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MÉMOIRE SUR UNE NOUVELLE COLLECTION DES CONCILES DE FRANCE

Où l'on indique les provinces quelle doit comprendre, sous les différents âges de la monarchie, la nature des actes qui doivent y entrer, et les recherches qu'on a faites pour la rendre plus parfaite. On donne une idée des pièces nouvelles, tant imprimées que manuscrites , dont on est en état de Venrichir, et du plan qu'on a suivi dans la rédaction de cet ouvrage, jusqu'à la fin du l' siècle, par des religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur ^'^

Le projet d'une nouvelle collection des conciles dé France est très-ancien. M. l'abbé de Targny ^^^ commis à la garde des manuscrits de ia Bibliothèque du Roi, s'en étoit occupé. Après la mort de ce savant, arrivée en i ySy, dom Hervin ^*^ et dom Du val ^^\ religieux de Tabbaye de Saint-Germain-d es-Prés , furent nommés pour continuer le travail. Dom Duval étant mort bientôt après , dom Hervin eut d autres coopérateurs, qui travaillèrent quelque temps avec lui, sur les manuscrits de la Bibliothèque du Roi. Ces religieux furent appelles à d'autres occupations , et dom Hervin resta seul chargé de cette entreprise. Nommé ensuite à l'emploi de bibliotécaire de fabbaye de Saint- Germain-des-Prés, et ne pouvant suffire à tout, il se déchargea de la collection des conciles de France sur deux de ses confrères des Blancs- Manteaux. Un de ces religieux, appliqué à un autre genre de littérature, et chargé, peu de temps après , d'un travail considérable, a laissé des remarques critiques sur quelques conciles des premiers siècles. L'autre na pas discontinué, dans Tespace de plusieurs années consécutives, de coUationner l'im* primé du Père Labbe^^^ sur les manuscrits de la Bibliothèque du Roi. Il en a

(*) A Paris, de rimprimerie de G. Desprez , imprimeur ordinaire du Roi et du Clergé de France, 1785, avec approbation et privilège du Roi. — L'Avertissement seul que nous reproduisons rentre dans le cadre de cette publication.

^*) L'abbé de Targny, d'abord garde des imprimés, lyid, puis garde des manuscrits de la Bibiiotbèque du Roi, en remplacement de Boivin, 1736. Il mourut le 3 mai 1737. Ses notes sur les manuscrits à consulter pour une édition des conciles sont dans le n^ gSis du fonds latin à la Bibiiotbèque nationale.

^^) Dom Jean HerVin, né à Namur, profès à Saint-Remi de Reims le 10 mars 1721, mort bibliothécaire de Saint-Germain-des-Prés , le 3 décembre 1764. Dom Hervin, collaborateur de Montfaucon, avait travaillé, avec dom Nicolas Bourotte, à une nouvelle édition des conciles des Gaules, mais il abandonna ce grand ouvrage à dom Hippolyte^Augustin de Goniac et à dom Jean-Pierre Deforis.

(*) Dom Jacques-Etienne Duvai, né à Rennes, où il fut proies à Saint-Mélaine, le 1 1 mai 1715. n mourut bibliothécaire de Saint-Germain-des-Prés , le a 3 avril i74a>

0) Le P. Philippe Labbe, jésuite, né à Bourges le 10 juillet 1607, mort à Paris le a 5 mars

extrait non-seulement une quantité considérable de variantes utiles et souvent nécessaires pour la correction du texte , mais encore un grand nombre de pièces anecdotes, dont on trouvera le catalogue à la fin de ce mémoire. Il a fait le même travail sur les manuscrits du collège des Je suites de Paris^, en ayant obtenu communication , pendant Texamen qu'on on fit à Tabbaye de Saint-Germain-des-Prés , avant qu'ils fussent mis en vente. M. de Bréquigny, de l'Académie françoise et de celle des inscriptions, toujours attentif à ce qui peut contribuer à l'avantage des lettres, a bien voulu, dans le voyage littéraire qu'il a fait en Angleterre, collationner Timprimé du Père Sirmond ^^\sur un ancien manuscrit de la bibliothèque Cotonienne, et communiquer à ce religieux les variantes qu'il en a tirées.

Dom Hervin, en se déchargeant de l'entreprise de la collection, avoit remis des mémoires auxquels on ajouta, quelque temps après sa mort, tout ce qu'on put trouver parmi ses papiers de relatif à cet objet. Ce sont dif* férentes copies du plan de la nouvelle collection, des variantes de plusieurs manuscrits de la Bibliothèque du Roi, jusqu'au milieu à peu près du IX* siècle, recueillies à diverses reprises et par des mains différentes; des notes et des observations critiques sur les anciens conciles de France jusqu'à la fin du V* siècle, avec les pièces imprimées de la collection du Père Sirmond et du Supplément de M. de la Lande, toutes détachées et la plupart accompagnées de notes marginales; une copie du texte grec et latin d'Eusèbe de Gésarée, concernant les premières assemblées de l'Église de Lyon; enfin des copies de plusieurs conciles et autres pièces canoniques du xi* siècle, de l'édition du Père Labbe.

Il s'agissoit de mettre à profit tous ces matériaux. Le religieux des Blancs-Manteaux qui a si constamment travaillé sur les manuscrits de la Bibliothèque du Roi invita un de ses confrères de province à venir se joindre

1687, ^ P^^ fécond des écrivains et des savants de la Société de Jésus. Il édita , avec le P. Gabriel Cossart, les Sacrosancia concilia ad regiam editionem exacîa, Paris, 1671-1673, en 18 y<A. in-foi., d*après la collection des 87 volumes réunie au Louvre en i644*

(0 La célèbre bibliothèque du collège de Glermont, connu, depuis 168a , sous le nom de Louisle-Grand.

<*) Le P. Jacques Sirmond , jésuite , né à Riom le la octobre iSSg, mort à Paris le 7 octobre i65i, auteur d*un grand nombre d'ouvrages d'érudition, qui ont été plus tard réunis par le Père Jacques de la Baume, en 5 vol. in-foL, Paris, 1696. La collection à laquelle il est ici fait allusion est celle des Concilia andqua Gallim, Paris, 1619, 3 vol. in-foi. Son neveu, Pierre LaUnde, y ajouta, en 1666, un supplément formant un volume in-folio.

à lui. Pour mettre de Tordre dans ie travail qui restoit à faire, et poser les fondements sur lesquels on devoit bâtir, il a fallu préalablement dresser un catalogue de tous les actes qui doivent entrer dans la nouvelle collection; ce qui comprend ceux qui sont déjà dans les collections imprimées, ceux qui auroient dû y trouver place, et ceux qui, nayant vu le jour qu'après les dernières collections, restent mêlés et confondus avec d autres pièces dans des spicâléges, recueils d'anecdotes et autres ouvrages de cette nature, dont on sait que le nombre est considérable.

La recherche et un examen critique de toutes ces pièces, ainsi que la revision et la correction du texte, exigeoient un travail de plusieurs années, et ce travail a été quelquefois interrompu pour examiner de très-anciens manuscrits de la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés , et copier des actes sur des cartulaires et sur d autres manuscrits, dont on a eu communication de divers endroits.

Quelques recherches qu'on ait pu faire, on ne se datte pas d avoir épuisé un sujet aussi vaste , et qui paroît inépuisable. Mais il y a suffisamment des matériaux pour donner au public une collection des conciles de France, depuis le second siècle de TÉglise jusqu'au concile de Trente, plus ample et plus correcte que celle du Père Sirmond et même que celle du Père Labbe , en ce qui concerne TÉglise gallicane.

La collection du Père Sirmond ne commence qu'au concile d'Aries, de l'an 3 1 /i , et elle finit sous le règne de Lothaire, fds de Louis d'Outremer, et père de Louis V, le dernier de nos rois Carlovingiens. Elle a été fondue dans celle du Père Labbe, avec de nouvelles pièces, que ce dernier collecteur y a ajoutées d'ailleurs. On peut voir, à la suite de ce mémoire, les augmentations qu'on se propose de faire à tout ce que le Père Sirmond et le Père Labbe ont donné d'intéressant pour l'Eglise gallicane, jusqu'à la fin du x"* siècle. Les augmentations qu'on fera pour les siècles suivants à la collection du Père Labbe ne seront pas moins intéressantes.

On n'a point eu égard à tous les retranchements faits par le Père Hardouin ^^^ ,

(0 Le P. Jean Hardouin, jésuite, né à Quimper en i6ii6, mort à Paris le 3 septembre 1729, bibliothécaire du collège Louis-le-Grand , avait été chargé par rassemblée générale du clergé de France de puUier la grande collection des conciles, qui parut en 1715 à Tlmprimerie royale, en 1 a vol. in-fol. Il fut accusé d avoir supprimé des pièces importantes et de les avoir remplacées par des pièces apocryphes. La vente de cette édition fut suspendue, par arrêt du Parlement , jusqu'à ce que des cartons destinés à faire disparaître les endroits incriminés eussent été intercalés dans

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dont il est parié dans Touvrage de M. labbé de Saimon^^^ sur Tétude des conciles ; mais on profitera des variantes et des pièces nouvelles qu'il a données.

La correction du texte, des observations historiques « Texplication de plusieurs endroits obscurs, et le rétablissement de la chronologie lorsqu'elle a paru en défaut , doivent naturellement donner de grands avantages h une nouvelle collection sur les anciennes. Relativement à ces objets , nous navons négligé aucun des moyens qui étoient & notre disposition.

Les gens de lettres sont priés d'examiner le plan sur lequel on a rédigé cette collection jusqu^à la fin du x* siècle. Les nouvelles découvertes et les observations qu'on voudra bien nous communiquer seront mises à profit, pour faire à cet ouvrage toutes les améliorations qu on jugera praticables et nécessaires.

Pour prévenir les difficultés qui peuvent se présenter sur Tobjet de ces observations et sur les découvertes dont on peut faire usage, nous exposerons dans ce mémoire les principes qui nous ont dirigés dans nos recherches, soit sur le nombre des provinces qu'une collection des conciles de France doit embrasser sous les différents âges de la monarchie « soit sur la nature des actes qui doivent y entrer, et que le Père Sirmond a compris sous ce titre: Concilia antiqua GaUiœ, cam epistolis pont^am, principmn constitationibus et aliis ecclesiasticœ rei Gcdlicanœ monimentis.

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