DEUXIÈME PARTIE. - MONUMENTS MILITAIRES
Les Grecs ont connu l'art de protéger par de fortes murailles leurs villes et les citaddles qui les dominaient. Durant la première période hellénique les constructions militaires furent composées de pierres irrégulières, et communément désignées sous le nom de mars cyclopéens; alors quelques tours pesantes s'élevèrent en saillie sur les courtines : l'irrégularité de l'ouvrage indique clairement l'état encore primitif de la civilisation. Nous avons déjà signalé plus haut ce mode de bâtir et la nécessité d'en dessiner avec soin une à une toutes les pierres, afm de déterminer d'une manière précise le caractère de la construction.
La Grèce, en se plaçant daus une voie de progrès, améliora son système de défense : les pierres furent taillées k l'équerre et prirent des formes régulières; mais par une combinaison sagement entendue on évita de réduire leurs dimensions en abattant les angles qu'elles présentaient en sortant de
la carrière; il n'est donc pas rare de rencontrer des assises équarries sur leurs Jits, mais dont les eiitrémitës se joignent par des lignes inclinées, courbes ou anguleuses, comme on le pratique de nos jours dans les gros libages de fondation. Enfin un troisième système de construction militaire se présente chez les Grecs : les pierres y sont par&itement régulières et bien dressées sur toutes les faces. C'est ainsi que furent construites les longues murailles d*Âthènes et f enceinte de Messène. Des tours rondes ou carrées s'élèvent à des distances calculées sur la portée du trait.
Quant & la forme des clôtures de villes, die fut subordonnée à la nature du sol. On suivit le contour des collines, on s'éleva jusqu'à leur crête, s'appuyant sur des roches escarpées, ou se protégeant par un agger et des fossés profonds.
L'Étrurie , dont les relations avec la Grèce furent pour ainsi dire conti* nues, put avoir, en raison du voisinage, quelque influence sur les coio» nies méridionales des Gaules. Les villes de cette partie de l'Italie présentent un fait curieux, relatif à la poliorcétique antérieure à celle des Romains. On y reconnaît que les Étrusques n'ignoraient pas l'art de prendre des angles pour défendre un point important de l'enceinte d'une ville. Tous ces faits sont signalés à MM. les correspondants , pour attirer leur attention sur les murs militaires qui pourraient être attribués à la colonisation grecque dans les contrées méridionales de la France.