‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 48 sur 196 · A. L*ABSIDB, CHEVET OU SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

A. L*ABSIDB, CHEVET OU SANCTUAIRE

Dans les églises des xi* et xn* siècles, comme dans la basilique romaine, le fond de l'édifice est occupé par une abside ou tribune ^^^ semi-<^irculaire , et se rattachant à la construction principale par une voûte en cul-de-four, surmontée d'un toit presque toujours plus bas que celui du chœur, tandis que son sol était, au contraire, plus élevé. Au centre, ou en avant de cette

^^ «Ce dernier mot, qae nous avons appli({aé, en France, à d'antres portions de la distribntion mlérienre de Të^ise, est Texpression propre qne les Italiens ont conservée. L'abside de la basilique étant, en eflet, remplacement où siégeait le tribunal, il est tout natorel qu'elle ait pris et conservé le nom de tribune. Le mot abside, ét^h, signifie en grec une voûte, et ne devrait, dans une tennin<^gie rigoorease, s'appliquer quà la portion voûtée de la construction que nous examinons. Cette 'portion de l'abside a été désignée, dans qudques écrits des xn* et xm* sièdes, sous le nom de eoiffê. C'était la seule voûte qui existftt dans la basilique primitive. >

abside, était ordinairement placé Tautel, et, tout au fond, le fauteuil de févéque, de fabbé ou du curé, ayant les prêtres assis à sa droite et à sa gauche, sur un hémicycle attenant à la muraille, et les diacres debout aux deux côtés de Fautel , tous la face tournée vers le peuple%

Nous avons dit que le pian de Tabside était semi-circulaire; néanmoins on en connaît de fort anciennes dans lesquelles il est triangulaire, carré ou formé d'un plus grand nombre de pans, au moins à Textérieur.

Originairement celte partie de Tédifice n était percée d aucune fenêtre; mais, depuis une époque fort reculée, Tusage s'était introduit dy en pratiquer une ou plusieurs (ordinairement en nombre impair).

De très bonne heure aussi on construisit, surtout dans les campagnes,

des églises sans abside et à chevet plat, où le clergé officiant a nécessairement toujours été placé la figure tournée vers forient.

On connaît d'ailleurs dos absides fort antiques dans lesquelles Tautel primitif doit également avoir toujours été adossé à la muraille. Néanmoins cette situation du clergé, qui parait avoir été alors purement accidentelle , ne devint générale que lorsque le nouveau système de distribution que nous avons signalé ci-dessus, en ceignant le sanctuaire du prolongement des collatéraux et d'une série complète de chapelles , lui imprima la forme et l'emploi qu'il a conservés jusqu'à nos jours , et qui ne lui laissent plus d'autres caractères de son ancienne destination que la présence de i'autel et la célébration du service divin.

Dans les églises abbatiales , et surtout dans les monastères de femmes » le haut chœur est souvent placé derrière Tautel.

B. LE CHCBUR*

Le chœur, originairement situé au haut de la nef« est, dans les églises romanes et gothiques , la portion de l'édiBce intermédiaire entre Tabside ou le sanctuaire et l'intersection des transepts avec la nef principale. Sa destination primitive était uniquement de recevoir les chantres et ces officiers inférieurs du culte que nous appelons aujourd'hui le bas chœur. Dans les églises des xi* et xn* siècles, on remarque que son toit, plus élevé que celui de Tabside, Test ordinairement moins que celui de la nef principale. A f intérieur, la dôture qui ferme son enceinte, et qui était d abord formée d'imbrications à jour, en pierre, lui a fait donner, au moyen âge, le nom de chancel ^^\ Sa forme et ses dimensions ont subi d'importants changements depuis que, par l'effet de la révolution signalée ci-dessus, il a été appelé à recevoir tout le clei^é.

Du côté de la nef le chœur se termine, dans les cathédrales, les grandes abbayes, et même quelques églises paroissiales, par le jubé, tribune où l'évangile est lu aux fêtes solennelles, et qui remplace les ambons du rit primitif. La création de cette tribune, qui ne remonte pas à une haute antiquité, a eu pour but d'aflranchir la lecture de l'évangile du mystère dont étaient entourées les autres cérémonies du service divin par la clôture du chceur.

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