^), les Antiqaœ lectiones de Ganisius^^^ ïAmplissùna collectio ^^^ et le Thésaurus anecdotorum ^^^ de Martène et Durand , le Thésaurus anecdotorum novissimus de Bernard Pez ^^\ les Analecta de M abiUon ^^^\ la Nova hibUotheca manusçriptorum de Labbe^^^\ les MiscelUmées de Baluze^^^^' les Collections des conciles ^^^\ les Tables de Bréquigny^^^^, les diverses Bibliothèques des
(*) Histoire Uttércdre'de la France, par les Bénédictins de Saint-Maur. Paris, 1733-1763, la vol. in-4*' Cet ouvrage est continné par Tlnstitut, qui a publié 10 volumes; le dernier porte la date de i85a.
^*^ GaUia chrisùana in provincias ecclesiasdcas distributa. Paris, 1715-1786, i3 vol. in-P. ,
^'î Rerum ^Uicaram etjrancicanim scriptores. Paris, 1738-1840, vol. I-XX in-f*.
W Monumenta Germanim historica. Hanovre, 1826-1852, vol. I-TUUI in-P.
^') D. Luc d'Achery, Spicilegiwn sive collectio veteram aliqnot scripiorum, i'* édit. Paris, i653- 1677, i3 vol. in-4*; nouvflle édition donnée par delà Barre, en 3 vol. in-f, Paris, 1723.
^*) Antiqaœ lectiones, 1'* édit. Ingolstadt, 1601-1608, 6 vol. in-Zi**; alédit. donnée par Basnage sous le titre de Thésaurus monimentorum ecclesiasticorwn, Anvers 1735, 7 parties réunies en 4 ou
5 vol. in-P.
(^) Veterum scriptonvn amplissima collecùo. Paris, 1724-1733, 9 Vol. in-8*.
^*) Thésaurus novus anecdotorum, Paris , 1717, 5 vol. in-P.
t*) Thesanras anecdotorum novissimus seu veterum monumentorwn collectio recentissima, Augsbourg , 1721-1729, 6 vol. in-P.
(10) Vetera analecta, i^ édit. Paris, 1675-1685, à vol. in-8*; 2* édit. donnée par de la* Barre, 1 vol. in-P, Paris, 1723.
Jn) Nova bibliotheca manusçriptorum librorum, Paris, i653, 1 vol. in-4*; et 1-657, ' ^^^* ^^'^^ Ces deux ouvrages.nont de commun que le titre; le premier.est un inventaire de manuscrits et le second un recueil de documents inédits.
<^*) Miscellanea, 1" édit. Paris, 1678-1715, 7 vol. in-8*. 2* édition donnée par Mansi, avec de nombreuses additions, Lucques, 1761-1764, 4 vol. iu-P.
(1^) ConcUioram omnium generalium et provincialium collectio regia, Paris, i644, 37'VoL in-P; Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, Paris, 1672 , 18 vol. in-P; Baluze, ConcUioram nova collectio, Paris, i683, vol. in-P; Mansi, Supplementum ad collectionem conciliorum, Lucques, 1748-1752,
6 vol. in-P; du même, Sacrorum conciliorum nova et amplissima coUectio, Florence et Venise, 1759- 1790, 3 1 vol. fn-P; Sirmond, Concilia anticfua Ga{/i« , Paris , 1629, 3 vol. in-P, avec un supplément par de Lalande, Paris, 1666, in-P.
^**) Table chronologique des diplômes, chartes , titres et actes imprimés concernant l'histoire de France. Paris, 1769-1850, 6 vol. in-P. Il faut ajouter à cette' collection celle des Diplomata, chartœ, epi» stolœ, leges, aliaque instrumenta adres gallo-francicas spectantia, réédités et complétés par M. Par^ dessus. Paris, 1843-1849, 2 vol.-in-P. * .
Pères ^^\ la Goilection des BoHandisles^^^ les Vies des saints de Tordre de Saint- Benoît ^'^ etc. Parmi les ouvrages récenta nous recommanderons encore, entre besaucoup d'autres, quelques-unes des savantes publications du cardinal Angelo Mai ^^\ ainsi que la collection des ^onaments pour servir à [histoire des provinces de Namur, de Hainaat et de Luxembourg ^^\ Â défaut de ces ouvrages, les correspondants ont au moins à leur disposition les histoires locales, où ils peuvent, presque toujours, faire la vérification qui leur est demandée ^^K
La plupart des bibliothèques publiques contiennent aussi des chroniques et des mémoires manuscrits. Ces manuscrits ne sont pas toujours anciens ; ce sont souvent des copies- de chartes, des journaux, des recueils d'anecdotes, écrits par quelque ecclésiastique ou par quelque amateur patient et laborieux. Ces ouvrages , quelle que soit leup date , n'en ont pas moins leur prix. Tout est à consulter, tout est à recueillir en ce genre; les correspondants devront transmettre au Comité l'indication et l'analyse de ces manuscrits. Sans doute, les bibliothèques ne fourniront pas toutes, comme celle
(^> Sacra bibliotheca SS, Pairum, Paris, i65g, 9 vol. in-f; Magna hihUotheca Patnun, Cologne 1618-1622, i5 tom. in-P; Maxima bibliotheca vett. Patram, Lyon, 1677 , 27 ^^^* in-rol. ; Ândr. Gailandil Bibliotk. vett. Patram, Venise, 1765, li vol. in-P. Ces trois collections renferment beaucoup de documents rdatifs à l'histoire du moyen âge.
<') Àcta sanctoram, qnotqaot toto orbe coluntar. Anvers et Bruxelles, 1647-1852, 55 voi. in T.
(') Acta SS, ordinis S. Benedicti in sœcnlormn classes distributa, Paris, 1668-1702, 9 vol. in-P. Cet ouvrage est complété par les Annales ordinis 5. Benedicti. Paris, 1733-1739, 6 vol. in-P.
^*) Classici aactores e Vaticanis codicibns editi, Kome^iSiS-iSZS, 10 vol. in-8*; Spicilegimn romanum, Rome, i838-i84di 10 vol. in-8^
(*} Monuments pour servir à t histoire des provinces de Namar, etc. , publiés par le baron de Reîfienberg , Bruxelles. i8d4-i848, 4 vol. in-8*.
(^ Les correspondants pourront encore consulter les Notices et extraits des manuscrits, Paris, 1 787-1851, 17 vol. in-4*; les Ordonnances des rois de France de Uhtroisième race, Paris , 1723-1849 « 21 vol. in-f ; Dumont, Corps universel diplomatiqae , Amsterdam, 1726-1731, 8 vol. in-P; Rymer, Fœdera, conventions, etc., Londres, 1704-1737, 20 vol. in-P; Eckhart, Corpus historicnm medii œvi, Leipsig, 1723, 2 vol. in-P; Ludwig, Reliqttiœmanuscriptorum,etc., Francf. etLeips. , 1720-174}* 12 vol. in-8*; Archiv der Gesellschaft Jâr altère deutsche Geschichtskande [Archives de la Société pour r étude de l'ancienne histoire dAUema^e); ce recueil, publié par M. G.-H. Pertz (Hanovre, 1820i852 , vol. I-X, in-8**) contient beaucoup de documents relatifs à Tbistoire de France. Les correspondants trouveront dans V Annuaire de la Société de Thistoire de France, pour 1837, une bibliographie de rhistoire de France rédigée avec beaucoup de soin par M. Jules Desnoyers. Les tables des livres cités dans les tomes XVIII, XX, XXI et XXII de V Histoire littéraire de la France seront aussi très utiles à consulten II suffit de citer les noms des éditeurs pour inspirer une entière confiance. La première de ces tables a été rédigée par M. Daunou et les trois autres par M. J.-V. Le Clerc.
de Glermont, des journaux écrits par un Fléchier ; mais partout il se trouvera quelques matériaux plus ou moins incomplets, quil importera de réunir. Dans le cas où les correspondants ne pourraient s'assurer si ces chroniques ou mémoires manuscrits sont inédits, ils devraient envoyer au Comité la copie des premières et dernières lignes d€ Touvrage. Ils auront encore à rechercher et à indiquer au Comité les lettres d ambassadeurs et d'autres, personnages historiques conservées dans les bibliothèques des départements. Les lettres des savants, des écrivains et des artistes doivent également être signalées. Il importe que tous ces documents soient connus, et que le Comité soit informé des renseignements nouveaux qu'ils pourraient fournir pour l'histoire de France.
S n. Archives. — Les archives publiques sont de tous les dépôts ceux où les correspondants trouveront les documents inédits lei plus nombreux et les plus intéressants. On peut les diviser en archives ecclésiastiques, archives civiles ou politiques et archives judiciaires.
Archives ecclésiastiques. — Dans la preniière catégorie, outre les caitulaires, dont nous avons déjà parlé, nous signalerons aux correspondants les Registres capitalaires. Ces documents remontent ordinairement jusqu'aux XIII* ou XIV* siècles, et présentent une série* d'annales ecclésiastiaues d'un grand intérêt. Ils peuvent servir à compléter ou à rectifier le Gallia christiana. Souvent même l'histoire politique y trouve d'utiles renseignements, tels que des lettres de rois, de princes ou gouverneurs, adressées aux chapitres, les instructions données par le clergé aux députés qu'il envoyait r.ux états généraux ou aux étais provinciaux, les détails de la réception des princes dans les églises cathédrales, et le récit des cérémonies qui s'y sont accomplies. Ainsi, les registres capitalaires de la cathédrale de Roueii contiennent les renseignements les plus complets sur le couronnement de Charles, frère de Louis XI, comme duc de Normandie en i/î65, sur le serment qui lui fut imposé, et sur les cérémonies religieuses qui accompagnèrenl cette investiture solennelle. L'inventaire des bibliothèques capitulaires, les règlements auxquels elles étaient soumises au moyen âge, le prix des livres, les dépenses faites pour la construction ou l'entretien des cathédrales, et bien d'autres renseignements précieux pour l'histoire des mœurs et des institutions de l'ancienne France, font désirer que ces registres capitulaires soient complètement dépouillés. Dans plusieurs diocèses ils
ont été remis au secrétariat de i'évéché. Les correspondants obtiendrcfnt facileoient l'autorisation de ies y consulter et d*en extraire les documents qui concernent l'histoire de France.
Les Ohitaaires des cathédrales et des grands monastères doivent aussi être étudiés attentivement. Ils renferment des indications biographiques intéressantes, non seulement sur les évéques et les dignitaires ecclésiastiques séculiers et réguliers, mais encore sur les bienfaiteurs des églises et des monastères, et sur les artistes qui ont présidé à la construction ou à l'ornementation des édifices. Les Registres des officialàés diocésaines fourniront des détails utiles sur les mœurs et les institutions du moyen âge. Les PoaiUés ou registres des bénéfices ecclésiastiques sont importants à consulter pour la topographie de Tancienne France. On y trouve, en effet, le dénombrement des paroisses, des chapelles, des hôpitaux, des bénéfices ecclésiastiques séculiers et réguliers sous leurs noms anciens, et dans un ordre méthodique. Les correspondants devront indiquer la date probable de la rédaction de ces pouillés, faire connaître si les noms de lieux sont en latin et difi^rent de la forme actuelle, si ces registres contiennent les noms des patrons et des collateurs, le revenu de la taxe, le nombre des communiants, etc. Ces renseignements seront utiles pour préparer une géographie de la France au moyen ftge. Les Calendriers ecclésiastiques , qui sont annexés à des missels , à des chroniques et à d'autres manuscrits, peuvent servir à déterminer l'époque de l'inscription des saints au martyrologe. Enfin, le Comité recommande aux correspondants ies Registres des visites pastorales, que les évêques ont quelquefois fait rédiger. On y trouve les documents les plus authentiques sur la situation morale et politique du clei^é aux diverses époques de notre histoire.
Archives civiles. — Quant aux archives civiles, nous nous bornerons à signaler, au milieu des nombreuses pièces qu^elles renferment, les lettres adressées par les rois, princes et gouverneurs aux bailliages et aux villes, les registres contenant les délibérations des hôtels de ville et échevinages, les procès-verbaux des assemblées de boui^eois , les comptes des receveurs du domaine et des percepteurs des divers impôts, les aveux rendus parles possesseurs de fiefs , les Mémoriaux des Chambres des comptes , et surtout la correspondance des intendants avec les ministres. Quelques mots suffiront pour indiquer le choix à faire entre ces documents. Les lettres des ui. 59
rois, princes et gouverneurs sont quelquefois des circulaires sans intérêt, destinées à annoncer une bataille, la naissance ou la mort d'un prince, ou tout autre événement de cette nature. Mais, à côté de ces lettres le plus souvent insignifiantes, il s*en trouve qui ont un caractère original ou qui présentent des détails historiques intéressants. Les correspondants doivent en transmettre l'indication au Comité.
Le Comité appelle aussi lattention des correspondants sur les registres des délibérations des hôtels de ville. Ces registres contiennent presque toujours une histoire complète des municipalités ; on y trouve des relations faites par les échevins, lorsqu'ils sortaient de charge, sur les événements qui avaient signalé leur administration , et des comptes rendus par les députés que les villes avaient envoyés aux États généraux. De pareils documents n'intéressent pas seulement l'histoire locale. Les Registres des délibérations de f hôtel de ville de Paris pendant la Fronde, publiés par la Société de l'histoire de France ^^\ ont jeté une nouvelle lumière sur cette époque, et prouvé que la bourgeoisie, bien loin d'avoir participé, comme on l'a prétendu , aux intri* gués des grands et des parlements, y avait courageusement résisté. L'histoire générale de la France y a gagné un renseignement précieux et authentique.
Les Mémoriaux des Chambres des comptes, qui ont été souvent réunis aux archives civiles, fourniront encore d'utiles renseignements. Ils contiennent, entre autres, les lettres de noblesse et les donations accordées par les rois. La Société des antiquaires de Normandie a rendu un véritable service à l'histoire en faisant publier à ses frais l'an^yse des Mémoriaux de la Chambre des comptes de Normandie. H serait à souhaiter qu'un pareil travail fut exécuté pour toutes les anciennes provinces.
On trouve aussi, dans les archives civiles, des procès-verbaux d'états provinciaux. Rien ne serait plus utile qu'un inventaire complet de ces documents pour préparer uûe histoire encore à faire des états provinciaux de la France. Personne n'ignore qu'aux xiv* et xv* siècles, les états provinciaux ne se soumettaient pas toujours aux décisions des États généraux. Les états de Normandie, entre autres, résistèrent à la perception d'un impôt voté par l'assemblée de i35i. L'étude et le dépouillement des cahiers des états provinciaux auraient donc un intérêt réel pour l'histoire générale de la France.
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A ces diverses cat^ories de documents que contiennent les archives civiles 9 il faut ajouter une correspondance dont jusquid on n'a tiré presque aucun parti, et qui servira â faire connaître f administration monarchique des deux derniers siècles. Les intendants, institués par Richelieu, maintenus et afTermis par Louis XIV , ont été les instruments les pli» actifs de la puissance centrale dans les diverses parties de ia France. La coireqpondance des ministres avec ces fonctionnaires existe dans les archives des départements. C'est là surtout qu'on peut suivre le travail incessant de l'administration monarchique pour transformer la FVance, annuler les droits féodaux, les libertés municipales et les franchbes ecclésiastiques, et en même temps développer l'industrie , améliorer les finances, ouvrir des routes, creuser des canaux, réformer les universités et le clergé. La publication de la Carrespondance administrative de Louis XIV a déjà fourni d'utiles renseignements pour l'histoire de ce règne; et cependant die se compose principalement de lettres adressées par les intendants aux ministres de Louis XIV, tandis que les archives des intendances contiennent les dépêches mêmes des Golbert , des Louvois et d'autres personnages illustres des xvu*et xviii' siècles , dont l'administration n'est encore qu'incomplètement connue. Cette partie des archives départementales a été beaucoup trop négligée. Les correspondants y trouveront la matière de communications aussi neuves qu'intéressantes.
Archives judiciaires. — Les archives judiciaires renferment les registres des anciennes juridictions seigneuriales et royales. Elles ont presque toujours été conservées avec soin par les fonctionnaires chargés des greffes; mais il s'en faut de beaucoup que l'histoire en ait profité comme elle l'aurait dû. On est étonné que les archives des pariements soient ainsi oubliées, quand on se rappelle que ces tribunaux joignaient l'autorité politique à l'autorité judiciaire , et que leurs registres contiennent l'histoire la plus complète et la plus exacte des provinces depuis le xvi* siède jusqu'à la fin du xviu*. L'exemple de M. Floquet , qui a tiré des registres du parlement de Normandie^^) l'histoire de cette province pendant les trois derniers siècles, n'a eu que bien peu d'imitateurs. Les correspondants doivent s'occuper immédiatement et avec persévérance du dépouillement de ces archives. L'analyse complète des r^istres pariementaires comblerait une des lacunes de
rhifttoire de France. Cominenl, en effet, retracer les troubles religieux du XVI* siècle, les agitations et les intrigues de la première moitié du xvii*; comment exposer les résistances provinciales à rinfluence administrative qui a transformé la France, si Ton ne connaît l'histoire de ces puissantes corporations judiciaires , qui furent d*aboril un utile auxiliaire et {dus tard un obstacle redoutable pour la royauté?
Archives et bibliothèques particulières* — Nous n insisterons pas sur les archives et les bibliothèques particulières. On ne doit cependant pas oublier que beaucoup de familles ont conseiTé des papiers terriers et des correspondances historiques. Des lettres de Henri IV, de Vauban, de Gatinat ont été retrouvées dans des archives et des bibliothèques particulières. Combien d'autres trésors y sont enfouis et exposés à des causes incessantes de destruction I Le Comité ne saurait trop vivement engager les correspondants à s enquérir des documents historiques que contiennent ces dépôts, et à lui en transmettre des copies ou du moins une analyse détaillée.