‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 181 sur 196 · ÉCHAFAUDS · texte numérisé non relu

ÉCHAFAUDS

26. Les échafauds seront isolés le plus possible des anciennes constructions et les trous de scellement inévitables seront toujours pris dans une hauteur d'assise.

27. Ils ne devront jamais poser sur les parties faibles d'un édifice, telles que voûtes, terrasses, dallages, mais être montés sur les points d'appui solides, ou porter de fond. L'architecte et ses agents devront veiller à ce qu'ils soient exécutés avec soin , afin d'éviter les accidents.

. 28. Ils devront toujours être disposés de manière à ce qu'ils ne puissent briser les vitraux, les sculptures, écorner les moulures et engorger les chéneaux.

29. Ils seront munis des ponts nécessaires aux bardages des pierres et matériaux pesants, qui ne devront en aucun cas être roulés sur les terrasses, voûtes et vieilles maçonneries légères.

30. Les équipes pour l« montage des matériaux seront toujours placées en dehors des plus fortes saillies des édifices, afin que, dans le cas de la rupture d'une chaîne ou d'un câble, ces matériaux, en tombant, ne détruisent pas les maçonneries inférieures.

MAGONMERIB.

31. Dans les travaux de réparation et d'entretien, on ne remplacera que les parties des anciennes constructions reconnues pour être dans un état à compromettre la solidité et la conservation du monument.

32. Tout fragment à enlever, s'il présente un certain intérêt, soit pour la forme, la matière ou toute autre cause, sera étiqueté, classé et rangé en chantier ou en magasin.

33. Tous les matériaux enlevés seront toujours remplacés par des matériaux de même nature, de même forme et mis en œuvre suivant les procédés primitivement employés.

3^. Toutes les pierres incrustées devront avoir le même volume que les pierres enlevées; elles seront fichées en mortier au refouloir; l'emploi du plâtre est interdit : il en est de même des mastics et ciments, qui ne seront adoptés que pour l'exécution de certains joints exposés directement à la pluie; les autres joints seront faits en mortier.

35. Les jointoiements ne seront exécutés que quand ils seront jugés indispensables et, dans ce cas, Tarchitecte devra les faire exécuter proprement, sans bavures sur les bords des pierres, légèrement enfoncés, de manière à ce que l'appareil soit toujours visible et dessiné. Si les pierres vieilles sont épauffrées par le temps sur leurs arêtes, les joints en mortier ne devront pas couvrir ces épauffrares, mais les laisser visibles et ne remplir que Tintervalle entre les pierres.

36. Tous les refouillements dans la vieille maçonnerie seront faits à la masse et au pomçon, jamais au téta ou à la pioche. Tous les tasseaux nécessaires à la pose des pierres à incruster seront faits en bonnes billes de sapin on de chêne; ils pourront être ordonnés en maçonnerie toutes les fois que l'architecte le jugera convenable.

37. Les cales nécessaires à la pose des pierres incrustées ne seront jamais faites en fer, mais en plomb ou en cœur de chêne, et toujours éloignées des parements.

38. Toute pierre vieille portant moulure ou sculpture ne pourra être remplac^'C que lorsqu*elIe aura été marquée par l'architecte ou ses agents.

39. L'appareil des pierres neuves sera absolument semblable à Tappareiâ ancien. Dans les édifices du moyen âge, les arcs seront extradossés, les parements neufs faits en assises de même hauteur que les anciennes.

40. La plus grande attention sera apportée à Texécution des tailles des parements et moulures. L'architecte devra observer à quelle époque et à quel style appartiennent ces tailles, qui différent entre elles : il remarquera que les tailles antérieures au xiii* siècle sont faites assez grossièrement et au taillant droit; celles du xm% à la groue hretture et layées avec une grande précision; celles du xiv% à la hretture fine et layées avec plus de netteté encore; celles du xv% à la hreWire et au racloir^ etc., etc. Sauf de rares exceptions qui peuvent contrarier ces usages , et dont on devra tenir compte, Parchitecte fera exécuter les tailles des parties restaurées d'après les indications précédentes. On lui recommande de se dëGer des retailles, des grattages faits après coup, qui altèrent la physionomie des parements et la forme des profils; il faut rechercher alors les tailles primitives conservées sur les points peu accessibles ou masqués. Il en est de même pour les modifications apportées par des restaurations plus ou moins anciennes aux formes primitives; on devra examiner alors avec grand soin toutes les traces de ces formes et, dans le doute, en référer à TAdministration.

L'emploi de Toutil appelé boacharde est rigoureusement interdit.

A 1 . L'étude approfondie'du style des dififérentes parties des monuments à entretenir ou à réparer est indispensable, non seulement pour reproduire les formes extérieures, mais aussi pour connaître la construction de ces édifices, leurs points faibles et les moyens à employer pour améliorer leur situation. Ainsi l'architecte observera qu'au nord delà Loire les constructions dites romanes sont, jusqu'à la fin du XII* siècle, élevées en petits matériaux; que les murs, composés de deux parements de pierre, sans liaison entre eux, sans boutisse, cx)ntiennent, dans leur milieu, des blocages plus ou moins solides; que, souvent, par suite de cette disposition vicieuse, les parements se séparent et laissent entre eux et le blocage central des vides dangereux. Ce n'est donc qu'avec les plus grandes précautions que ces constructions peuvent être réparées; alors les étais ne suffisent pas toujours, parce qu'on risque de les appuyer sur des murs soufflés et de causer leur rupture et leur ruine. Dans ce cas, il est prudent de s'assurer, par des sondages, avan^de rien entreprendre, de la solidité des massifs intérieurs et de leur degré de résistance. S'ils n'offrent pas une masse solide, il est nécessaire de relancer tout d'abord, et de distance en distance, des pierres ybrmant parpaing, et qui relient les deux parements; après quoi, on peut reprendre successivement, et toujours par tranches verticales, les portions des parements qui sont mau* vaises; on évitera les crampons en fer et, autant que possible, on remplacera

les massifs altérés par une plus forte queue donnée aux pierres de leurs parements.

D*un autre côté, Farchitecte remarquera que les constructions des xiii* et XIV* siècles sont généralement bien liées, et que les murs, minces d'ailleurs, sont composés de pierres portant fréquemment toute Tépaisseur de ces murs. Dans ce cas, mieux vaut laisser des parements dégradés à la surface que de les remplacer par des carreaux de pierre sans profondeur; car ce serait remplacer une bonne construction par une autre moins durable.

Quant aux édifices du xy* siècle, construits presque toujours, et de préférence, en pierre tendre, ils sont composés de matériaux d*une forte dimension. L'architecture de cette époque, évidée à Texcès, n'a de stabilité qu'à la condition d'être montée en grands matériaux; on ne saurait, sans imprudence, remplacer les parties d^radées sans conserver la grandeur de l'appareil : c'est le cas, plus que jamais, d'éviter les rapiéçages, qui altèrent toujours la solidité d'un édifice.

Presque tous les monuments religieux bâtis à la même époque, dans une même province, ont des points de ressemblance incontestables. Outre qu'un édifice célèbre a dû souvent servir de type autrefois à la plupart des monuments d'un même diocèse, des matériaux semblables, des usages pareils ont nécessairement produit des analogies frappantes dans la construction et la disposition. L'architecte ne devra donc pas s'en tenir à l'étude seule des cathédrales; mais, en examinant les églises de la même époque, bâties dans leur rayon , il y trouvera souvent de précieux renseignements pour réparer des constructions altérées ou détruites dans les monuments placés directement sous sa surveillance.

42. Les constructeurs du xii* siècle ont presque toujours relié les différentes parties de leurs maçonneries par des chatnagês en bois, d'un équarrissage de 30 à 25 centimètres, noyés dans l'épaisseur des murs; ces chaînages sont ordinairement posés sous les appuis des fenêtres, sous les corniches de couronnement, à la souche des contreforts, au-dessus des yo&tes des bas câtés. Les bois, pourris aujourd'hui, laissent, dans l'épaisseur des constructions, des vides dangereux. L'architecte devra toujours se défier de ces vides, qui ont pour résultat de provoquer lebouclement des murs. Dans les édifices du xii"* siècle, il s'assurera de la position de 6es chaînages par des sondages, avant de rien entreprendre. Une fois leur position reconnue, la première opération sera de profiter des vides laissés par les bois pourris pour passer, à la place des solives réduites en poussière, des chaînages en fer, en ayant le soin de faire remplir le vide restant en bonne maçonnerie, fortement bourrée. Il augmentera ainsi la solidité des édifices et replacera les constructions dans leur état normal. Aox xm*, xit* et xv* siècles, le système de chaînages en bois est remplacé par un système de crampons en

fer, reliant à certaines hauteurs les pierres de la construction et formant ainsi de Yoritablos chaînages continus. Ces crampons, dont la longueur varie de 3o à ho centimètres, quoique généralement coulés en plomb, se sont oxydés et ont fait éclater, par leur gonflement, une grande quantité de ces pierres crampon* nées. Il est résulté de cet accident deux inconvénients graves : le premier, c'est que les pierres, ainsi fêlées dans leur épaisseur, ne font plus parpaing, et qu^alors les murs tendent à se dédoubler; le second, c'est que les crampons, ne tirant plus en pleine pierre, mais dans les fêlures qu'ils ont causées, ne relient plus les murs dans leur longueur. Ce fait doit fixer particulièrement l'attention de l'architecte qui devra, en remplaçant les pierres ainsi éclatées, supprimer les crampons cause de leur destruction et substituer à ce système de chaînage des tirants continus posés le long des parements extérieurs et intérieurs des murs, reliés entre eux de distance en distance par des boulons traversant ces murs, sans y être scellés. Ces tirants continus seront retenus à leurs extrémités par des ancres posées aux retours de ces murs. En un mot, on remplacera les crampons scellés dans chaque pierre par un système de chaînes qui embrasseront, soit les souches des contreforts en les reliant avec les piles intérieures au-dessus des bas côtés, soit les murs eux-mêmes « en les maintenant dans leur longueur et les retenant à des points d'appui solides. Quand il sera possible, par suite d'un dérasement général des vieilles constructions, de placer les chaînes dans l'épaisseur des contreforts ou des murs, elles devront être posées à plat dans un joint ou lit horizontal, entaillées dans la pierre aussi peu que possible, et si les ancres sont d'une forte dimension, elles devront être en fer galvanisé et coulées en plomb dans un trou laissant un scellement épais autour d'elles; on préférera le cuivre, si les ancres n'ont qu'une dimension faible. Pour les goujons destinés à maintenir les balustrades, les colonnettes et tous les détails d'une grande finesse, il sera toujours prudent de les faire faire en cuivre jaune. Les joints de ces colonnettes, les scellements des balustrades devront toujours être faits en plomb, bien coulés au moyen de lumières. Quant aux meneaux de croisées et de roses, non seulement les joints devront être coulés en plomb, mais, dans ces oeuvres délicates, il faudra, autant que possible, éviter les goujons en fer et même en cuivre; c'est le plomb lui-même qui devra servir de goujon au moyen de deux trous pratiqués dans les joints. Les meneaux étant sujets à des tassements, à cause du peu de surface des lits de pose, il faut que les goujons qui relient chaque joint soient en métal très flexible; autrement, on ne pourrait éviter de fréquentes brisures.

ft3. Datts les .parties élevées de&édifioes , dans les flèches, dans U construction des voûtes, l'aochitecte ne/devra pas substituer à des matériaux l^;ers des maté* riauxd'uD poids plus considérable, car ce serait changer les conditions destabililé.

4&. L'attention de l'architecte devra particalièrement se porter sur Tentretien et la restauration des arcs-boutants; ils devront être surveillés avec soin, leurs joints entretenus constamment, ai des arcs-boutants sont tellement mauvais qu'ils ne puissent être conservés, ils ne sauraient être restaurés en partie; dans ce cas, il est nécessaire de les cintrer au plus tôt, d'étayer les murs des nefs à la hauteur de la poussée des voûtes et de chaque côté de ces arcs; puis on les démolira avec soin et sans secousses, et on les reconstruira en entier, depuis leur naissance jusqu'à leur portée, avec un nombre ^al de claveaux, et en ayant le soin de ne point poser ces claveaux sur cales, mais bien à bain de mortier épais et en les damant fortement. Il n'est pas besoin de dire que l'ancien appareil de ces arcs devra être reproduit scrupuleusement. La flexion ou le mauvais état d'un arcboutant entraine presque toujours la déformation des parties de voûtes ou des piliers correspondants. L'examen des voûtes et piliers intérieurs est donc fort important pour connaître la situation réelle des arcs-boutants, et vicê ver$a.

45. Après l'entretien des arcs-boutants vient celui des bandeaux et corniches formant larmiers» Le bon état de ces parties d'un édifice peut, sans inconvénients, laisser subsister longtemps des parements dont la surface seule serait détériorée.

ÉCOULEMEx\T DES EAUX PLUVIALES.

&6. Jusqu'à la fin du xii'' siècle, dans les édifices qui nous sont conservés, les eaux pluviales s'écoulaient simplement par l'août des combles, sans chéneaux, conduits, ni gargouilles. Les inconvénients de ce système, si simple d'ailleurs, se firent bientôt sentir : les eaux, déversées ainsi le long des UHifs, les impr^naient d'une humidité qui ne tardait pas à les d^rader et qui rendait l'intérieur des monuments malsain et froid.

En changeant le style de l'architecture, les constructeurs du xiii' siècle établii^ntsur tous les édifices des chéneaux qui, conduisant les eaux des couvertures dans des gargouilles saillantes en pierre, les faisaient tomber à une distance asses considérable des murs pour que l'humidité n'y pût pénétrer. Ce procédé resta en usage jusqu'au xvii* siècle. Sur Ja plupart des édifices antérieurs au xui* siècle, des chéneaux et gargouilles ont été établis pendant les xiii% xiv' et xv* siècles. Dans ce cas, on devra entretenir et restaurer ces chéneaux et gargouilles suivant le système appartenant à l'époque où ils ont été posés; mais si , dans certains édifices romans restés intacts, on reconnaissait l'inconvénient des «^outs simples, sans chéneaux ni gargouilles, et qu'il fallût en établir dans un intérêt de conservation, on ne saurait donner à ces chéneaux neufs un style particulier : i) faudrait alors, afin de laisser au monument primitif toute sa pureté, se contenter de placer sur les corniches, et à la place de coyaax des combles, des chéneaux en m. 79

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plomb d'une grande simplicité , avec des gaif^ooilles saillantes , également en plomb . S'il s*agit d'entretenir on de réparer des chéneaux et gargouilles appartenant à des édifices élevés depuis le xni* siècle, Farchitectexlevra conserver scrupuleusement le système ancien d'écoulement des eaux; car ce système est inhérent à ces édifices mêmes, il influe sur leur forme : le changer, c'est ôter à la construction de ces monuments sa signification, c'est mentir à leur construction, et, par conséquent, tomber dans des inconvénients plus graves encore que ceux que Ton prétend éviter. En effet, le système alors adopté consistait : i** à diviser les eaux pluviales le plus possible et à les conduire à ciel ouvert: 2** à débarrasser les bâtiments des eaux pluviales par le plus cpurt chemin et, par conséquent, le plus promptement possible. C'est ainsi que, dans les grands édifices de celte époque, on voit les eaux, partant du chéneau des grands combles, couler rapidement dans des rigoles posées sur chacun des arcs-boutants comme sur un aqueduc, et s'échapper à l'extrémité des culées de ces arcs-boulantspardes gueulards qui, posés horizontalement, ont, quelquefois, plus de 2 mètres de saillie sur le nu des contreforts. Quant aux eaux qui tombent, soit sur les combles des bas côtés, soit sur ceux des chapelles, elles s'écoulent, de même, directement, par un grand nombre de gai^uilles qui, posées le plus en dehors possible des constructions, aux angles des contreforts, par exemple, divisent les eaux en une infinité de jets tombant immédiatement et sans ressauts sur le sol.

Vers le wii* siècle, beaucoup de ces caniveaux et gargouilles qui, dans nos grands édifices religieux, fonctionnaient depuis trois ou quatre siècles, se trouvaient détériorés par suite de la mauvaise qualité de la pierre ou par un long usage, souvent aussi par défaut d'entretien. Ces gargouilles, égueulées, brisées même, ces longs caniveaux des arcs-boutants rongés par la mousse, qu'aucune main ne venait enlever, laissaient les eaux suinter de tous côtés; les soubassements, balayés par ces jets poussés par le vent, montraient leurs joints ouverts, leurs parements dégradés. On commença, dès lors, à proscrire les gargouilles et à les remplacer dans quelques monuments par des conduites verticales en plomb qui, passant à travers les corniches, serpentant le long des contreforts, durent rejeter les eaux pluviales en dehors des édifices, au niveau même du sol. Heureusement, beaucoup de nos églises, trop pauvres ou mieux entretenues, ou construites en matériaux résistant bien à l'eau , n'ont point reçu cette nouvelle disposition.

L'usage, de nos jours, est de placer le long des murs de nos constructions des tuyaux verticaux en fonte pour conduire les eaux pluviales; on a voulu appliquer ce système aux édifices anciens. Or, ainsi que nous l'avons dit, ce système ne saurait s'appliquer k des édifices dans lesquels l'écoulement des eaux est soumis à un principe franchement accusé; en outre, il présenterait plus de dangers que d'avantages.

En effet, pour poser aujoard*hai des conduites verticales en fonte sur ces édifices anciens, il faudrait changer tout le système des pentes des chéneaux; autrement chaque gargouille devrait être remplacée par uoe conduite, et, dès lors, les monuments en seraient couverts : il faudrait percer des corniches, entailler les bandeaux, les ressauts et empattements de Tarchitecture, ou bien faire dévier les tuyaux, ce qui causerait des fuites ou des engorgements; il fau* drait faire de nombreux scellements de colliers dans les murs et les contreforts, accrocher des cuvettes en métal à de la pierre.

En changeant ainsi Taspect d un édifice, on n'améliorerait même pas sa situation sous le rapport de sa conservation : car ces conduites s'engorgent nécessairement pendant les temps de dégel, et font alors couler les eaux en dehors des tuyaux, le long des murs; elles se brisent fréquemment lorsqu'une nouvelle gelée suit un dégel incomplet; elles forment, malgré la peinture dont on les couvre, un oxyde de ier qui corrode la pierre; leurs scellements la font éclater; elles occasionnent, par des fuites presque inévitables, une humidité permanente le long des murs et dans les angles où elles sont posées; elles sont d'un entretien difficile, et, enfin, les accidents fréquents auxquels elles sont sujettes sont bien plus funestes à la conservation des monuments que ne saurait l'être l'eau pure jetée par les gueulards, fouettée par le vent sur les parements, et presque aussitôt séchée par l'air. L'expérience l'a démontré : dans des monuments où des conduites en plomb avaient été posées dans le courant du xvii* siècle (et le plomb en ce cas vaut mi«ux que la fonte), les constructions étaient bien plus altérées le long; de ces conduites qu'elles ne Tétaient sous des gargouilles qui n'avaient pas cessé de fonctionner depuis six siècles.

On ne saurait donc admettre le système des tuyaux verticaux en fonte que dans certains cas particuliers, par exemple dans un monument neuf, où tout serait disposé pour que ces tuyaux fussent dirigés d'une manière convenable. Ils devraient être alors en rapport avec tout le système d'écoulement des eaux, surtout être isolés des murs, afin que l'air pût circuler à Tentour, et que, s'ils venaient à crever ou s'engorger, les fuites d'eau ne pussent causer aucun préjudice à la maçonnerie, ^architecte chargé de l'entretien des cathédrales et autres édifices anciens devra, nous le répétons, conserver partout le système primitif d^écoulement des eaux; si les pierres des chéneaux sont d'une nature poreuse, il convient de les doubler en plomb, surtout sur les points où ces chéneaux ne sont pas, par exception, à ciel ouvert, quand, par exemple, ils traversent des contreforts.

Il pourra, lorsqu'il reconstruira des arcs-boutants, doubler le dessous des rigoles qui les couronnent par des lames de plomb qui, renfermées ^ous le lit de ces rigoles, empêcheront les infiltrations sur Y extrados des claveaux de ces arcs.

L'archtteete proposera le rétablissement de lancien système lorsqu'il aura été modifié, et, dans ce cas, il en étudiera la combinaison primitive avec le pins grand soin , car elle est presque toujours intelligente et conçue avec un raffinement de précautions ; son attention doit se porter spécialement sur les points où tombent les jets lancés par les gueulards, comme, par exemple, le long des soubassements des édifices. Il proposera, sur ces points, des pavages ou dalli^s en pente, assis sur une forte couche de béton, avec caniveau ou égont de ceinture, afin que les eaux ainsi lancées ne se perdent pas, comme cela n^arrive que trop souvent 4 dans les fondations, mais soient promptement éloignées de rédifice. Il veillera à ce que les gargouilles soient en bon état, versent bien les eaux et ne s*engorgent jamais.

PRÉGAUTIOINS À PRENDRE GO?iTRE LINGENDIE.

kl. L'architecte devra s'occuper, dans les édifices qui lui sont confiés et particulièrement dans les cathédrales, de la pose des paratonnerres et de leurs conducteurs, surveiller leur entretien et s'éclairer de toutes les instructions spéciales sur ce sujet. II devra, sur les terrasses et autres lieux élevés et facilement accessibles, disposer des réservoirs se remplissant par les eaux de pluie. Dans les tours, près des combles des cathédrales, des échelles, quelques seaux à incendie, des haches, crochets, éponges et autres engins de pompiers, devraient être mis en réserve sous la sur\'eillancc des gardiens de ces édifices, afin qu'à la première alarme ils puissent élre mis à la disposition des personnes qui viennent porter des secours.

Dans les archevêchés, évéchés et séminaires, il serait nécessaire que de semblables précautions fussent prises, et les architectes sont invités à faire des' propositions particulières à cet effet.

48. Les plombiers chargés d'exécuter des réparations aux plombs des toitures, chéneaux, etc., devront être munis de fourneaux couverts, entourés d'une chemise en tôle.

L'architecte et ses agents veilleront à ce. qu'il y ait toujours, pendant le travail , un seau plein d'eau à côté de chaque fourneau. Pour faire fondre le plomb ou la soudure, l'emploi du bois sera rigoureusement interdit aux plombiers, qui ne devront employer que du charbon ou la flamme du gaz.

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