‹ Le Comité des travaux historiques et scientifiques (histoire et documents) (volume 2)Chapitre 83 sur 196 · MACHINES DB GUERRE · texte numérisé non relu

MACHINES DB GUERRE

Athénée, Héron, Apollodore, Vitruve, Josèphc, nous ont laissé des descriptions des machines de guerre qu'employaient les anciens dans les sièges; plusieurs de ces machines se transmirent jusqu'au moyen âge, ainsi qu'on le

rs)

[Voir pins Haat, p. 198.]

voit sur des peintures de manuscrits et de vieux tableaux de TOccident. On peut espérer que TOrient donnera aussi des documents analogues.

Les sources citées plus haut à Tégard des casques, cuirasses, boucliers et autres armes défensives, foiu*nissent de même des documents à Tégard des armes otFensives des Byzantins; de plus, les arsenaux, les collections d'armes qui, en Orient, doivent être à peu près les seules qu*on puisse rencontrer, fourniraient des documents à cet égard.

Quant à Tépoque des croisades, elle laissa plus qu'une autre des traces de Tarmure des guerriers de TOccident; des pierres tumulaires ou des représentations peintes, qui se voient à Rhodes, en Chypre et ailleurs, la belle collection d'armures trouvée dans une tour de Khalcis, en Eubée, peuvent combler des lacunes à Tégard de nos connaissances sur la panoplie du moyen âge.

Une importante question se rattache à cette matière, celle du feu grégeois, de ce qui le distinguait de la poudre à canon, des moyens employés par les Grecs du Bas-Empire et des époques postérieures pour en faire usage, de Torigine des armes à feu qui semblent en être dérivées. L'ancienne artillerie des Turcs offre aussi de l'intérêt : celle des châteaux des Dardanelles a déjà élé examinée; peut-être n est-elle pas la seule en Orient qui mérite l'attention des voyageurs; les arsenaux, les châteaux et les citadelles du littoral ou de l'intérieur doivent en offrir d'autres exemples.

MOBILIBR CIVIL.

Les peintures des manuscrits grecs offrent quelques notions sur les meubles qui garnissaient les palais impériaux, les habitations princières et les maisons opulentes de l'empire de Byzance; des trônes, des lits, des tables, des sièges ; etc., y sont figurés, et le luxe oriental y brille de toutes parts. Ces premiers renseignements peuvent être développés par des peintures nouvelles; il est difficile d'espérer qu'on trouverait encore, comme cela a lieu en Occident, des meubles du moyen âge conservés jusqu'à nous. Le mobilier des maisons ordinaires et de celles de la campagne est complètement inconnu , ainsi que les instrunients de labourage. Quelques monuments pubUcs, tels qu'hospices et caravanséraïs, qui sont au nombre de ceux que respectent le plus les Orientaux, pourraient avoir conservé des restes d'anciens mobiliers, et les prisons quelques instruments de torture et de supplice.

On ignore quels étaient les ustensiles culinaires qui meublaient les cuisines du Bas-Empire et du moyen âge en Orient, tandis qu en Occident des fouilles suivies avec soin, des objets conservés dans les collections, et enfin des peintures, fournissent des notions à cet égard.

Gonstantinople possédait déjà une riche bibliothèque, commencée par Constance , augmentée et placée dans un bel édifice par Julien , puis étendue encore par Valens; quelques peintures byzantines font voir des personnages lisant sur des pupitres, les livres y sont roulés d abord et reliés plus tard; ils devaient se renfermer dans des armoires, à la manière romaine, comme l'indique un précieux ba&*reiief antique souvent publié. A l'instar de la ville de Rome , la capitale de l'Orient devait présenter des portiques où résidaient les écrivains qui copiaient les livres, et Gonstantinople moderne présente encore de nos jours un bazar spécialement consacré A cette industrie.

Fonte.

Depuis la plus haute antiquité, les ouvriers» étaient habiles dans fart de fondre Tairain et les métaux précieux; des statues de toute dimension, des portes de temples, et même des portions d'édifice, étaient produites parlmdustrie des fondeurs. Le christianisme nous montre de nombreux exemples qui prouvent que fOrient suivit une marche analogue à cet égard. On voit Constantin décorer sa capitale de statues et de groupes en bronze; un immense iegimen en même métal s'exécuter pour couvrir toutle sol de l'église de l'Ascension, à Jérusalem, et préserver * ainsi les traces des pas du Sauveur. Une grande grille fondue se voit à Bethléem. Plus tard Justinien fit placer sa statue équestre au milieu d'une place située devant l'église de Sainte-Sophie; les portes de ce temple existent encore; elles sont incrustées de métaux précieux formant des inscriptions. Cet art ne dégénéra pas au moyen âge à Gonstantinople; l'Italie possède encore, à la basilique de Saint-Marc de Venise, à Tabbatiale de Montréal, en Sicile, des portes de bronze fondues en Orient. Celles qui fermaient, jusqu'en i8aa, la grande église de Saint- Paul-hors-les-Murs, à Rome, avaient la même origine, et de nombreux sujets incrustés en argent en décoraient les panneaux. Les Turcs durent trouver cette industrie encore en vigueur dans la capitale, lorsqu'ils s en furent rendus maîtres, car la mosquée d'Achmet, l'une des plus anciennes de cette ville, présente de magnifiques portes en bronze, chef-d'œuvre de fonte.

Quant à la damasquinerie, on sait combien les Orientaux sont encore habiles dans ce genre de travail , qu ils appliquent à la décoration des armes.

Orfèvrerie.

L*orfèvrerie tient une place importante dans les arts industriels. Anastase nous fait connaître combien Constantin et ses successeurs furent prodigues envers les églises pour les enrichir de vases sacrés , d*ustensiles du culte ; l'or et Targent y brillaient de toutes parts. Les noms grecs donnés à plusieurs de ces meubles indiquent assez leur origine orientale. Des lampes, des phares, des croix, des candélabres de tous genres, portaient le luminaire, soit dans les nefs des églises, soit devant Ticonostase.

f^e luxe oriental ne borna pas Torfèvrerie à produire pour les églises des vases et autres ustensiles du culte. Les descriptions de Sainte-Sophie laissées par les auteurs grecs indiquent que Justinien fit exécuter en métal précieux Tautel et le ciborium, la clôture sacrée, les tables de proposition, le trône du presbytère, la chaire et le dôme qui la couvrait. La pala doro de Venise est un exemple de ce luxe byzantin. La plupart des portes saintes des sanctuaires des églises étaient en métal précieux; on en voit encore aujourd'hui au Mégaspyléon, couvent de la Morée. Des statues d'or et d'argent s'élevaient dans les sanctuaires, et l'art byzautin imagina ces peintures sacrées, couvertes de lames repoussées, quon voit déjà paraître dans les premiers siècles, au dire d'Ânastase, qui les désigne par ces mots, imagines, icônes ex laminis deauratis argenteis invesiitœ, et dont se décorent de nos jours les iconostases, ainsi que les chapelles portatives des Grecs et des peuples du Nord. L'orfèvrerie couvrit quelquefois, par ce même procédé, les murailles entières des chapelles, et ajouta encore à ce luxe les pierres précieuses, les bijoux les plus délicatement travaillés, pour distinguer le nimbe, le collier, les bracelets des saintes images. Les nombreuses dévastations de l'Orient laissent peu d'espoir d'y rencontrer des objets d'orfîèvrarie ancienne; cependant les monastères ont pu en conserver quelques fragements. Nous indiquerons les principaux objets qui auraient pu survivre.

Lampes.

On sait combien Jes Grecs et les Orientaux, en général, multiplient les lampes de suspension dans leurs temples; les anciennes églises byzantines devaient présenter, à cet égard, de l'analogie avec ce qu'on voit de nos

jours en Orient. On pourra donc rencontrer dans des édifices anciens quelques exemples de ces iampes produites par l'art néo-grec; on en voit au monastère duSinai. Cétait particulièrement en avant de Ticonostase qu'elles étaient multipliées , et pour en augmenter le nombre on en fixait à la clôture sacrée , puis à des pièces de bois ornées de croix et d'attributs.

Goidélabres.

Des candélabres de grande dimension étaient placés aussi en avant de l'iconostase; on les exécutait en aident, en cuivre ou en bois, selon l'importance et la richesse du monument. Ces candélabres se reproduisaient aussi autour des meid)les destinés à porter les tableaux rappelant les principales fêtes de l'année.

Flambeaux.

Sur l'autel, les flambeaux, moins multipliés que chez nous, étaient placés aux quatre angles^^^; les peintures des manuscrits nous en offrent quelquefois des copies, dont les formes élégantes font désirer d'en retrouver des originaux. Les cierges, placés dans les Jlambeaax , ne doivent pas être négligés; on en voit en Orient de plusieurs formes et de couleurs variées : il y en a de cylindriques , de plats , de prismatiques.

L'autel grec poile aussi un Jlabellam, qui est ordinairement double : c'est un disque orné de têtes de chérubins, et soutenu verticalement sur un pied. On place fréquemment aussi cet objet sur la corniche horizontale qui couronne l'iconostase.

Tabernacle.

Enfin l'autel est décoré quelquefois d'un tabernacle formé de matières précieuses et complètement isolé, ce qui le fait différer des nôtres, toujours reliés aux gradins de l'autel.

Pyxides.

Indépendamment de ce tabernacle, destiné à renfermer la sainte Eucharistie, des pyxides ou boites. en métal précieux, qui remplissent le même but, sont suspendues, soit à la voûte du ciborium, soit à une coupole faisant partie de la couverture du sanctuaire , au-dessus de l'autel.

Les palais des souverains, les maisons des grands officiers de l'empire et

(*) [Voir pins haut, p. 3i s : iSoJicftiaîiv^ autels,]

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