PROJET DE PROSPECTUS DE DQM GRENIER POUR LA COLLECTION DES CHARTES
1^ Annoncer que les chartes qui doivent être publiées ont été copiées telles qu'elles se trouvent dans les originaux ou dans les anciens cartulaires;
3^ Que les marques d'autenticité dont elles sont revêtues, comme le Labarum, les croix, les sigles et les monogrammes, ainsi que les sceaux, quand on aura pu se les procurer, seront gravées à chacune des pièces. M. Desmarest, président en l'élection de Senlis, nous ofire un grand nombre de sceaux, dessinés d'après les types et avec beaucoup de soin.
3° Après avoir parlé de l'assemblée qui se tient exactement tous les mercredis de chaque quinzaine, après avoir nommé les personnes qui ont riionneur d*y être admises, il sera à propos, pour exciter l'émulation de ceux qui voudront contribuer au travail, de citer ceux qui ont commencé la besogne en 1765, tels que D. Géroux, D. Le Noir, D. Mulei^^^ D. Queinser et autres, dont M. Glié peut donner les noms; ceux qui ont suivi ce travail constament depuis l'origine jusqu'aujourd'ui; D. Grenier, chargé par ses Supérieurs de Thistoire de la province de Picardie, est le seul peutêtre qui ait fourni des chartes, tous les ans, au dépôt; de rappeller ceux qui se sont mis à travailler depuis l'époque de 1 y 65, savoir : M. Afforti, chanoinedoyen de Saint-Rieule de Senlis ^^\ M. Duteil''\ M. de Barive et autres, s'il y en a, ajoutant que plusieurs personnes se présentent aujourd'ui pour pousser la besogne vigoureusement.
à^ Je pense qu'il ne seroit pas hors de propos de faire entrer dans le
0) Dom Charles- Joseph Mulley, né à Bapaume, un des collaborateurs de dom Grenier à l*histoire de la Picardie.
^) Afforty envoya au Comité des chartes la copie d*un grand nombre de documents tirés tant de Thôtel de ville que des établissements religieux et ecclésiastiques du diocèse de Senlis. La bibliothèque de Senlis possède un recueil manuscrit en vingt-cinq volumes, dû à ce laborieux chanoine.
(*) La Porte du TheH.
prospectas la iétre du P. Général de la congrégation de Sainl-Maur, que M. Moreau annonce dans f avertissement qui se trouve h la tète du dixième tome de ses Discours sar l'histoire de France, pour faire voir que ce corps de religieux a été prêt dans tous les tems à servir TEtat comme TEgiise.
(CoUectîoo Uortn, n* 290, fiiL iSS.)
EXTRAIT D'UN RAPPORT DE MOREAU SUR L'iXAT DES TRAVAUX LITTERAIRES.
i" mars 1788.
Cette collection a été projettée dans les comitez qui se tenoient ches M. le Garde des sceaux et a toujours été regardée comme le firuit du concert et de la collaboration de tous les membres du Comité, et si on veut avancer cette besogne , il est essentiel de maintenir toujours cet ordre.
Il faut cependant convenir que Ion s*est un peu trop hâté de vouloir donner un volume. Il eût été essentiel de commencer par amasser tous les matériaux qui dévoient y entrer, et nous n'avons pas même encor tous ceux que Ton pourroit tirer de la Bibliothèque du Roy.
Lorsque cette observation lut faite, on répondit quil falloit commencer par donner un volume tel quel , afin que le public ne pût douter de la réalité de cette immense entreprise. On ajouta que ce premier volume, ne devant contenir que des pièces qui étoient desjà imprimées en différens receuils, seroit plus facile, et que Ion auroit le tems de préparer les autres*
n eût été peut-être plus utile de le faire imprimer au Louvre, comme le receuil des Ordonnances , et d'ordonner, comme Tavoit fait autrefois M. Daguesseau pour celui-cy, que l'imprimeur enverroit à Monseigneur le Garde des sceaux une épreuve de chaque feuille, afin qu*il pût suivre ou faire suivre de Tœil ce travail. M. de Bréquigny, qui fut choisi pour rédacteur, en chargea Nyon, libraire, à qui Ton promit 9,000^ par volume pour 3oo exemplaires.
M. de Bréquigny, trop chargé , a choisi lui-même M. Dutheil , et il ne faut pas se dissimuler que ce travail se fait actuellement presque sans aucune relation avec le Comité, ny avec la bibliothèque destinée à lui fournir les ^ matériaux.
Comme les chartes qu'il s'agit de rassembler sont infiniment plus nombreuses et moins connues que les Ordonnances, il est certain que si ce receuil
devient, comme celui des Ordonnances, le travail dun seul, nous ne le verrons jamais avancer.
Il est donc important de rétablir, par le moien du Comité , la relation qui doit être perpétuelle entre: i° les rédacteurs; a^ le magasin qui doit fournir les matières; 3* et les gens de lettres qui doivent les juger et en disposer larrangement.
Icy même, ce n*est pas k prop'rement parier une rédaction qu'il faut, car toutes les pièces existent, il ne s*agit*que dun arrangement dans lequel chacun des membres du Comité peut et indiquer une pièce et juger de f ordre où elle doit être placée.'
On n'en dira pas davantage sur tout cela, parce que ce sera un des premiers objets sur lesquels on délibérera dans le Comité. Je ne me permettray, en attendant, qu une seule observation : louvrage n ira jamais si bien , ny si vite , et ne se fera jamais à si bon marché que lorsque les Bénédictins, accoutumés à ce travail, le connoissant à fond, et n'ayant que cela à faire, arrangeront eux même la collection, dont M. de Bréquigny ne parott s'être chargé que pour la faire passer à un autre, auquel il faudra bien quelque jour la payer infiniment plus cher.
(GoUectioii MoTCta, n" 315 , fol. 34.)
MEMOIRE DE BRÉQUIGNT