ARCADES
soutenue par deux des supports que nous venons de mentionner, ou par deux consoles.
Dans le cas où cest une série d arcades (arcature) qui repose ainsi sur de simples consoles, elle devient un couronnement. (Voyez ci-après D, p. i3o.)
Ailleurs des arcades ainsi soutenues par de simples consoles alternent avec d*autres, qui reposent sur lun des supports que nous venons de citer, ou sur im simple ressaut de la muraille.
On rencontre fréquemment aussi, mais plus à Tintérieur qu*à lextérieur, si ce n'est pourtant dans les baies des clochers, deux arcades secondaires
inscrites dans une arcade principale de courbe semblable ou différente , et soutenues par une colonne centrale; au-dessus de cette colonne se trouve ordinairement un œil-de-bœuf, destiné à alléger le plein de larcade, et le plus souvent de forme circulaire et rayonnante.
Le contour de cet œil-de-bœuf est tantôt uni, tantôt découpé en lobes, d abord au nombre de trois ou quatre, puis se multipliant de plus en plus. G est là Torigine de ces quatre-feuilles et de ces trèfles que nous veiTons figurer si souvent en creux et comme taillés à f emporte-pièce, au bord des parties pleines, dans les églises gothiques.
L'œil-debœuf et ses variétés se trouvent encore employés , soit des deux
côtés d*ime arcade ornée , soit isolés comme cekii dont nous venons de parier, au-dessus de chaque colonne d une arcature.
Outre les séries de colonnes et d*arcades, on en rencontre en entrelacements. Il faut alors, non seulement les signaler, mais encore rendre compte avec un soin particulier, et autant que possible fournir un dessin exact, sur une échelle étendue, des courbes principales et de celles qui résultent de leurs intersections.
La colonne et Tamortissement méritent chacun un examen particulier et approfondi.
A. La colonne se distiiigue du piliw par la présence d'un chapiteau et ordinairement d'une base.
Cependant il eûste un genre de support intermédiaire : la colonne-pilier, toujours remarquable par sa pesanteur, et qui n'est munie à son sommet que d'un cordon et d'un tailloir, ou de l'un des deux seulement.
La colonne est complète lorsqu'elle se compose d'une base, d'un fàt et d'un chapiteau; incomplète lorsqu'elle manque, soit de base (qudquefois avec une portion du fût], soit de chapiteau.
Dans le cas où ce sont la base et une portion du fut qui manquent, ce qui existe peut être désigné sous le nom de demi-colonne et repose, soit sur une console, soit sur une simple retra'ite des tambotu^ inférieurs; quelquefois aussi ces derniers manquent complètement. Quand on rencontrera des ùiib de ce genre, on devra examiner s'ils tiennent à la construction primitive ou s'ils sont le produit d'un remaniement postérieur, ayant pour but de
donner du jotu'ou de l'espace, comme cela arrive le plus communément. La colonne peut être simple ou composée.
Elle peut être ronde'-, munie d'une arête mousse* on aiguê*^; elliptique'*;
carrée' (et alors elle prend le nom de pied-droit); rectangulaire et engagée dans la muraille (et alors ^e s'appelle pilastre']; ou prismatique''.
Sa base peut reposer immédiatement sur le so) ou être portée sur un socle et entourée d'une plinthe.
Cette base peut être formée ou décorée, soit de figures humaines, soit de représentations d'animaux et en particulier de lions (surtout dans les portaib ou les porches), soit d'ornements courants.
Elle peut encore être munie ou non d'appendices en forme de pattes ou de feuilles aux quatre angles du socle.
Considéré sous le rapport de sa forme, le fût peut 011*6 fusdë*, renflé', en balustre°, cylindrique" ou coiiique'.
Sous le rapport de sa disposition, il peut être simple', rroisé', entrelacé", brisé°, noué' ou annelé à divers points de sa hauteur'.
Soas le rapport de sa surface, il peut être lisse, cannelé avec ou sans rudentures\ verticalement, horizontidemeot ou eu spirale*; losaDgé^ strié , gaufré", chevronné', contre chevronné', tordu, rubanné, imbriqué' et contre imbriqué, mttë gndronnt!".
Iretté, chaf]gé d'enroulements, dentrdacs, d'animaux ou de personnages rampant autour de lui , ou d'une figure humaine engagée ; il peut même être remplacé par cette figure.
Quoique les colonnes romane et gothique ne soient pas assujetties à des proportions rigoureuses, on devra toujours indiquer le rapport du diamètre du fàl ou de ses diverses parties, s'il n'est pas cylindrique, avec sa longueur.
Dans certaines contrées du royaume où l'architecture antique n'a jamais été complètement perdue de vue, On trouve la colonne corinthienne plus ou moins exactement reproduite par les artistes du moyen âge. Souvent, au lieu du type classique, ils en ont adopté constamment la variété qu'ils avaient plus particulièrement sous les yeux dans les monuments du pays, de manière à former ainsi de petites écoles locales, reconnaissables à ce caractère. C'^st par une circonstance de ce genre que le pied-droit et le pilastre cannelés avec rudentures dominent exclusivement dans les églises de Vienne et de tout le territoire d'Autnn.
Partout ailleurs même, excepté quelques exemples très rares de formes ioniques ou doriques, le chapiteau du moyen âge se compose ordinairement d'une corheille et d'un tailloir, de manière k rappeler d'une manière plus ou moins fidèle les formes corinthiennes ou composites de l'archîtecture antique.
La corbeille peut être cylindrique* ', cuhique*^ °, conique' (en cône tronqué
et renversé), cordée' (en cœur), pyramidale" (en pyramide tronquée et
reiiTersée], uFCéolëe' (resserrée us peu au-dessoiu de son sommet), can panulée' (en forme de cloche), infuDdibuliforme' (préseataot la forme d'o
eotonuoir ou d'uoe corbeille proprement dite , à bords plus ou moins érasés] ; godronnëe"", scaphoïde".
La décoration du cbapiteau peut appartenir à la pnnture ou à la sculpture, ou, comme cela arrive souvent, à l'une et à l'autre à la f(HS. Quand il est resté lisse, cette circonstance indique quelquefois que l'on a eu l'intention d'y employer la peinture exclusivement.
Il faut distinguer ce chapiteau de celui qui a été gratté après coup, aussi bien que de celui qui n'est qu'épannelé, c'est-à-dire où les masses d'ornement ont été réservées dans l'attente d'un travail [de ciseau qui n'aura pas eu lieu.
On rencontre encore des chapiteaux où l'omementatioa de sculpture, qudquefois la plus-délicate, a été recouverte de plâtre pour faire place & des peintures.
C'est ordinairement au xiti* siècle qu'a eu lieu cette substitution de la couleur & la forme.
En général, tontes les fois qu'on trouvera du plâtre ou du badigeon sur
ua point susceptible de décoration, on devra s'ataurer de ce qui peut eiister dessous.
Quand l'ornement de la corbeille appartiendra A la scolpture, outre les caractères provenant de son exécution plus ou moins délicate, plus ou moins fouillée, il sera nécessaire d'examiner si cet ornement se détache en plein relief de sa surface , s'il y est engagé ou s'il est pris â même sa masse, de manière que son contour y soit évidé en creux.
Cet ornement peut se composer d'objets empruntés à la figure humaine, au règne animal, au règne végétal, â l'économie domestique, la parure, la broderie, la passementerie, la sparterïe, etc.
La figure humaine paraît s'être introduite dans cette partie de la colonne par la substitution d'un personnage complet au masque antique qui forme quelquefois le fleuron du chapiteau corinthien.
OUPITEADI.
Elle y présente quelquefois des scènes historiques ou religieuses, avec ou sans inscriptions explicatives, et alors on dit que le chapiteau est historié.
Il est symbolique, quand les figures, avec ou sans mélange d'animaux.
annoncent une intention symbolique , soit qu'on ait réussi ou non à en saisir le sens.
Enfin la composition peut être purement de caprice, quand ces figures sont groupées dans une simple combinaison de fantaisie ou d'ornementation.
Toutes les fois que des démons se rencontreront parmi ces personnages, on devra indiquer s'ils sont figurés avec des masques sur le visage ou d'autres parties du corps; sous la forme de Pans, avec un visage humain barbu, des cornes et des pieds de bouc ; ou enfin sous une forme purement animale ou monstrueuse.
Dans les églises romanes, les personnages ou les groupes sont souvent destinés , surtout à l'eitérieur, k montrer les vices et les crimes dans toute ta difformité de leur physionomie et de leurs actes, ou bien déjà soumis aux cbâtiments que leur infligeait la théodicée bizarre et raffinée du moyen âge. Lors même que ces figures offensent la pudeur, on y reconnaît, sinon toujours une intention sérieuse et morale, au moins ordinairement l'absence de cet esprit hostile contre les minisires du culte, dont l'aflâiblissemenl du sentiment religieux amena si souvent la manifestation , quelques siècles plus tard , dans la décoration des églises.
Quand l'ornement des chapiteaux appartient au règne animal , il faut distinguer soigneusement si les animaux représentés sont indigènes, exotiques, monstrueux ou fantastiques. Dans les deux premiers cas, on devra citer les espèces, toutes les fois qu'elles, pourront être reconnues avec quelqua certitude. Dans le troisième, on devra également signaler celles qui seront entrées dans la composition des monstres, lorsqu'elles seront suffisamment caracté-
risées. Les aDÏmaux exotîqaes sont onliDairemeot empruntés à l'Orient'' et il est rare que les animaux fantastiques ne proviennent pas aussi de quelque tradition mythologique, superstitieuse ou &buleuse de l'Orient.
Quelquefoista corbeille ou même le chapiteau entier sontremplacés par une figure d'homme ou d'animal , supportant te tailloir, l'archivolte ou l'imposte.
Les objets appartenant au règne végéta qui figurent le plus souvent sur les chapiteaux sont les feuilles, les fleurs et les fruits. Les'premiires feuilles qu'on y rencontre sont la Teuille d'eau , imitée de l'antique ;
puis les palmettes, la feuille bordée de perles, et d'autres types appartenant, soit à la flore , soit à la décoration orientale.
C'est au xiti* siècle que coinmence à s'y introduire i'imîtatîoD des feuilles indigènes. Les premières en date sont souvent dîgitées, palmées ou ternëes * on reconnaît celles de lierre*, de vigne viei^e", de vigne*^, de quintefeuille'*.
de nénuphar, de bouton d'or (ranancaliu aeris), de chêne*, de fraisier, de
roseaux; puis les formes incisées, laciniées, lyrées, runcinées, lobées, sinuées, frisées, pinnati&des; la mauve frisée, le chou', le chardon, le houx, la chicorée. Ici encore on devra signaler toutes les espèces que l'on pourra distinguer avec quelque certitude, et toutes les formes que la nomenclature de la botanique per- ■' mettra d'indiquer avec précision. Les observateurs
étrangers à l'étude de l'hisloire naturdie pourront consulter à ce sujet quelque médecin ou quelque pharmacien du lieu.
Un chapiteau très gracieux, qui se rencontre souvent dans le midi de la France, consiste en une longue feuille, repliée à plusieurs reprises en boule sur elle-même.
Parmi tes fleurs, nous citerons la rose, employée avec prédilection dans les églises placées sous l'invocation de la Vierge;
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parmi les fruits, les raisins et la pomme de pin; panni les objets empruntés à la toOette , les perles et les godrons.
Le chapiteau de petite dimension conserve ordinairement ses quatre cornes très visibles jusqu à la fm du xni* siècle; il devient, au xiV, inFundibuliforme (en entonnoir), orné de deux rangs de feuilles, dont Tinférieur se détache quelquefois au point de le faire paraître double; au xv*, il raccourcit de plus en plus jusqu'à ce quil s'efface complètement, et puis soit remplacé, au xvi*, par le retour aux types classiques. La colonne et le chapiteau de grande dimension ne suivent pas exactement les mêmes phases. Après s'être montrés, au xi* siècle, avec une corbeille chargée de quelques fleurons simples et d'une exécution pesante, ils présentent, au xii% sinon une grande pureté de formes et de proportions, au moins fort souvent un goût exquis dans le choix et l'exécution de l'ornementation de la corbeille. Dès cette époque on les trouve souvent employés
dans une portion de l'église pour faire contraste avec celle qui porte sur des piliers composés. Au xm* siècle, il y a déjà un déclin sensible dans la décoration de la corbeille, le plus souvent cylindrique et hérissée de ces développements végétaux en crosse auxquels on a abusivement donné jusqu'ici le nom de crochet.
Au XIV*, elle raccourcit et présente deux étages de feuilles frisées sous un tailloir qui a passé de la forme carrée à l'octogone. Au xv*, ce tailloir s'arrondit sur une corbeille de plus en plus chétive et méconnaissable, jusqu'à ce que l'une et l'autre finissent par disparaître entièrement.
Le tailloir ne doit pas être examiné avec moins de soin que la corbeille.
A ce que nous venons de dire des diverses formes successivement imprimées à son contour, nous devons ajouter qu'avant l'époque où il affecte la forme carrée, ce contour se compose de quatre faces concaves , soit que la concavité résulte d'une courbe ou de lignes droites brisées.
Il sera indispensable de tenir compte de sa proportion, du profil verti-
TAILLOIB.
cal ou eo retraite de sa tranche, des diverses pièces dont il est quelquefois formé, des inscriptions qu'il peut poret enfin de son ornementation, souvent assez compliquée.
Dans les combinaisons que les colonnes préseateot deux i deux, elles peuvent être doublées (l'une derrière l'autre], accouplées (placées de front) ou en retraite (diagonalement l'une par rapport à l'autre).
Quelquefois ces groupes de colonnes supportent en commun un véritable entablement.
1. Amortâsement. — L'amortissement peut être rectiligne ou curviligne. L'amortissement rectiligne peut être en mitre ou en encorbellement.
L'amortissement curviligne est, comme nous l'avons déjà dît, l'arcade.
2. Arcade. — L'arcade peut être simple ou composée. Dans ce dernier cas, elle est ordinairement trilobée (formée de trois lobes ou divisions distinctes) ; elle peut encore être complète ou incomplète , c'est-à-dire dépourvue de tout ou partie de l'un de ses côtés; l'arcade incomplète se rencontre surtout dans les collatéraux et les arcs-boutants; elle prend le nom d'arc rampant.
L'arcade romane est celle qui est engendrée par un seul arc de cerde;
l'arcade gothique résulte de deux arcs.au moins, formant un angle à leur sommet.
On doit distinguer quatre espèces d'arcades simples appartenant à l'arehit(>cture romane , savoir :
I* L'arcade romane surbaissée, formée d'un are moindre que le demicercle ;
7* L'arcade semi-circulaire ou k plein cintre, dont le nom indique suffisamment la forme, 'et qui est le type habituel dans l'architecture qu'die caractérise ;
3* L'arcade romane en fer à cheval , formée d'un arc dont la courbure se prolonge au detè du demi-crrc'c;
&.' L'arcade romane surhaussée , formée d'un arc semi-circulaire , dont les côtés se prolongent parallèleraent au-dessous de son centre.
et , enfin , uneseute espèce d'arcade composée , savoirl'arcade trilobée romane.
Quelquefois les deux premières de ces arcades, et la troisième, qui est d'origine byzantine, sont employées concuiremment dès le xi' siècle; la quatrième appartient plus particulièrement au^iti*, et se rencontre surtout dans les chevets et autres portions de l'église où. les supports sont accidentellement rapprochés; la cinquième est aussi ancienne que les trots premières.
L'arcade gothique simple peut présenter jusqu'à sept formes différentes, dont les cinq premières existent dès le xn° sîëde, et les deux dernières au XV* seulement.
La première de toutes en date offre ce qu'on peut appeler un plein
cintre brisé : c'est l'arcade gothique évasée, dont les arcs ont leurs centres
placés en dedans de son contour, et qudquefois si près l'un de l'autre, qu'il faut l'examiner avec beaucoup d'attention pour aperceroir la brisure presque insensible qui la distingue du plein cintre roman.
Immédiatement après on trouve l'arcade gothique aiguë, dont les arcs ont leurs centres en dehors de son contour;
puis l'arcade à tiers-point, dont les centres, placés à ses deux extrémités inférieures, fonueot un triangle équilatéral avec le point d'intersection;
l'arcade lancéolée, formée de deux arcs, dont la courbure se prolonge ju»* qu'au-dessous de la ligne des centres;
et , enfin , l'arcade gothique surhaussée, dont les arcs dépassent, comme ceux
de la précédente , la ligne des centres , mais en prenanlune direction pandlèJe.
Les deux formes particulières au xv* siècle sont : l'accade gothique prolongée, dont les arcs s'étendent aussi au delà de la ligne des centres, mais en prenant une courbe difTérente et beaucoup plus longue; et l'arcade gothique surbaissée, dont les arcs ne descendent pas jusqu'à la ligne des centres.
L'arcade tiîlobée quitte en mSme temps que l'arcade simple, c'est-à-dire auxii*siède, la courbe semi-circulaire , pour prendre la courbe gothique. On la trouve souvent inscrite dans une arcade romane; puis, plus tard, dans une arcade gothique; pub, enlia, contournée et dénaturée dans les lignes flamboyantes du xv* siècle. C'est à une époque postérieure au xii* siècle que s'introduit l'arcade i contre-courbure, formée de deux arcs convexes placés au-dessous de la ligne des centres;
puis l'arcade en trion , formée de quatre arcs, dont les deux supérieurs sont à contre-courbures coœmeles précédents, el les inférieui s à courbure ordioaire ,
et l'arcade en doucine, fonoée pareillement de quatre arcs, mais dont les supérieurs sont au contraire concaves, k sommet brisé ou arrondi, et les inférieurs convexes. Ces deux dernières formes n'ont été employées en grand qu'au sv* siècle.
11 en est de même de l'arcade en anse de panier, formée d'un arc très surbaissé, flanqué d'arcs d'un rayon beaucoup plus court à ses deux extré-. mités, qui, dans les constructions supérieures au sol, ne parut guère avant cette époque.
Il ne faut pas la confondre avec )
baie rectangulaire ou carrée à angles arrondis en arc, qui n'en dîfi%re qu'en ce point que ses arcs laléraux sont réunis par un linteau ou platebande rcctiligne, au lieu de l'être par un arc sur-
L arcade en anse de panier normale offre pour courbe génératrice l'ellipse prise dans le sens de son grand diamètre.
A partir de la Renaissance, l'arcade est toujours ou surbaissée, ou semicirculaire, ou semi-elliptique.
Les claveaux de l'arcade peuvent présenter, soit une alternance de couleurs, soit une alternance de saillie;
leur coupe, leur combinaison, l'épaisseur et le profil de leurs joints sont encore dignes d'examen. Dans certaines contrées on les trouve souvent disposés sur deOx rangs engrenés; leur intrados peut être découpé plus ou moins profondément.
soit en deots de scie aiguës ou mousses, soit en lobes arrondis, ou encontre* lobes.
Au XV* siècle, il se prolonge en légères contre-arcatures découpées h jour.
D'abord simple et plat dans l'arcade golliiquc, comme dans l'arcade romane, il se décore, soit d'un ressaut, soit d'un tore ou boudin; celuici se subdivise ensuite en plusieurs cordons ou nervures ordinairement places en retraite, d'abord toujours saillants, puis bientôt poussas eu creux en même temps qu'en relief à mesure que le support se complique lui-même.
Ces nervures prennent une première arèle, tantôt mousse et tantôt aiguë, puis plusieurs; enfin, à l'époque de la suppression du chapiteau.
^es desceadent jusqu'à terre, ou viennent mourir sur ies tambours du support.
3. Archivolte. — L'archivolte est la décoration dont î'arcade est bordëej elle peut être simple ou multiple, et, dans ce dernier cas, les archivoltes secondaires dont elle se compose sont {Aacées en retraite sur un pareil nombre de cintres. li faudra remarquer si cette retraite a lieu par ressauts réguliers et égaux, pris k même le plein de ta muraille.
L'archivolte repose toujours sur le tailloir du chapiteau, sur une imposte, sur un. entablement ou sur une console.
L'ornementation de l'archivolte commence, dans le Nord, par le tore simple*, tordu', ondulé^ guiv^é^ chevronné", contre-chevronné' ou rompu".
let méandras', les fleurons détachés', les pointes de diamant', les têtes de
en relief, dont il est plus facile de donner l'idée au moyen d'un croquis
que de les assujettir k une classification complète et méthodique. Au xn* a de, arrivent les enroulements*, les entrelacs'.
les rinceaux, les dessins courants, les feuillages, que le xni* porte à toute leur perfection ; c'est lui qui commence k chercher les modèles de ces derniers dans la Bore indigène , aussi bien qu'i border l'archivolte de trèfles et quatre-feuilles en creux , et k orner son contour extérieur de crosses et autres expansions végétales. Au xiv*. elle participe à la sécheresse et k t'uniformitë de l'omemenlation générale aussi bien qu'à sa nature purement indigène. Au XT* siècle, toutes les formes végétales riches et compliquées que nous avons indiquées ci-desaus, à l'article du chapiteau, comme caractérisant cette époque, appartiennent encore davantage k l'arcade, et viennent se développer par groupes ou isolément dans sa masse, dans les épanouissements latéraux dont ^e est bordée,
dans le fleuron qui la couronne, et, enfin, dans les pignons plus ou moins aigus et flamboyants qui la circonscrivent, jusquà ce que la Renaissance Tienne proscrire tout ce luxe de végétation pour y substituer les moulures empruntées à l'architecture antique.
D. On n'observe de véritable entabiemenl, au moyen âge, que dans ces
monuments du midi de la France dont les constructeurs n'ont jamais entièrement perdu le souvenir des types classiques; encore la mauvaise pro* portion des profils et l'oubli de quelque partie importante trahissent-ils toujours le peu de savoir et d^habileté de l'imitateur.
Nous ne pensons pas que les saillies correspondantes du sonunet de la muraille, dans les édifices romans et gothiques, puissent être sans inconvénient réunies sous le même nom, et nous préférons les désigner sous celui *de couronnement. Le plus ancien de ces couronnements consiste ordinairement en une corniche plate ou arrondie, souvent même richement décorée, supportée par des modillons d une forme particulière, représentant l'extrémité saillante des solives du plafond de la basilique primitive.
CORSBAeX.
On a donné le nom de corbeaux k ces supports, souvent carrés ou rectangulaires, et se terminant par une partie ornée , qui offre , tantôt des têtes ou des figures complètes d'hommes ou d'animaux, tantôt la représentation des objets les plus divers et les plus bizarres, quelquefois même les plus inconvenants. Ordinairement ces corbeaux, en s'éloignant de leur type parallélipipède primitif, s'évident, à leur partie inférieure, par une échancrure plus ou moins caractérisée , plus ou moins heureusement motivée, de manière à se rapprocher plus complètement de la forme du modillon ou de celle de la console.
Quelquefois, et surtout dans les églises de la Bourgogne et de la Champagne , on remarque qu'ils sont amincis en dépouille vers leur extrémité.
L'ornementation des corbeaux, souvent très variée, devra être décrite avec soin, aussi bien que celle de la corniche; cette dernière perd souvent, sa direction purement horizontale pour se découper en arcatures d*abord rectangulaires ou semi-circulaires, puis bientôt pointues ou trilobées; d'abord sans complication, puis bientôt avec contre-arcatures et contrecorbeaux; tantôt tout ce système de couronnement repose sur de légers pieds-droits, pilastres ou ressauts; tantôt ces supports alternent avec des corbeaux.
jpi<^ y
Quand les corbeaux supporteront le couronnement d*un pignon ou d'un fronton , il faudra examiner s'ils suivent Tinclinaison du rampant ou s'ils sont perpendiculaires à Thorizon.
Le plus souvent chaque arcade est munie d'un corbeau; quelquefois, enfin , les arcades pourvues de corbeaux alternent avec d'autres qui en sont dépourvues. De même qu'on trouve ainsi des arcades sans corbeaux, on peut également rencontrer, soit plusieurs rangs superposés de corbeaux et de modiilons, soit des corbeaux sans arcades et même sans couronnement, qu'il faut distinguer de ces harpes ou pierres d'attente destinées à former liaison avec une continuation postérieure de la muraille, aussi bien que d'autres pierres saillantes engagées dans la maçonnerie , et de la destination desquelles il est quelquefois fort difficile de rendre compte.
Au-dessous du couronnement règne, dans certains édifices , un ornement horizontal tenant lieu d'architrave ; ailleurs des briques , des incrustations , des inscriptions , et, au xm* siècle, des trèfles ou quatre-feuilles en creux
annonçant une intention de frise. Enfin, à ces cUvers couronnements suceèdent, aaxiv* siècle, un bandeau semé de feuilles indigènes;
au XT*, la guirlande de l'époque ;
auxTi*, les imitations plus ou moins pures, plus ou moins heureuses de Fentablement antique.
It existe peu de corbeaux dans les couronnements de l'est et du midi de la France; le plus souvent ib y sont remplacés par de petits modillons sup portant de légères arcalures de très peu de relief; ce couronnement suit la ligne du toit, même le long des pignons; il doit son origine à l'imitation d'arcatures de briques sans saillies, surmontées d'un massif d'autres briques, disposées en opus spicabtm ou arête de hareng, qui forment le sommet de la muraille dans quelques constructions romaines des bords du Rhin.
E. Le couronnement porte une couverture en terrasse, en ddme ou à
— 134 comble; ces divers modes de couvertures, et surtout le deroier, qui est le plus fréquent, doivent donner lieu à l'examen de tout ou partie des points suivants :
i' Les diverses inclinaisons successives du toit dont on pouira trouver la trace;
3* La nature de la couverture actuelle et des couvertures antérieures;
3° La dëcoratioD, les dessins, jeux de couleurs, figures en relief et en intaUles, inscriptions que peut présenter celte couverture;
W L'ornement de faîtage en pierre ou en plomb qui en décore qudquefois le sommet, le fleuron ou l'acrotère qui le termine ;
5* Les couvre-joints et leurs antéfixes ;
6° Les frontons et pignons plus ou moins aigus à leur sommet, souvent flanqués d'autres antéfixes de grande proportion;
•j' Les chéoeaux et gai;gouilles, toutes les fois qu'ils mériteront qudque
attentioa par leur forme, par lear exécution, ou par la présence d'une inscription;
8* Les objets dont la ligne extérieure du chéneau est bordée, et qui ■ont ou un épanouissement de ce même chéneau (balustrade),
ou une dépendance du toit en terrass^ (créneaux) ,
TTymyrayrï'
on un couronnement militaire (mâchicoulis),
L'ornement de faîtage et la balustrade suivent lea révolutions successives de l'ornementation. Il faudra donner la figure ou tout au moins l'indicatioD' précise du motif adopté dans leur décoration; aux xv* et sti* siècles, cette décoration se compose souvent, pour la balustrade, d'une inscription en caractères gotbiques gigantesques, dont le texte (ordinairement une antienne ou prière) devra être relevé en entier.
F. Les murailles des églises ont trop de portée, soït â raison de leur bauteur et de leur^écarteroent, soit à cause de la poussée des voûtes substituées aux plafonds de la basilique primitive, pour qu'on n'ait pas senti de bonne heure le besoin de tes renforcer de distance en distance; l'architecture romane y avait pourvu au moyen de contreforts, que l'architecture gothique a développés plus tard dans ses arcs et pitiers-butants.
Les premiers contreforts sont remar(|uables par leur peu de saillie; ce sont ou des colonnes plus ou moins complètement engagées^, ou des pilastres assez grêles', souvent même de simples ressauts^ interrompant de distance en dislance le plein de la muraille comme tes chaînes de pierre, et quelquefois remaniés ou renforcés plus tard pour en augmenter la résistance. Ils s'élèvent d'ordinaire jusqu'au couronnement; néanmoins on en rencontre qui se terminent par une retraite en larmier", en cône' ou en pignon' avant d'y atteindre; il en est enfm qui constituent de véritables
demi-tours pouvant servir à la défense de l'édifice; leurs dimensions vont
toujours en augmentaDt, et leurs larmiers en se multipliant, à mesure que l'édifice s'âëre et que la route s'y introduit.
On doit quelquefois distinguer les contre forts en inférieurs et snpërieurs : les premiers sont alors ceux qui, appartenant à une portion secondaire de l'ëdificft, descendent jusqu'à terre; les seconds, qui, même après l'intro-
dnction des arCa-butaots, ne consistent souvent qu'en une simple co>
lonne engagée, oe sont que le prolongement extérieur des piliers ou colonnes qui soutiennent et séparent les travées de la nef principale et du cbœur.
L'architecture gothique, chez laquelle le besoin de soutènements extérieurs existait bien plus fortement encore, réclama des appuis plus efficaces pour comprimer les voâtes élancées de ses nefs principales et de ses chœurs; c'est alors qu'arrivent les premiers arcs-butants, partant du contrefort inférieur, et allant de là s'appuyer sur le contrefort supérieur.
Quelquefois ces arcs-butants primitifs sont pleins, ou percés seulement, soit d'un ceil-de-bœuf pour en alléger la masse, soit d'une baie de communication. Mais bientôt la saillie toujours croissante des portions principales de l'édifice et ta forme en ogive de leurs voûtes obligent d'en étendre les soutènements, quelquefois doubles, bien au delà de tout ce qui les entoure; c'est alors que le [contrefort inférieur s'allonge en pilier-bulant , et s'arme lui-même souvent d'un petit contrefort secondaire ou éperon, appliqué sur une de ses faces; puis il reçoit dans sa partie supérieure des arcs plus ou moins complets, qui vont s'appuyer contre les murs extérieurs de la nef ou toute autre partie élevée, pour maintenir la poussée des voûtes, et forme ainsi une ceinture quelquefois double de piliers et d'arcs-butants.
Dans certains cas , cette ceinture de pilîers-butants est placée en dehors des murailles secondaires de l'église, ou n'y a élé rattachée qu'après coup par l'adjonction d'une série de chapelles à son plan primitif; plus rarement ces piliers, isolés de la masse de l'édifice, ont été liés les uns aux autres par une série d'arcs latéraux.
Quelquefois, comme dans la Sainte-Chapelle de Paris, les arcs et piliers-butants ont été remplacés par de longs et étroits contreforts projetés jusqu'à une distance notable de l'édifice.
L'ornementation des contre-forts et des piliers butants se compose d'abord, pour les premiers (quand ils ne consistent pas en de simples colonnes,
pilastres ou ressauts), tantôt de colonnes latérales, tantôt d'imbricationB ou contre-imbrications figurées sur leurs divers lar^ miers;
Pour les seconds, d'un pilier carré, pesant et court, soutenant un arc plus ou moins complet, qui n'offre guère dans l'origine d'autre vide qu'une espèce de passage pratiqué à travers une muraille pleine; cette muraille, que remplacent quelquefois des colonnes et arcades rayonnant d'un centre commun, porte une gouttière qui se bifurque souvent autour du pilierbutant , pour rejeter au loin , au moyen de gargouilles , les eaux des toits supérieur et inférieur. Au xiii* siècle, arrivent les légers clochetons carrés, souvent à jour; les édicules avec ou sans statues; les arcs-butants
élancés et qudquefois doublés; les pignons figurés, les crosses et autres
eipansioDs végétales indigènes.
CI^OCHETONS R ioiCULEI.
Au XIV*, les ornements s'amaigrissent; le clocheton se ferme, et ses angles, au lieu de suivre ceux du pilier, se portent souvent au milieu des faces de ce dernier; au xv*, le pilier-butant, après s'être, pour ainsi dire, complètement végétalisé dans sa partie supérieure, hérissée de crosses, de bourgeons, de fleurons, et de tout ce luxe d'une foliation indigène, riche
et compliquée, que nous avons déjà eu occasion de signaler, y joint Jes statues, les niches, les dais travaillés à jour.
A la Renaissance , eniîn , toute cette brillante ornementation cède la place , d'abord à des arabesques et k tous les caprices de l'époque de transition, puis aux consoles renversées et autres lourds appuis de l'architecture italienne.
consoLis untnsÈn.
On rencontre rarement en France , mais plus souvent en Angleterre , des
piUen-kutants, oct(^nes ou hexagones, ceiots, h leur lommet et â divers points de leur hauteur, d'une couronne de créneaui libres ou engagés.
Les murailles de to>ite église sont néceseairement percées de deux espèces de baies : les fenêtres et les portes. Nous nous occuperons d'abord des pre-
G. Les fenêtres peuvent être en arcade, en ceil-de-bceuf, ou rectangu-
laires; percées dans la muraille à angles droits, ou évasées,
y— — ^B soit à l'intérieur, soit à l'extétieur, en meurtrières.
Dans la basilique primitive, l'abside en était dépourvue. Ensuite elle en admit une ou trois à sa partie supérieure; plus rarement et postérieurement elles y furent pratiquées eu nombre pair. C'était surtout par ces fenêtres de l'abside et par celles des faç^tdcs que l'édifice était éclairé, plus que par les baies, tantôt en arcade, tantôt en ceil-de-bœuf, des murailles latérales. On sait d'ailleurs que les grandes fenêtres ne furent d'abord qu'un groupe de petits jours réunis et inscrits dans une baie figurée^ Sur les façades romanes, on rencontre, soit tes trois fenêtres de front de la basilique, surmontées ou non de l'œil-de-bceuf du frontou, soit ces mêmes fenêtres dans une autre disposition (a et i], soit deux fenêtres latérales, soit enfin une grande baie circulaire à meneaux massifs et rayonnants , motivée ou par la forme carrée de l'étage de la façade dans laquelle elle est inscrite, ou par te souvenir de cet ancien ceil-de-bceuf du fronton primitif, dont nous venons de parler.
Dans rexameu des fenêtres romanes, il sera toujours nécessaire de remarquer si ce sont de simples baies percées à travers le pleio de ia construction, ou si le contour en est dessiné par un eocadremeut de pierres d'une coupe particulière, destinées à former cintre, comme c'est le cas le plus ordinaire.
Quelle que soit la nature de l'arcade, on devra toujours indiquer le rapport de la liauteur de la fenêtre avec sa largeur. Jusqu'à une époque avancée, les pieds-droits sont ordinairement munis ou de colonnes, ou tout au moins d'une imposte à leur sommet.
La fenêtre romane en arcade peut présenter tes formes semi-circulaire, surbaissée ou trilobée. Ed fer à cheval, elle ne se rencontre guère que dans des bnles secondaires.
Ces fenêtres peuvent être réunies en groupes, deux â deux ou trois i trois, de dimensions pareilles ou inégales, inscrites ou non dans une baie principale figurée, ou dans un système d'arcatiire extérieure, soit d'une manière continue, soit par alternation avec des arcades figurées. Il en est de même pour l'oeil-de-bceuf.
Il est rare, en France, de trouver celui-ci employé isolément dans le système général de fenestration d'une église; mais il y a souvent été com-
biné arec la fenêtre ea arcade, soit qu'il en surmonte le sommet, soit qu'il rileme avec elle.
Sans elle on ne le voit guère que dans les façades principales , où il s'étend et s'agrandit de manière à envahir une grande partie de leur surface, et prend alors le nom de rote. Cest dans les roses romanes que se présentent les [HVmières nervures en pierres (meneaux), qui forment les compartiments de la fenêtre; ces meneaux y sont toujours disposés en roue, soit qu'ils représentent des colonnettes supportant des arcades, ou bien des balustres.
La fenêtre simple à arcade pointue arrive avec l'arcade gothique; elle est d'abord aiguë, surhaussée ou trilobée, rarement à tiers-point, quelquefois à contre-courbure, jamau lancéolée.
Cette jnremière fenêtre gothique se combine, soit avec elle-même, soit avec l'œil-de-bœuf.
Les groupes qui en résultent sont souvent inscrits dans une baie figurée
à arcade, d'abord romane, puis gothique. Le plus simple de ces groupes se compose de deux fenêtres étroites en arcade, ordinairement surmontées d'un œil-de-bœuf intermëdiaire, le tout rassemblé dnns une arcade jHÎnci- |)ah: figurée. Il en envahit de plus en plus les parties pleines, jusqu'à ce qu'il les ait réduites aux dimensions de meneaux. Le premier de ces meneaux est toujours perpendiculaire jusqu'À la hauteur de la naissance de l'arcade, où il se bifurque. Peu à peu les meneaux perpendiculaires et les œils-de-bceuf se multiplient dans une arcade principale ou fenêtre élargie, et ayant passé d<> la courbe aiguë à la courheà liers>point ou évasée.
Enfin les meneaux circulaires du sommet ne suITisent plus ni aux besoins de l'ornementation, ni à la solidité des châssis vitrés, lis se ramifient dans leur intérieur, d'abord en découpures lobées ou segments, le plus souvent au nombre de six ou de trois, pui<i en combinaisons trop variées l^our qu'il soit possible de les décrire ici, mab toujours engendrées par des courbes circulaires et rayonnantes. Telles sont les transformations que subit la fenêtre gothique, depuis une époque avancée du xii* siècle jusqu'à la fin du XIII*, et après lesquelles elle prend le nom de fenêtre rayonmiUe.
Cette fenêtre s'élargît encore au xiv* siècle , de manière à envahir souveot tout l'espace compris entre les contre forts, et passe de l'arcade évasée & l'arcade surbaissée, sans jamais s'arrêter i l'intermédiaire (le plein cintre). En même temps les meneaux se compliquent et s'évident de plus en plus en véritable dentelle ou filigrane de pierre, m^is sans cesser de conserver le cercle pour courbe génératrice de toutes leurs ramifications supérieures.
arec cette diflTérence que ce n'est plus seuleihent le cercle en repos, mais souvent aussi les projections du cercle en mouvement.
La fenêtre en rose suit les m£mes phases, et s'agrandit de plus en plus, sans cesser d'appartenir au système rayonnant.
Vers le commencement du xv* siècle , s'accomplit une importante révolu* tion dans la forme et la combinaison des meneaux.
Après que toutes les combinaisons possibles de Tœil-de-boeuf, de ses divisions et de ses projections ont été. épuisées dans une fenêtre de plus en plus surbaissée, elles s'en trouvent à cette époque définitivement exclues
pour être remplacées par un autre système , où figurent bien encore quelquefois les projections du cercle, mais qui se distingue du précédent par la direction toujours ascendante de ses parties , au milieu d'une variété infinie de formes , renfermée dans.une arcade le plus souvent surbaissée ou en anse de panier. Malgré tout le caprice de ces formes, il est rare qu'eUes ne consistent pas, surtout pendant la première moitié du siècle, en un groupe de triantes ou de quadrilatères curvilignes, ou autres courbes composées finissant en pointe et présentant quelque analogie avec une flamme droite ou renversée ; c'est ce qui a fait donner à la fenêtre du XT* siècle le nom de flamboyante, lors même que ses meneaux représentent toute autre chose : par exemple, des fleurs de lis ou des étoiles, ainsi que cela arrive assez souvent en France , surtout dans les fenêtres de la grande proportion ^K
Une autre baie du xv" siècle, beaucoup plus fréquente on Angleterre qu'en France, est la fenêtre perpendiculaire à meneaux purement verticaux jusqu'à leur sommet, ou s'y croisant par de simples bifurcations parallèles
(0 « Nous pensons qn*on peut donner ie nom de ijmpan à cette portion sapérieore de la fenêtre comprise entre les deux côtés de Tarcade, toutes les fois que son tracé offrira Tempreinte de Tun des dcnz systèmes dont nous venons de parler, et par conséquent nne séparation bien tranchée avec les meneaux perpendiculaires de la masse de la baie. Les intervalles circonscrits entre oes derniers s'appelleront des jours, et le vitrage qui les occupe des panneaux. Nous proposerons enfin de désigner par le nom de r^ean Je la fenêtre ce que les Anglais appellent iraccrjr, c'est-à-dire respèce de broderie en dentdle produite par l'ensemble des meneaux, s
au contour de l'arcade, qui, dans ce cas, preod une coupe moins sarhtâatée.
A partir de la deuxième moitié de ce siède, tes meneaux adoptent des directions de plus en plus arbitraires dans une large baie ordinairement évasée par le haut en anse de panier, afin d'offrir un plus vaste champ i Fart du peintre verrier; ils s'y appesantissent aussi de plus en plus jusqu'à ce <pie te retour aux types de l'architecture classique les en bannisse complètement.
Après l'introduction de la fenêtre flamboyante, on ne trouve plus de traces de l'emploi de l'œil-de-bœuf que dans ces grandes roses terminales qui continuent d'occuper 4e sommet des façades et des pignons. Les meneaux compliqués de ces roses subissent la même révolution que ceux de la fenêtre à arcades, et présentent un champ plus favorable encore aux gracieux et légers épanouissements du système flamboyant. lA c'est du centre qu'ils partent, comme dans la rose rayonnante; mais la différence du réseau qu'ils produisent ne permet pas de se méprendre un instant sur leur nature et leur date.
La fenèfre rectangulaire ne se rencontre guère qu'au-dessous des autres baies; elle remplace quelquefois, du xm' au xv* siècle, les galeries ou les arcatares figurées qui y régnent ordinairement; moins apparente et moins
décorée que les précédentes, elle o'ofira ordiaairement que des meneaux perpeDdiculaires.
Enfin, dans quelques églises, les roses des transepts et même celles du portail sont remplacées par de grandes fenêtres & arcades tout à fait hors de proportion avec les autres, et beaucoup moins favorables à la décoration extérieure que les baies circulaires. Celte substitution se rencontre au reste beaucoup moins fréquemment en France qu'en Angleterre. Nous leur donnerons le nom de fenêtres composées, lorsqu'elles seront formées d'une grande quantité de petites fenêtres distinctes et pourvues de leurs meneaux, groupées en étages décroissants au moyen de précinctions horizontales.
A l'extérieur, l'ornementation de la fenêtre cintrée ressemble beaucoup i celle de l'arcade proprement dite, dont elle n'est guère qu'une variété; tantôt soutenue ou divisée par une ou plu-
sieurs colonnes, tantôt n'offrant qu'une imposte ou une console pour support à son ardiivolte, elle est souvent liée à la fenêtre suivante par un cordon gracieux, résultant de la liaison de Fornement extérion* de cette même archivolte avec l'imposte. Un autre système très élégant du xif siècle consiste à percer la fenêtre aiguë de cette époque dans un groupe d'arcades romanes entrelacées dont elle occupe les intersections.
Aux XI* et XII* siècles les séries d'ornements courants ou détachés sur l'archivolte; aux xni* et xiv*, plusieurs archivoltes en retraite'souteoues par un pareil nombre de colonnettes ou pieds-droils. ou bien venant mourir sur les faces des contreforts voisins-, au xv*, la guirlande de l'époque avec
— U8 — ses crosses et ses expansions symétriques, le tout souvent inscrit dans un pignon (igurë de même nature ; au xvt', les moulures renouvelées de l'architecture antique : telles sont les principales fonnes que revêt cette ornementation, parallèle à celle de l'arcade ordinaire, comme nous l'avons déjà dit.
Quant à la fenêtre en rose, son ornementation extérieure su compose fréquemment d'une moulure circulaire ou triangulaire curviligne, renfermant, soit des figures qui sont parfois des zodiaques, ou bien d'autres moulures appartenant également au cercle et à ses fractions.
Souvent la moulure principale, au lieu d'être fermée inférieurement, repose sur deux consoles ou deus groupes qui en tiennent lieu.
Il y a peu de portions de l'église qui aient été soumises à plus de déplacements et de remaniements que les fenêtres; c'est pourquoi, après avoir examiné et décrit celles qui existent aujourd'hui, on devra rechercher avec te même soin les traces (quelquefois dilliciles h retrouver sous te badigeonnage] de toute fenestration antérieure.
H. Les murailles d'une église sont encore percées de portes. Ces baies, d'une autre nature que les précédentes, peuvent être placées, soit au milieu de façades plus ou moins richemeot décorées , soit çà et là sur un point quelconque du pourtour. Nous décrirons bientôt les premières en traitant des portails; les secondes, beaucoup moins importantes par leur masse et leur ornementation , n'en devront pas moins être examinées avec d'autant plus de soin que, même dans les églises très rustiques, il est rare qu'dles ne présentent pas quelques parties décorées et caractéristiques.
C'est ainsi qu'il sera toujours nécessaire de constater : i' Si elles, appartiennent à la construction primitive, si elles ont été pratiquées après coup, ou si au contraire elles oe se trouvent pas aujourd'hui supprimées et bouchées;
a" iSi la baie est poiwue d'un amortisseoMot rectiligne ou curviligne,
et) dans ce dernier cas, qudie est la forme de l'arcade; si c'est au contraire un rectangle à linteau ou à plate-bande; si les angles n'en sont pas arrondis
en arcs, soit complets, soit seulement figurés, ou occupés par une console plus ou moins ornée ;
3' S'il y a quelque chose à remarquer sur les faces intérieure ou extérieure des piedsdroits; s'ils présentent des colonnes, pilastres ou figures placés de front ou en retraite, et des archivoltes correspondantes; et quelle est la décoration du tympan ;
4' Ce qu'il peut y avoir à dire du linteau, du pilier central quand il existe, et enfin des battants mômes, considérés sous le triple rapport de la sculpture en bois, de la ferrure et de la serrurerie.
Nous recommanderons particulièrement Texamen de la coupe des claveaux qui composent le cintre de ces portes secondaires , quelquefois fort compliquée dans l'architecture romane et l'architecture orientale.
I. Ces murailles peuvent encore présenter des pierres chargées d'inscriptions tumulaires ou de toute autre nature, soit engagées dans leur masse, soit encastrées dans leur revêtement; quelquefois même de véritables tombeaux placés sous leur abri. Comme cependant ces derniers y sont beaucoup plus rares qu'à l'intérieur des églises, c'est dans le chapitre suivant que nous nous réserverons d'en traiter. Quant aux inscriptions, d'autres instructions, que le Comité se propose de publier, mettront à portée de reconnaître, à l'inspection des caractères, la date de ces monuments écrits. Nous nous contenterons d'avertir ici qu'on devra toujours en prendre une copie complète (à moins que ce ne soient d'insignifiantes fondations du XVI* et du xvn* siècle , dont il ne faudra donner qu'une analyse succincte), et de plus en relever fidèlement l'empreinte par des procédés mécaniques toutes les fois qu'ils présenteront ou quelque singularité dans la forme des caractères, ou quelque difficulté dans leur interprétation, ou quelque intérêt particulier dans leur texte. Il faudra encore examiner si les pierres qui les portent ont été :
1* Posées avec intention de les y graver sur place;
2** Engagées fortuitement dans la construclioo (ainsi que cela est arrivé le plus souvent potœ celles qui sont chargé,es d*inscriptions antiques) ;
y Encastrées dans le revêtement pour assurer leur conservation;
4"* Rapportées après coup ;
5"* Gravées accidentellement et sans préméditation, postérieurement à la construction.
Il serait très long d*énumérer toutes les portions de la surface extérieure et intérieure d'une église où f on peut rencontrer des inscriptions. Les recherches à faire sous ce rapport ne sauraient être trop minutieuses; mais il est surtout indispensable de noter les cas où elles auraient été placées dans une intention marquée d'ornementation, ainsi que cela arrive souvent dans les balustrades des xv" et xvi^ siècles, et plus anciennement au-dessous du couronnement, en place de frise.
Relativement au sens de ces inscriptions , elles doivent être classées en explicatives ou accidentelles. Celles-ci, qui peuvent se rapporter à toutes sortes de faits, sont ordinairement beaucoup moins intéressantes que les premières, dans lesquelles on rencontre des renseignements du plus grand prix pour Thistoire de Tédifice et celle de fart. On les distingue encore en chronologiques ou nominatives, suivant quelles fournissent, soit la date de construction ou de consécration de tout ou partie d'un monument religieux, soit les noms du fondateur ou restaurateur, du pontife qui l'a béni, de l'architecte ou de l'artiste qui a concouru à l'élever, le réparer ou le décorer; enfin, elles peuvent être pi^mtes, gravées, soit en creux, soit en relief, ou incrustées.
Les mêmes soins doivent être apportés à la recherche et à la copie exacte des portraits, écussons, emblèmes, devises, cimiers, marques, chiffres, outils caractéristiques de certains corps de métiers, qui se rencontreront à l'extérieur ou & l'intérieur des églises, et qui y auront été placés pareillement dans l'intention d'indiquer quelque date, quelque nom propre de famille, de corporation,' d'artiste ou d'individu quelconque, soit qu'on ait déjà réussi ou non à en saisir la signification.
K. Ce que nous venons de dire de la possibilité de rencontrer des inscriptions sur toutes les portions de la surface <^uoe église est encore plus
applicable à fornementatîoD; il nest, en effet, pas un point de cette sur&ce où la Fécondité des arts du moyen âge n ait trouvé Toccasion de suspendre quelque arcature, quelque ornement détaché ou courant, quelque basrelief, quelque statue. On ne devra omettre aucun de ces objets, ni neiger d y chercher les renseignements qu ils peuvent fournir, soit à la fixation de la date du monument, soit à Thistoire de fart.
Au XI* siècle , la statuaire présente deux types très distincts : lun , court et rond , aussi dépourvu de noblesse que de beauté , est évidemment le travail d'ouvriers ignorants , abandonnés à leur libre arbitre , travaillant sous Tim* pulsion de fart romain dégénéré ou de leur grossier instinct personnel ; Fautre , apporté de Gonstantinople, où la statuaire sétait retrempée au ix* siède, sous la domination de la dynastie macédonienne. Cette influence byzantine continua jusqu'au xni* siècle, par f envoi non interrompu de reliquaires, de manuscrits, de galons, d'étoffes , de broderies, de peintures , de sculptures et même d'artistes , d'agir sur l'art occidental , en concurrence avec ses inspirations] indigènes; c'est surtout dans les contrées les plus voisines de la Méditerranée qu'elle prévalut. On la reconnaît aux proportions géométriques des figures, aux plis comptés et parallèles des draperies, aux vêtements qui sont ordinairement la tunique et le manteau bordés de perles , de galons , et renfermant des pierres précieuses enchâssées ; à l'absence de perspective dans les pieds et genoux , qu'on figure très ouverts pour éviter la difficulté des raccourcis; aux chaussures quelquefois très riches, toujours pointues, et suivant souvent le ressaut du support; aux yeux saillants, fendus et retroussés à leur extrémité extérieure; aux sourcils arqués, et enfinau détail minutieux des cheveux.
Dès ce même siècle, mais surtout au xii*, survint un nouveau type, caractérisé par l'allongement hors de toute proportion des personnages, qui semble avoir eu pour but de leur imprimer un caractère au-dessus de l'humanité; mais qui peut avoir été motivé par la forme étroite des emplacements destinés à les recevoir. L'expression gravi^ et religieuse de ces figures, la beauté souvent exquise et la tranquillité des types, le parallélisme exact des plis pressés dans lesquels elles sont comme emmaiUottées , la fidélité et le fini consciencieux des moindres détails, attestent qu'une main consacrée a passé par là; qu'elle a suivi des proportions convenues, une sorte de canon dont il semble qu'il ne soit pas permis de s'écarter. CeA A la même époque qu'on s'appliqua à reproduire la ressemblance
individuelle, ou portrait, sur les tombeaux, et qu^on l'obtint par le procédé sûr et expéditif du moulage.
Mais c'est le xin* siècle qui est l'époque de la plus grande splendeur de la statuaire du moyen âge comme de tous ses autres arts ; d'une soumission complète au joug de l'autorité, celui*ci y arrive à une liberté sage et grave , alliée à une verve admirable d'exécution, qui se manifeste dans le jet heureux, dans les poses naturelles, dans les plis simples et gracieux des figures, dans leur modelé déjà très bien senti, mais surtout dans l'expression de foi vive , de fervetœ religieuse qu'il sut alors leur imprimer et qu'il ne re* trouva plus depuis. L'habitude du moulage, récemment introduite, comme nous l'avons vu, contribua probablement d'une manière puissante à faire abandonner les types de convention des âges précédents pour y substituer le type indigène, qui règne exclusivement dans les productions de cette époque.
Dès le xiv" siècle , les plis des draperies commencent à se tourmenter ; le grotesque, la satire antimonacale et anticléricale, à faire invasion dans le domaine de la statuaire, qui a passé des inspirations purement religieuses et personnellement désintéressées du cloître à Timpulsion des intérêts et des passions terrestres de l'ouvrier laïque, non encore digne du nom d'artiste. Il règne une grande inégalité dans les ouvrages de ce siècle de transi* tion : les uns présentent toute la verve et tout le charme de l'âge précé^ dent; dans quelques autres on voit poindre déjà les dé£iuts et les quaUtés de celui qui suivra , et en certaines contrées l'influence du goût germanique aux plis collés, aux poses maniérées, aux étoffes amples sur des figures maigres; mais là où il se montre avec son caractère propre, .ce caractère n'est plus inspiré et ^'est pas encore exact ni spirituel : les figures présentent dans leurs surfaces plates peu de sentiment du modelé , mais au contraire les traces d'un travail expéditif, plutôt que le fouillé délicat du ciseau. Les sujets changent en même temps : ce ne sont plus ces compositions symboliques et symétriques, remarquables par l'harmonie des pleins et des vides, qui occupaient les tympans et les parties lisses des portails, ni ces saints personnages inscrits dans des arcatures, à f imitation de celles qui existent sur certains tombeaux antiques , ni ces nimbes de diverses formes caractéristiques des siècles précédents, offrant l'image du Christ ou de Dieu le Père, entourés d'anges adorateurs, des quatre évangélistes , ou des vieillards de l'Apocalypse. Au lieu de toutes ces physionomies constamment fer-
ventes et sérieuses. Tait, redescendu sur la terre, y groupe de nombreux personnages appartenant è la nature vulgaire et n'exprimant désormais que ses passions. Un autre caractère de ces compositions est qu'elles ne représentent plus que des événements positifs, soit qu'elles en prennent le sujet dans les récits de la Bible, dans le rapprochement de l'ancienne et de la flouvelle loi, dans les traditions de la Légende dorée, dans la vie du patron de l'église ou dans les croyances consacrées relativement à la résurrection des morts et au jugement dernier. Sans doute tous ces sujets s'y étaient déjà montrés, mais ils n'y dominaient pas exclusivement, et ils y étaient considérés d'un point de vue plus élevé*
C'est encore à cette époque que les figures grotesques ou monstrueuses, offrant quelque rapport avec celles que les ouvriers du xi* siècle avaient souvent placées autour des églises comme type d'une nature abâtardie par le vice et le péché, et qu'un goût plus épuré en avait ensuite bannies, reviennent s'y montrer, non plus cette fois dans un but moral ou purement plaisant, mais dans une intention railleuse et satirique dirigée contre le culte lui-même et surtout contre ses ministres.
Au XV* siècle, le sculpteur s élève au rang, d'artiste , et l'on sent è la fois l'empreinte des prétentions de l'atelier dans les poses et les physionomies exagérées des figures , aussi bien que dans le jeu de plus en plus tourmenté des draperies, et le fruit des études de ce même atelier dans Thabileté à rendre les moindres détails du modelé de la chair vivante et morte, et lexpression des passions humaines. C'est surtout dans la représentation en marbre ou en albâtre des têtes et des mains sur les tombeaux , ainsi que dans la composition des petites figures exécutées de même avec des matériaux précieux, que se déploya cette habileté du xv* siècle à faire vivre et surtout à faire pleurer ses personnages. Quant aux nombreuses statues dont il peupla les portails et les piliers-butants de ses ^ises, exécutées à la hâte par des artistes secondaires, elles présentaient au contraire peu de relief et de vie. Il faut distinguer dans cette période l'école de Charles VIII et de Louis XII , aux figures de peu de relief, pourvues de détails anatomiques plus marqués dans la sculpture d'ornementation; cette école fleurit particulièrement sur les bords de la Loire.
L'art continua de marcher dans les mêmes voies pendant les premières années du siècle suivant jusqu'à l'introduction de Técole milanaise, au travail vulgaire, expéditif et maniéré, particulièrement dans la pose, les chein. 90
ISHB SArweAt^
veux et les draperies de ses personnages ; c*est ensuite quarriva l'école de Michel-Ange, et que fleurirent i la fois Sambin en Bourgogne, les frères Genty à Troyes, Benvenuto Gellini et Paul-Ponce TrebatL à Paris, au dessin savant, au relief plus marqué, aux poses académiques, aux muscles et aux traits fortement accentués. On sait avec quelle rapidité elle étouffa la statuaire fine et svelte de Jean Goujon , et à quels déplorables excès d'exagération, de maniéré dans les cheveux et les draperies, elle se porta, avant d'être à son tour remplacée par le goût flamand sous le règne de Henri IV. La sculpture d'ornementation a suivi, au moyen âge, à peu près les mêmes phases que l'imitation de la nature humaine; tantôt byzantine et tantôt rustique, au xf siècle, mais habile ii produire de grands effets par des procédés peu compliqués et par l'opposition des parties lisses avec les parties décorées, elle commença au xn* à s'approprier, non seulement les rinceaux, les entrelacs et quelques autres des motifs courants les plus gracieux de l'art antique, mais encore l'imitation des produits d'une nature végétale et animale fantastique ou étrangère, et jusqu'à des zodiaques ou des calendriers; sous des architectes ecclésiastiques, qui, satisfaits de diriger la masse, abandonnaient les détails à l'inspiratiçin de leurs subordonnés, elle imprima une admirable variété aux chapiteaux, dont elle porta la dë« coration à son plus haut degré de perfection, aux archivoltes, aux tympans et à toutes les autres portions ornées de l'architecture Vomane. Le xùi* siècle fiit pour elle (si ce n'est dans le chapiteau), comme pour la statuaire, l'époque la plus brillante de tout le moyen âge; celle où, employant indifféremment dans ses compositions l'ogive et le plein cintre , l'ornement symbolique, l'ornement exotique et l'ornement indigène, elle imprima un relief plus vif, un modelé plus parfait que par le passé à ses enroulements et à ses guirlandes. Mais bientôt la révolution qui avait fait 'passer du dercà f architecte de profession la direction des travaux ecclésiastiques introduisit de la sécheresse et de la n^ligence dans les détails, en même temps qu'elle fit faire à l'art du xiv* siècle un grand pas vers l'unité d'ornementation. G*est alors qu'arrivent les feuilles détachées, isolées et de plein relief, souvent aiguisées en longues et fines dentelures , et que les dais en saillie commencent à se multiplie^:. L'ornementation s'appesantit au xv* siècle sous les lignes tourmentées et contournées du gothique flamboyant, sous le goût des tours de force et l'affectation de science , sous cette profusion de végétation indigène et vulgaire qu'elle fit germer de toutes les saillies, de toutes
les arêtes, de toutes ies cavités, et à Tombre de laquelle vinrent s*abriter des légions de statues, avec leurs niches et leurs dais. Après avoir épuisé rimitation de la nature végétale, la dentelle et la broderie eurent leur temps, puis les arabesques, puis cette ornementation de la Renaissance, d'abord vive, fine et légère, tant quelle resta fidèle à la division des parties, puis devenue massive, exagérée et sans esprit, quand elle brisa ses lignes ou força ses proportions; en général, f alliance avec le gothique abâtardi du XV* siècle, commencée sous Louis XII, se prolonge pendant les premières années du r^ne de son successeur; c*est ensuite qu'arrive la jolie colonne de petite proportion, remarquable par la saillie du stylobate, par la coquetterie de son chapiteau et de son entablement, par la variété et la finesse de son ornementation, que rend plus piquante le contraste des sur* faces lisses. Malheureusement ce brillant rameau de fart dé la Renaissance fiit bientôt étouffé chez nous sous la réunion des parties et les proportions exagérées des objets décorés qui en furent la suite, aussi bien que sous les lourdes et bizarres importations des goûts florentin et vénitien, dont le développement presque parallèle jeta de bien plus profondes racines dans notre sol. En beaucoup d'endroits même ce fut sans intermédiaire que l'art passa du flamboyant gothique à ce que nous pourrions appeler le flamboyant de la Renaissance, tant on y retrouve la même pesanteur des masses, le même abus dès lignes brisées et contournées, la même profusion d'ornements et la même absence de critique dans leur choix, le même goût pour ces porte*à-faux , ces culs-de4ampe et ces clefs pendantes , au moyen desquels les voûtes de nos églises semblèrent souvent rivaliser avec celles des cavernes à stalactites. On peut ajouter que cette seconde dégéuération fiit encore plus fâcheuse que la première , puisqu'elle faussait à la fois le type chrétien et le type grec, et que trop souvent elle ne rachetait pas même par le mérite et la grâce de l'exécution les inconvenances et les disparates d'une composition païenne et théâtrale jusque dans l'intérieur dés églises, assemblage bâtard d'inspirations grecques , romaines, florentines et vénitiennes.
Ce n'est point ici que nous traiterons de la peinture appliquée à la représentation de la figure humaine; ses compositions appartenant d'une manière à peu près exclusive à l'intérieur des églises, nous la réserverons pour le diapitre suivant. Nous ne croyons devoir parler maintenant de cet art que comme appliqué à l'ornementation. La peinture 6t la mosaïque
étaient arrivées dans notre cuite avec la basilique même, et la première surtout ne cessa jamais de concourir à ia décoration des églises; aussi trdu- Yons-nous dès le xi* siècle les teintes plates employées pour faire valoir ou remplacer les reliefs, les refends substitués aux bossages, et jusqu*à des rinceaux et autres ornements courants présentant plus ou moins le caractère raide et anguleux de Tépoque ; mais c'est au xii* et au xiii* que la puissance et le charme , nous pourrions presque dire le besoin pour les yeux , d*une coloration brillante et variée furent plus généralement sentis , et qu elle amva dans nos temples comme auxiliaire , souvent même en remplacement de la sculpture d*omementation , probablement par suite du contact que les croisades avaient établi entre nos devanciers et des populations plus méridionales, chez lesquelles florissait déjà cet élément de décoration. Bientôt naturalisé chez nous, il s'y combina merveilleusement avec la lumière colorée de ces vitraux éclatants dont le xiii* siècle dotait en même temps nos églises. Aussi n'y eut-il pas seulement introduction d'une couleur brillante dans l'ornementation, mais encore quelquefois réaction de cette même couleur contre la forme, réaction attestée par le plâtre appliqué sur des chapiteaux, sur des moulures sur des archivoltes de l'exécution la plus délicate, pour y substituer au simple clair-obscur de la décoration sculptée les splendeurs d'une riche décoration peinte. Au reste, cette préférence donnée à la couleur ne survécut pas au contact qui l'avait importée chez nous, et l'auréole dont elle avait ceint Tart des xn* et xin* siècles ne brilla pas même sur celui qui les suivit immédiatement. L'ornementation peinte ne disparut pas de nos églises après l'abandon de ce luxe de couleurs, mais elle y fut employée plus sobrement, et cessa d'empiéter sur le domaine de ia sculpture. On devra, toutes les fois qu'on en rencontrera les traces, en étudier avec un soin particulier les procédés , les couches successives , les motifs, les détails souvent très fins et très compliqués, et enfin les effets plus ou moins éclatants, quand on parviendra à les découvrir, soit sous les repeints, soit sous le badigeonnage que les généradons intermédiaires, et surtout la nôtre, ont prodigués si déplorablement pour anéantir tout vestige de cette branche importante de l'art du moyen âge. Quelque modernes que soient les repeints , il faudra examiner scrupuleusement s'ils ne doivent pas être r^rdés comme une reproduction plus ou moins fidèle de la décoration primitive : c'est ce qu'on reconnaîtra aux motifi d'ornement qui y figurent; toutes les fois, par exemjde, que ce sera quelqu'une des variétés
du chevron» du méandre, ou d'autres moulures n'ayant pas survécu à l'époque de transition» on pourra affirmer que c'est jusque-U qu'il faut remonter au moins pour trouver la date du premier travail, dont les générations intermédiaires auront respecté la pensée dans leurs restaurations souvent maladroites , mais toujours moins funestes que le badigeonnage.
C'est surtout à l'extérieur que la recherche de Fomementation peinte devra être faite avec le plus de soin, à raison des causes plus puissantes de destruction qu'elle y aura rencontrées. Ainsi il ne suffira pas d'explorer les couloirs et autres parties intérieures des porches et des portaik, les chapiteaux» les statues, les colonnes, les dais, les couronnements, il faudra encore s'assurer si les parties lisses des murs, l'extérieur de l'abside et du choeur, ou toute autre surface où sa présence n'a pas été soupçonnée jus« qu'ici, n'en renferment pas quelques vestiges, qui acquerraient alors une haute importance pour Thistoire de l'art.
Les mêmes recherches devront s'appliquer aux incrustations, émaux, verres, mosaïques, altemation de matériaux discolores, tels que marbres ou briques, et en général à tout ce qui a eu pour but d'imprimer à l'ornement un caractère polychrome. Les incrustations surtout méritent une grande attention par les procédés variés et souvent compliqués qui ont été employés dans leur préparation, tels que les pâtes, les mastics, enduits brillants formant une sorte de stucature ordinairement rouge, chargés d'ornements dorés ou discolores présentant quelque relief. Pour recevoir ces enduits, les surfaces lisses ont parfois été sillonnées de stries, dont il sera nécessaire de tenir note, lors même quelles seront restées libres. Toute cette ornementation polychrome remonte aux mêmes époques que la brillante ornementation peinte dont nous venons de parler. Il est certaines contrées de la France, telles que TAuvergne, par exemple, où elle a pris un plus grand développement et forme une portion notable de l'art. C'est surtout dans les portails, les couronnements, les absides, les faces terminales des transepts, qu'on en doit chercher des traces. Toutes les fois qu'on rencontrera un ornement en creux tel que trèfle» quatre-feuille, œil-de* boeuf ou autre, il faudra s'assurer s'il n'a pas été rempli dans l'origine par qudque incrustation.
Nous allons . maintenant reprendre chacime des grandes divisions de Tég^ k l'extérieur, pour indiquer sur quels points de chacune d'elles devront plus particulièrement porter les pecherches.
A. Dans les églises romanes, l'abside est l'une des portions de l'édiGce le plus soigneusement bâties et le plus richement décorées, même èi l'extérieur, où aucune construction secondaire ne la masque ordinairement. Lors même que les autres murailles seront nues et rustiques, il faudra examiner si elle ne s'en distingue pas par quelque recherche dans le choix et la disposition des matériaux, dans les contreforts, la décoration des fenêtres et le couronnement; si die n'est pas pourvue de colonnes ou de sculptures, surmontée, soit d'une galerie oii l'on puisse circuler, soit de mâchicoulis; tenir Compte du nombre et de la situation des fenêtres, ainn que de l'infériorité du toit par rapport à celui du chœur. Quand il n'existe pas d'abside, ces recherches devront se porter sur le chevet.
Dans les églises où ce chevet n'est apparent à l'extérieur qu'au-dessus du pourtour du chœur et de ses chapelles, îl prêtera matière à moins d'observations; néanmoins on devra encore en examiner, comparativement avec le reste de l'édifice, les fenêtres, les revêtements, le couronnement, les contreforts, les piliers et arc-bulants.
B. Le chœur est encore une des portions les plus soignées de l'église roinane, et y appellera les mêmes investigations que l'abside. On examinera, entre autres choses, si son toit, plus. élevé que celai de l'abside, n'est pas inférieur à celui de la nef principale.
Dans Téglise gothique , le chœur se confond à rextérieur avec le chevet ou partie supérieure du sanctuaire, et devra être soumis aux mêmes re< cherches.
G. La nef principale , malgré son importance dans la construction, dont elle forme la masse centrale , offre peu de prise à Tobservation du côté extérieur, toutes les fois qu'elle est accompagnée de collatéraux et de chapelles, puisqu'alors elle ne présente de visible que les revêtements de sa muraille supérieure , les fenêtres dont elle est percée , ses contre-forts et arcs-butants , son couronnement et son toit. Cependant elle est souvent ornée, dans Tar* cbitecture romane » d*arcatures plus ou moins riches ; mais , à mesure que la date du monument s'éloigne de ce style, les baies des fenêtres s élargis sent de plus en plus aux dépens du plein de la muraille, de manière à finir par envahir tout l'espace compris entre les contreforts.
Toutes les fois qu'au-dessus des collatéraux on pourra apercevoir Tarcatare ou fenestration inférieure de la nef principale , ordinairement cachée par la toiture actuelle de ces mêmes collatéraux, on devra en tenir compte, ainsi, en général, que de toutes traces d'anciennes baies, aujourd'hui supprimées et remplacées par d'autres , ou remaniées.
D. Les collatéraux prêtent beaucoup plus aux recherches dans l'égUse romane, où ils sont ordinairement dépourvus de chapelles contemporaines le long de la nef. 11 faudra examiner leurs baies de portes et de fenêtres, anciennes, nouvelles et remaniées, leurs contreforts et piliersbutants, leurs couronnements, leur couverture actuelle et les vestiges que l'on pourrait trouver de cette toiture primitive, presque horizontale, qui souvent laissait à jour Tarcature ou fenestration inférieure de la nef prindpale et du chœur, dont nous venons de parler; enfin la fiice plate, ou pourvue d'une abside plus on moins prononcée, pleine ou percée d'une ou plusieurs baies, par laquelle ils se terminent à l'orient. S'ils se prolongent autour du chœur, on devra encore signaler la disposition, la forme et lorientation de leurs chapelles, dont l'autel est tantôt parallèle à celui de ce même chœur, et tantôt rayonnant de son centre verr les divers points de rhorixon.
La chapelle de la Viei^ge, brillant hors-d'œuvre ordinairement ajouté après coup è f extrémité orientale du chœur, et n'y tenant quelquefois que par une étroite galerie, réclamera une attention particulière , surtout quand
elle formera comme une petite église distincte , À la suite de la grande* Enfin il sera nécessaire de soumettre au même examen les autres chapelles placées le long des collatéraux proprement dits, et de s assurer de Tépoque à laquelle elles auront pu être ajoutées à la construction primitive. Parmi les questions auxquelles donneront lieu ces chapelles, nous ne devrons pas ouhlier celle de leur toiture continue et distincte et propre à chacune d*elles, et alors pyramidale, conique ou en coupole.
E. Les transepts sont encore l'une des poràons de leglise les plus accessibles aux regards et ordinairement les plus richement décorées , au moins sur leur face terminale. Dans. Tarchitecture romane, ib sont le plus souvent munis d*ahsides , dont il faudra signaler la situation , Torientation , la courbe plus ou moins complète, quelquefois même n'atteignant pas le revêtement extérieur, et enfin la hauteur, qui s'arrête dans certains cas à la naissance d'un étage supérieur. On devra non seulement les examiner sous tous les rapports déjà indiqués, mais encore donner une description détaillée de leur ornementation, surtout lorsqu'ils forment façade et portail. Cette ornementation rivalisant alors avec celle du portail principal, on entrera à son sujet dans des détails qui vont être indiqués ci-après (G, page 161).
F. Nous avons énuméré les diverses variétés de porches que l'on peut rencontrer à Tentrée des édifices religieux; tout ce qui en sera apparent à l'extérieur devra être relevé et décrit à part quand il présentera quelque caractère distinct de celui des constructions voisines. Cette description précédera ou suivra celle du portail, selon que le porche sera lui-même en avant ou en arrière de ce portail. Dans le cas où il ne consisterait qu'en quelques constructions légères et sans caractère, destinées seulement à protéger comme auvent le bas du portail et l'entrée de l'église contre les intempéries de l'air, il suffira de les mentionner.
G. Nous avons déjè parlé de la plupart des objets et des formes qui peuvent entrer dans la construction et la décoration d'un portail ; néanmoins l'accumulation en est quelquefois si considérable , que nous croyons devoir les rappeler ici d'une manière plus méthodique. Nous pensons donc qu'il sera bon de les passer en revue dans l'ordre suivant :
i"" Le plan par terre (ou ichnographie), quelquefois accideiité et brisé,
soit par la présence d'un porche extérieur, soit par les sailKes des supports, soit par la retraite des baies , soit surtout par Tembasement d un ou plusieurs clochers.
a* Lé système général de construction et de décoration, les proportions générales, la nature et la forme des revêtements, les colonnes, pieds-droits, pilastres et contreforts appartenant h Tensemble.
3* Le couronnement général; ]a forme du pignon ou du fronton dont 'û est surmonté.
k^ Le rez-de-chaussée ; ses parties pleines , ses portes avec leurs piedsdroits, arcades en retraite, colonnes, archivoltes, statues, niches et dais; leurs linteaux, tympans, piliers centraux, battants, ferrures et serrures; ses fausses baies ou baies figurées; son ornementation et son couronnement distincts , s'il y en a.
5"* Chacun des étages supérieurs, à partir du rez-de-chaussée; leurs parties pleines, colonnes, arcades, roses, fenêtres, galeries libres ou figurées, ornementation et couronnement particuliers.
6* Les pignons ou frontons, et les ornements ou baies qui peuvent s y trouver inscrits ; les galeries libres ou figurées qui les surmontent quelquefois; facrotère qui les termine; Tinclinaison actuelle du toit, et toute trace d*une inclinaison antérieure différente.
7** La façade des collatéraux quand elle est distincte de celle de la nef principale.
S* La base des clochers du portail quand elle constitue pareillement un corps distinct de la façade principale.
Nous n'essayerons pas d'établir l'énumération complète de tout ce qui peut entrer dans la décoration d'un portail. Cette décoration est quelquefois si riche et si variée, qu'il faudrait sortir du cadre de nos instructions pour en prévoir tous les détaib et toutes les combinaisons. Ce serait d'ailleurs nous assujettir à une répétition inutile de ce que nous avons déjà dit. Les personnes qui auront bien voulu méditer avec attention les indications précédentes arriveront au portail avec une masse de connaissances déjà sn£Bsantes pour juger avec rectitude du système de la construction de chacune de ses parties, aussi bien que pour les décrire avec précision. Nous nous contenterons de les prévenir que c'est là principalement que la scuip-
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ture du moyen ftge a étalé ses compositions symboliques, historiques et astronomiques, ses rapprochements de ràneienne et de la nouvelle loi, des vertus et des vices.
Les zodiaques et les calendriers se rencontrent le plus souvent le long des pieds-droits des portes. Les premiers représentent les signes des constellations que parcourt le sdeil; les seconds, les mois de l'année, caractérisés par Toccupation spéciale à chacun d*eux, pour diverses classes ou professions de la société. On devra examiner, dans les deux cas, les singularités et anomalies que peuvent présenter ces figures, soit dans leurs formes, soit dans leur nombre, soit dans leur disposition.
Un autre genre de figures que Ton rencontrera souvent dans les portaik et les porches extérieurs, et qui semblent appartenir d*une manière particu* lièreà cette façade extérieure de Tédifice, senties lions, comme dous lavons déjà dit. Les formules que nous avons citées autorisent à penser que la présence de ces figures était obligatoire, au moins k certaines époques et dans certains pays, pour leur imprimer un caractère solennel et régalien, soit comme siège de justice ecclésiastique ou civile , soit comme emplacement affecté è certains actes qui devaient être entourés d'une grande authenticité. Plus de semblables idées sont éloignées de nos mœurs , et plus on devra mettre de soin dans la recherche de ces lions, qui figurent, tantôt sculptés isolément et portés sur des colonnes en avant du monument , tantôt amoncelés en groupe dans des stylobates , des chapiteaux ou des impostes.
Nous avons déjà signalé le goût de nos devanciers du xm* siècle pour tous les jeux de la lumière décomposée ou réfléchie. Cest à eux que Ion doit les verres colorés que l'on trouve dans lesi revêtements de certains portails et clochers, et qu'ils y appliquèrent quelquefois sur de vastes surfaces. On peut concevoir l'effet merveilleux qui en résultait quand le soleil venait à les firapper de ses rayons. Il subsiste malheureusement bien peu d'exemples et même de vestiges de cette splendide décoration, dont les moindres parodies devront être recherchées et signalées.
El. Nous avons indiqué les circonstances qui introduisirent, postérieurement à son origine, les clochers dans le plan de la basilique chrétienne, et nous avons fait remarquer combien il était rare de les rencontrer en France isolés (de l'église, comme cela a fréquemment continué d'avoir lieu dans d'autres contrées, et particulièrement en Italie.
Au XI* siècle, et le plus souvent â partir de cette époque, le cloch«r unique ou le clocher |»incipa] , quand il y en eut plusieurs, fut place au centre de la croisée. Celte circonslance , qui l'a fait reposer sur les quatre piliers centraux de l'édifice, lui a imprimé le plus souvent aussi la forme quadrangulaire , au moins à sa base. Il en est de même , au reste , des autres coustruotîoDS de ce genre, toujours appuyées sur des masses rectilîgnes, quel que soit leur emplacement. Dans les clochers élevés, cette forme s'arrondît plus ou moins vers le sommet , par les soins qu'ont pris les constructeurs d'abattre une ou plusieurs fois les angles, dans le passage d'un étage à un autre, de manière à présenter quelqu'un des polygones engendrés parte carré, quand la décroissance ne va pas jusqu'au cercle proprement dit. Dès une époque fort reculée on a commencé k employer à l'établissement de clochetons l'espace laissé libre par les quatre premiers angles abattus.
Il est rare que le clocher central ne porte pas sur un étage ajouté k la masse de l'élise, et auquel on a donné le nom de lanterne. Cet étage,
très apparent au dehors, présente souvent, dans ses
^1.- revêtements, son ornementation, les baies dont il
est percé, les contreforts ou clochetons destinés à le consolider, des faits particuliers, dont il sera nécessaire de tenir compte.
Les clochers ont reçu divers noms, suivant leurs formes. On les a appelés tours, lorsqu'ils finissent brusquement en terrasse ou par im toit peu visible; pyramides, quand la construction se termine en pointe au moyen de retraits- successiis rectilignes ou -curvilignes; flèches
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àans le cas où le sominet en est surmonté d'un toit aigu; dômes, si ce toit ^'arrondit en segment sphérique ou en pyramide curviligne; aiguilles, quand ils présentent un cône ou une pyramide très allongée et'iout d'une venue.
On rencontre encore , surtout dans les campagnes , le clocher à deux ou quatre pignons, dont la masse quadrangulaire est terminée par un toit à pignons peu aigus ;
le clocher à toil de charpente, constituant une portion notahie de sa masse;
le clocher de charpente revêtu de plomb ; le clocher de charpente couvert
d ardoise ou de hardeau; le docher arcade, composé d'une simple arcade à jour, sous laquelle la doche est suspendue.
Les principaux faits à examiner dans la description d*nn docher sont :
1^ Son emplacement;
2* Le plan de sa base et les modiScations qu'éprouve ce plan;
3"* Les matériaux et le système de construction; &** Là hauteiu* jusqu'au sommet, et la hauteur des diverses parties, quand elles établissent des divisions apparentes;
5"* La forme , les revêtements , l'ornementation de la masse , puis de chacun des étages, en allant de la base vers le sommet, y compris ses parties constituantes, telles que contreforts, colonnes, arcades ou amortissement, baies ouvertes ou figurées , et dans le premier cas pourvues ou non de divisions horizontales formées par d^s prédnctions, des larmiers ou des abat-sons; fenêtres, œil»-de-bœuf, clochetons, édicules, niches, dais, statues, couronnements ;
6"" Le couronnement terminal, les frontons, pignons, mâchicoulis, créneaux, corbeaux, corniches, balustrades, untéfixes, aiguilles, clochetons; 7** Le toit , sa forme , sa hauteur; la matière dont il est couvert ; le nombre de ses faces; les œils-de-bœuf et autres baies dont il est percé; l'ornementation de ses arêtes et de ,ses faces, en relief, en intaille ou en couleur, les imbrications ou contre-imbrications qui peuvent y être figurées ;
8^ La matière et la forme de la croix par laquelle le clocher se termine le plus souvent en France; les objets qui pourraient l'accompagner ou la remplacer.
Nous avons indiqué ci-dessus les divers peints d'une église où l'on peut rencontrer des clochers; toutes les fois qu'il en existera plusieurs, chacun d'eux devra être décrit avec des détails proportionnés à son importance. On distinguera par le nom de clocheton ceux qui sont secondaires ou qui, même isolés, n'ont jamais été destinés à recevoir des cloches, mais seulement à concourir à la décoration de l'édifice. En France, dans les églises épiscopales et abbatiales, le nombre des dochers est le plus souvent de trois, savoir : un principal au centre de la croisée, et les autres aux deux côtés du portail.
L'oraementation du clocher se compose, aux xt* et xii* siècles, d'arcade* superposées par étages (ordinairement au nombra de deux, dout les inférieures sont figurées et les supérieures libres). Pour peu que ces baies ofireut quelque étendue, une colonne centrale les subdiviaeen arcades secondaires. La décoration de ces divers amortissements, de leurs archivoltes, colonnes, impostes ; des contreforts , ressauts et revêtements , est souvent fort riche , et présente un caractère remarquable d'unité et de fermeté.
Plus tard les arcades du clocher s'allongent en lancette, n'oflrant plus qu'un seul étage; la ct^onne centrale devient prismatique et annelée à w ou plusieurs points de sa hauteur; éle £oit par dîspardtre de l'arcade, de plus en plus aiguë, bordée de colonnettes et d'archivoltes en retraite. C'est alors qu'arrivent les toits élancés en pierre, chargés d'imbrications figurées. Souvent, & cette dernière époque, le clocher central devient secondaire^ de principal qu'il avait été jusque-là.
Au XIV* siècle, la baie perd ses colonnes et son ornementation fine et délicate. Plusieurs ressauts, larmiers ou abat-^ns viennent la diviser de nouveau à l'intérieur. Les contreforts des quatre angles se renflent et se prolongent en clochetons arrondis. Les créneaux et mâchicoulis, plus ou moins ornés, signalent l'introduction du docher comme poste militaire dans la tactique de l'époque.
Avec le xv* siècle arrivent les baies évasées ou surbaissées, f ^1 pourvues de meneatix au moins à leur partie supérieure, et
d'abat-sons au-dessous; la division des étages marquée par des larmiers extérieurs, les lignes contournées ei flamboyantes, les arcs rampants et autres ornements de détail de l'époque , décrits ci-dessus ; leur exécution d'abord fine et légère s'appesantit à. mesure qu'elle approtjie de la Renais-
C'est encore au xv* siècle qu'appartiennent les dochers de charpente revêtus en plomb, et que ce système de construction permit de hérisser de crosses et autres eipansions végétales.
Le xvi* substitua k tout ce luxe de pointes et d'aiguilles plusieurs ordres superposés, d'abord d'un travail fin et dé* licat; puis en moindre nombre, de proportions forcées, et ce que nous
avons appelé le Jlamboyant de la Renaissance , avec ses bossages , ses surfaces nistiquées et son ornementation incohérente et théâtrale. En général , à mesure qu'on revint plus complètement k Timitation bien ou mal entendue de l'antique dans i'arcbitecture religieuse , le clocher devint plus embarrassant à placer, à élever à une hauteur considérable et à décorer. Aussi son importance n'a-t-elle fait que décroître de jour en jour, jusqu'à ce qu'on soit prochainement ramené à l'isoler de nouveau de la basilique, comme è l'époque de son introduction.
L Ainsi que nous l'avons déjà dit, il est rare qu*à partir du xi* siècle la sacristie soit une portion constituante de l'ég^se ou se distingue par les soins apportés è sa décoration extérieure. Gomme cependant l'un ou l'autre de ces finis peut se renconH^r, il sera toujours nécessaire de l'examiner et d'en rendre compte sous ce double rapport.