S 3. THERMES
L'examen des aqueducs se lie à celui des bains publics et particuliers, désignés chez les Romains par les noms de ihemue et balnea. Les thermes, si multipliés dans l'antiquité, et dont les Gaules ont conservé de nombreuses ruines, s'élevèrent auprès des sources thermales, dans l'enceinte des grandes villes et quelquefois extra maros. Lorsque la ligne des canaux d'aqueduc aura dirigé les études vers les ruines que la tradition ou les dispositions elles-mêmes pourront faire considérer comme appartenant à un édifice consacré aux bains, un plan général. sera levé; on y indiquera les arrivées des eaux avant leur emploi , et les aqueducs de dégagement lorsque, par l'usage des bains , elles étaient mises hors de service.
Un réservoir étant nécessaire pour réunir ces eaux avant leur arrivée aux piscines ou grands bassins, de même qu'aux bains particuliers, on en cher^ chera les traces en amont du cours d'eau. Toutes les directions que devaient suivre les tuyaux de distribution , soit vers l'hypocauste ou fourneau destiné h chauffer les bains , soit aux baignoires avant et après l'usage , seront étudiées de manière à bien expliquer les fonctions de chaque conduit.
Si des souterraios destines à servir de magasins aux combustibles, de salles de service, d*hypocauste pour chauffer les bains, etc., se rencontrent dans les raines de Tédifice, ils seront lobjet de plans particidiers ; les divers niveaux des salies, leurs usages respectifs, tels que bains froids, bains tièdes, étuves, etc., seront expliqués au plan; leur forme et la place qu*elles occupent dans rétablissement guideront pour ces désignalions.
Si quelques traces de mosaïques ou de décorations intérieures, telles que peintures , stucs, marbres incrustés, se rencontrent dans les ruines, elles seront recueillies et dessinées avec précision, en couleurs et dans le caractère de l'antiquité.
Lorientation du plan est nécessaire comme vérification de plusieurs préceptes de Vitnive relatifs aux bains. Des coupes sur chaque salle indiqueront sa forme et sa construction.
$ 4. PRETOIRES.
Les capitales de province doivent seules renfermer les restes de palais impériaux ou de prétoires; ces grands édifices, qui ne reçurent les souverains que pendant leurs voyages dans les Gaules, furent plus spécialement réservés aux chefs qui commandaient Toccupation.
Cette considération doit les faire envisager sous le point de vue militaire autant que sous laspect civil : remplacement qu*ils occupèrent fut donc ordinairement choisi de manière à dominer le pays, à tenir les'routes stra* tégiques sous la dépendance du préfet, à relier avec les camps d'occupation toute la ligne militaire.
Lorsque ces conditions de localités seront reconnues dans les ruines d'un grand édifice que les traditions pourront indiquer comme un prétoire, le relevé du plan y fera distinguer les grandes salles d'audience, un tribunal et de vastes habitations. Près de cet édifice les nivellements de terrain pourront indiquer la surface dune place publique ou forant, convenable à la réunion dune partie de l'armée et de la population. On devra, par un examen scrupuleux de l'enceinte, s'assurer des relations qui pouvaient être établies cotre le palais prétorien et les murailles de la ville ; la même étude s'appliquera aux portes placées sur la voie militaire.
Les plans, coupes et façades indiqueront exactement l'état actuel de f édifice; les détails de construction qui pourraient offrir de l'intérêt seront signalés aux dessins et dans les descriptions.