CHARPENTE
k9. Les charpentes de nos anciens édifices sont établies d'après un système qui n'est plus en usage aujourd'hui : dans les charpentes de comble anciennes, chaque chevron porte ferme; aujourd'hui, l'usage est d'établir des fermes de dis-
tance en distance, sur lesquelles on pose des pannes, et enGn les chevrons, la volige et le plomb, Tardoise ou la tuile. Ces deux systèmes produisent des résultats très difiérents : le premier a Tavantage de charger paiement les murs dans toute leur longueur et de pouvoir se poser sur des têtes de mur d*une très faible épaisseur; le second reporte le poids du comble sur certains points au droit des fermes, et, à cause de la triple épaisseur de V arbalétrier, des jumnei et des chevrons, demande, pour être convenablement assis, des points d*appui laides. Il est donc nécessaire de conserver Tancien système des charpentes de comble dans les vieux édifices élevés pour les recevoir, et de les réparer dans la même forme, le système actuel ne pouvant y être appliqué le plus souvent sans qu'il en résulte des inconvénients.
L'architecte, toutefois, remarquera que, dans les anciens combles encore conservés, il se manifeste quelquefois, par suite d'un défaut de construction primitif, un mouvement de déversement, qui, en détruisant les assemblages, a toujours pour résultat de pousser les pignons des faces en dehors. Dans ce cas, en moisant les poinçons des fermes par une suite de croix de Saint-André, qui les relient entre eux, on peut arrêter ce mouvement dangereux. Trop souvent aussi, par suite de modifications ou de réparations mal entendues, les anciennes charpentes poussent les murs des nefs en dehors. L'architecte devra s'empresser de proposer un remède efficace à ce mal; il devra s'assurer que les charpentes ne posent pas sur les voûtes, et, lorsque ces dernières dépassent, comme il arrive souvent dans des monuments du xii* siècle, le niveau des corniches, il devra proposer l'emploi de moyens destinés à remplacer le tirage des entraits, qui, dans ce cas, ne peuvent exister.