C. LA NSr PRIXGIPALE
Cette pertion de Tédifice, dont le plan est, dans l'Oise latine, un parallélogramme plus ou moins allongé, en forme, pour ainsi dire, le noyau central, sur lequel viennent s'appuyer toutes les constructions accessoires. Cest aussi ordinairement la plus élevée, au moins dans la distribution romane (car U en a été souvent autrement depuis l'introduction de l'ogive), et celle qui, depuis un grand nombre de siècles, reçoit la masse des fidèles, auparavant placée h droite et à gauche dans les collatéraux, de mam'ère à laisser la nef principale complètement libre.
^) tCe mot a soaveat, mais abusivement, été employé pom* désigner Tespace circonscrit par la ddtiire à lagnefle doit rester exclusivement réservé le nom de chanoeL ■
ii:. i3
D. LBS COLLATÉRAUX.
Les collatéraux, nefs secondaires ou bas côtés, sont deux portions de f église parallèles à la nef principale , sur laquelle elles s*appuient, et dont elles ne sont séparées que par des piliers ou colonnes. Dans la basilique latine ils se terminaient brusquement, à leur point de jonction avec la nais-
Saint-Germaîn-dat-Prés.
Notre-Dame de Paria.
sance de fabside, par un mur transversal. Dans les basiliques chrétiennes ces deux murs ont le plus souvent fait place à des absides secondaires, destinées primitivement à recevoir, Tune le trésor de Téglise, et l'autre sa
saaisde. Le zn'siède, en lespndongeantaudelàdusanctnure, oà ilsprea- Dent le nom de pourtour du cbœur, y a ajouté une série de chapelles correspondantes k chacune de ses travées.
Pins tard cette ceinture de chapelles se prolongea au deU des transepts, jusqu'à l'autre extrémité de la nef.
Les collatéraux, quelquefois doubles dans les grands
édifices, c'est-à-dire partagés en deux, dans le sens de
leur longueur, par un rang de piliers ou de colonnes
Smit-Jun deBetu¥ui. intermédiaires, y sont souvent aussi pourvus de galeries
supérieures, qui eu doublent l'étendue.
Ils manquent dans les chapelles et dans la plupart des églises de petite
dimension.
E. LBS TRAKBBPT8.
Les transepts, construction transversale i la nef et aux collatéraux, comme l'indique son nom , et placée aux deux cdtés de leur extrémité voisine du chœur, existent d'une manière plus ou moins marquée dans quelques basiliques primitives. Us furent de très bonne heure adoptés et développés par les architectes chrétiens, auxquels ils fournissaient l'occasion d'imprimer à leurs édifices un caractère particulier de consécration religieuse , en leur donnant la forme d'une croix. C'est ce qui les a fait appeler en France la croisée ou les avisant
t^-^SÎW\^ ^H il ^^ i'éf^e.
^rWaH t ElH 11 Après les collatéraux, ce sont eux qui ont reçu les premiers autds secondaires introduits dans nos temples, dont la disposition et le rit primitif n'en comportaient qu'un. Souvent même leurs absides sont mieux caracté. risées et de [dus grande dimension que celles des collatéraux, destinées, dans l'origine, à un autre service, comme nous l'avons dit.
Les transepts manquent dans les chapelles et souvent dans les petites
ÉgUie da
^ises. Ils sont répétés deux fois dans quelques grands édifices, de manière à ce que le plan figure une sorte de croix de Lorraine ou arcbîépiseopale.
OOtS Dl LORBUHI.
non aHBCQVR.
On dit qu'une église est en forme de croix grecque, lorsque la nef, les transepts et le chœur sont de même dimension ; et qu'elle représente une croix latine, lorsque la nef est plus longue, conformément i l'usage le plus habituel.
ciion unn mBiiTiub.
Quelquefois cette croix est renversée; le croisillon le plus long étant celvt qui se trouve occupé par le chœur.
F. LBS POKTAILS.
B n'y avait, dans les églises primitives, qu'uae seule entrée, donnant sur tatriam. Cette entrée est aujourd'hui représentée par le grand portail, ordinairement dirigé vers le couchant; mais quelquefois, ainsi que le porche, reporté au bas de l'un des collatéraux , surtout dans la plupart des églises & contre-absides, dont nous allons parler.
Portaifl de Notre-Dama , k Poîiien.
Outre ce portail principal , portion de l'édifice 06 les arts du moyra âge ont souvent déployé le plus de magnificence , il est rare qu'on n'en rencontre pas d'autres, et particulièrement sur la face extérieure des transepts. Ces entrées de l'église, étant d'une grande importance sous le rapport de l'ornementation, seront décrites avec beaucoup de soin et de détails, et fon devra , entre autres circonstances , examiner si elles font partie du plan de la masse de l'église, ou si elles lui sont, soit postérieures, soit même antérieures, comme cela arrive quelquefois.
G. LE POHCBE.
Le porche est cette portion de Tédifice, ordinairement extérieure, qui était destinée, suivant les rites de la primitive Église , à mettre à iabri des injures de Tair, mais en dehors de l'assemblée des fidèles, les catéchumènes et les pénitents. Ces rites ayant été abandonnés depuis un grand nombre de siècles, leur suppression a entraîné, à une plus ou moins longue distance, suivant les localités, celle de la distribution qui y correspondait. La présence du porche est donc un 3igne notable d'ancienneté et de fidélité à la liturgie primitive, qui doit le faire signaler et décrire avec une attention particulière toutes les fois qui! a été construit dans cette intention. Mais il faut soigneusement distinguer ce porche normal des diverses constructions , tant intérieures qu'extérieures, qui ont été confondues avec lui sous' la même dénomination , savoir :
A l'intérieiur :
Le porche en forme de coupole, imitation de l'égUse du Saint-Sépulcre, placé à l'entrée de qudques-unes de nos églises romanes;
Le Temple, à Paris.
Le porche accidentel formé par la base d'un clocher placé sur le milieu du portail,
Sainte-IUdegonde, à Poitiers.
oa féfulteuDit die f étranglement que produisent, dans le plan de ce même portail» les bases de deux clochers latéraux,
MoDjréal (Sicile).
on enfio produit par le retrait des portes en arrière de la masse du portail.
Cathédrale de Reims.
A Vextérieur :
Le porche-péristyle, imitation, aussi complète que Ta comporté la capacité des constructeurs, du péristyle antique, non seulement dans sa masse, mais encore dans ses moindres détails de disposition et d'ornementation.
Saint-Vincent, à Rome.
On y trouve quelquefois les traces de l'emploi de rideaux, destinés à préserrer les assistants du soleil et de la pluie.
Le porche-tribunal, ordinairement supporté sur deux colonnes, dans la décoration desquelles il entre presque toujours des figures de lions.
On sait qu'au moyen âge c était à la porte de T^lise que se rendait sou- Yentla justice, et que saccomplissaient certains actes authentiques, ainsi que le rappellent les formules inter leones et d la porte da moatier. Quelquefois
— loi —
ce porcbe-tribunal , au lieu d'élre appuyé sur le portail , l'est sur le porche religieux, et constitue alors un véritable avant>porche;
Suinl'ZéiMn, k Vérone.
Le porche militaire, construit en avant du portail pour en défendre an besoin l'entrée, est ordinairement couronné de m&chîcoulis ou de créneaux.
rOBCIIB MILITA IRI.
Il se réduit quelquefois, à l'exemple des moacharabis orientaux, & une simple saHlie des étages supérieurs, supportée par des mâchicoulis.
Le porche de décoration, souvent fort orné et fort saillant, ajouté, en avant du portail principal, ou même de quelqu'une des portes latérales ,
dans un simple but d'ornementation , ordinairement après coup et h une époque peu ancienne, lorsque la tradition du porche primitif était depuis longtemps perdue.
Enfin leporcbe-auvent, constructiou légère placée en avant de l'une des entrées de l'église pour la défendre des injures de Fair.
On trouve souvent, sur les bords du Rhin, et plus rarement en France, des églises dans lesqudles le porche est remplacé par une ou trois contreabsides. Dans ce dernier cas, les deux latérales servent ordinairement de
passage. La principale est occupée , tantôt par un autel où Ton o^cie quelquefois , tantôt par un chœur de chantres, mais plus souvent par les fonts baptismaux.
Cathédrale de Trêves.
On sait que le baptistère , primitivement place au milieu de Yatrium ou parvis, a été reporté, à Tépoque de la suppression de cet atriam, dans Tintérieur de Téglise, où il a occupé divers emplacements (le plus souvent & gauche), et pris plusieurs formes, quelquefois même celle d'un petit édifice complet inséré dans le grand.
H. — LES GLOCnERS.
Les dochers, dont le nom indique sufl&samment la destination, sont encore une adjonction faite par le christianisme au plan de la basilique romaine, pour y placer les instruments au moyen desqueb sintroduisit , à une époque très reculée, lusage d appeler les fidèles à la prière. Les plus anciens que Ton connaisse sont des tours rondes , isolées de Téglise , comme on a souvent continué de les placer en Italie , et beaucoup plus rarement en France. Par la suite les clochers remplirent en même temps une autre destination, celle d annoncer, du plus loin possible, au voyageur, remplacement de Téglise. Cest pour satisfaire plus complètement à ce dernier service , aussi bien que par des motifs de décoration et de magnificence , qu'ils ont été élevés quelquefois jusqu'à des hauteurs prodigieuses. En France, dans les plus anciennes égibes, le clocher principal couronne ordinairement
Je centre de l'édifice, au point de jonction de la nef, des transepts et da chœur.
Clodter de Notre-Dame, k Dijon.
Dans les grandes ^jlûes épisoopales ou abbatiales, on en compte quelqaefois jusqu'à sept ou huit, mais ordinairement trois, savoir : un principal, au centre de la croisée, et deux secondaires, aux côtés du grand portail. Ceux-ci rappdlent, par leur position, et souvent par l'infériorité de leurs proportions, les clochetons dont était flanquée primitiTemeut la façade extérieure de ïatriam.