I. IS
iurtxvuie «atiovalk.
On doit suivre Tordre indiqué parle local et annoncer que, dans telle armoire, sont contenues tant de layetes, et, dans telle layete, tant de pièces, qui sont, etc.
Sur chaque pièce il faut d*abord en donner une description physique, la longueur et la largeur, la couietir et la nature du parchemin, la qualité de Tencre, le plus ou le moins d abréviations , le nombre des signatures, Tétat des sceaux; si cette pièce est un chirographe, ou un acte reçu par des notaires, si c'est un diplôme ou une charte, si elle parott un titre original ou une copie; en un mot, il ne faut omettre aucun des caractères qui peuvent constater le plus ou le moins d'authenticité dont elle est susfieptible. On doit ensuite rendre en un mot l'objet de la disposition ou die la convention que le titre renferme, les noms et les qualités des personnes qui disposent ou qui contractent, et la date du lieu, du jour et de l'année.
EnOn, s'il résulte de la pièce quelque connoissance qui puisse intéres^^ ou la chronologie, ou l'histoire, ou la topographie, on peut les exposer par forme de remarques.
Cette opération doit se répéter successivement sur tous les monumens du chartrier, et dans cet inventaire, qui doit être, comme on le voit, une suite de notices, on ne doit omettre aucun titre de tous ceux qui peuvent être antérieurs à l'an i55o.
Depuis cette époque , on ne prendra que ceux qui peuvent être des monumens de quelques faits importans ou servir de preuve à quelque point de l'histoire ou du droit public de la province.
( CoUection Moraau , n* 988 , fol. i o. )
CIRCULAIRE AUX INTENDANTS DES PROVINCES POUR LEUR DEMANDER DE FAVORISER LE DEVELOPPEMENT DU DÉPÔT DES CHARTES ^^K
a 5 janvier 1765.
Tout ce qui peut contribuer, Monsieur, au progrès des connoissance^ utiles a des droits sur vous : vous aimés les sciences et vous les entisirgés, comme moi, sous le rapport qu'elles peuvent avoir aVec l'ordre pubKc.
t*> Cette pièce a été publiée par M. Champoliion-Figeac , Lettres des rois et reines, Introduclîoa. p. xm.
La nécessité àe ramasser des matériaux qui puissent perfectionner notre bi^stoire et substituer enfin la vérité des faits constatés à Tincertitude des opinions et aux dangers des systèmes, a déterminé Sa Majesté à établir un dépôt général dans lequel elle m'a chargé de réunir toutes les richesses diplomatiques qui peuvent ajouter de nouvelles lumières à celles que nous avons desjà sur les anciens usages et sur le droit public de la France.
Les monumens dont nous pouvons tirer le plus de secours sont les chartes de nos Roix, celles des seigneurs laïques et ecclésiastiques, en un mot tous les actes anciens qui, dispersés dans une multitude innombrable de dépôts, ou nont point encore été abordés par la curiosité, ou n ont été qu imparfaitement connus par les savans.
Feu M. Secousse et, après lui, M. de Sainte-Palaye ont composé un catalogue de toutes les chartes desjà connues et dont les savans ont donné ou des copies ou des notices. Cet ouvrage, qui se continue par M. de Bréquigny, est desjà un fonds qui nous met à portée de tirer de tous les dépôts des copies d*un grand nombre de monumens. Mais il en reste à découvrir peut-être beaucoup plus quon en connoît, et ce travail, auquel le Roi ne peut employer beaucoup de fonds, exige par conséquent que nous mettions en mouvement les puissans ressorts de l'émulation et de l'honneur. Les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur ont offert au Roi le secours dun petit nombre de travailleurs, qui s'occupent à dépouiller les chartriers qui peuvent leur être ouverts, et principalement ceux de leurs monastères. Mais vous concevés combien ce secours est foible e.t lent. Il seroit donc question d'animer et d'encourager à ces recherches tous les gens de lettres qui, dans les différentes provinces, peuvent se livrer par goût à ces sortes d*études , et peut-être seroitil facile de tourner au profit de l'État la curiosité dont ils sont animés.
Voici donc, Monsieur, le plan de notre dépôt. H doit renfermer : i° dès tables et des notices de tous les titres renfermés dans les archives qui appartiennent au Roi, à la conservation desquelles il veille et dont il peut tirer dans tous les tems tous les renseignemens utiles à l'administration; a® des copies figurées de tous les titres importans qui, gardés dans les dépôtschartriers ou des églises ou des particuliers, ne sont pas ^u$ la main du Roi, et dès là peuvent ou être altérés par l'infidélité, ou (Jégfadés par la négligence.
' Pc l'exécution de ce plan, qui exige peut-être plusieurs années de
travail, il rësulteroit : i"" une source abondante de conooissances , qui faciliteroit à tous les savans des études pour lesquelles ils ont aujourd'hui peu de ressources; 9* la facilité de composer pour la France un receuil tout autrement riche et bien plus interressant que ceïui qua formé Rymer pour l'Angleterre.
D'après ces connoissances , que j*ai dû vous donner d*abord , je me flatte que vous voudrés bien concourir, autant qu'il est en vous, au succès de cet établissement, et voici ce que j'espère de votre zèle :
i' Il existe dans les provinces beaucoup de gens de lettres et de savans ignorés dans la capitale : il est toujours utile de faire connoitre de pareils sujets, et souvent nécessaire de les employer. Si donc vous découvres dans votre département des gens de mérite qui, appliqués par goût aux études de l'histoire et du droit public, soient capables de recherches et ayent fait preuve de leurs talens, je vous serai bien obligé de vouloir bien m'en envoîer les noms, et d'y joindre un état de ce qu'ils ont fait, du genre particulier auquel ils sont propres et même de leurs facultés et de leur fortune. Ces catalogues de gens utiles formeront. Monsieur, une partie précieuse des connoissances que je veus acquérir et qu'il est important de donner au Roi.
a"" Si, dans l'étendue de votre département, il est possible de faire faire par vos subdélégués, du moins par ceux d'entre eux que vous jugerés plus propres à ce travail , ou par des gens de lettres de votre connoissance , des découvertes utiles , vous me fairés grand plaisir d y faire travailler.
S*" J'ai donné aux Bénédictins qui s'occupent , soit des recherches qu'exige notre dépôt, soit de la composition des histoires aiuquelles leurs Supérieurs les appliquent, des lettres de recommandation pour MM. les Intendans; je vous serai donc bien obligé de vouloir bien protéger leurs études, leur faciliter l'entrée des dépôts dont la connoissance et le dépouillement leur sont nécessaires, et les encourager par des marques d'attention et de bonté. Vous pouriés même me mander quelquefois ce que vous pensés de leur travail et de la manière dont ils s'y livrent.
k" Les chapitres, dont les archives sont pour la plupart très-mai en ordre , ont toujours témoigné quelque défiance lorsque l'on a voulu fouiller leurs chartriers, et l'intention du Roi n'est certainement pas que l'on augmente ces défiances en usant d'autorité; mais ne seroit-il pas possible de
les engager eux-mêue à mettre de Tordre dans leurs chartriers, à en composer des inventaires exacts, et à en fournir au Roi des copies? Car, après tout, Sa Majesté, comme protectrice des églises, a non-seulement le droit, mais est de plus obligée de veiller à la conservation de leurs titres; sur cela , si vous avés quelqu*idée ou quelque plan , vous me ferés plaisir de m*en faire part.
Enfin , Monsieur, je vous exhorte à concourir, en tout ce qui dépendra de vous, au succès d'un travail dont vous sentes les avantages; la correspondance que vous voudrés bien entretenir avec moi sur cet objet me sera toujours extrêmement précieuse, et j*aurai soin d'instruire Sa Majesté des services par lesqueb vous aurés secondé ses vues.
Je suis , etc.
Bbrtin.
(Coflection Moreau, n* 995, fol. 8.)
MEMOIRE DE MOREAU SUR LA FORMATION D^UNE SOGIliTé LITTERAIRE.
Du 5 janvier aa i3 février 1765.
Le Ministre ayant, par ordre du Roy, entrepris de former sous les yeux de S. M. un dépôt de droit public qui doit devenir la clé de tous les dépôts du Royaume envisagés sous ce point de vue, il paroît important et facile de perfectionner un établissement dont on doit tirer tant d^avantages.
Ce dépôt doit contenir :
i"" Des tables ou listes de tous les monumens renfermés dans toutes les archives du Royaume, et ces tables, rangées par ordre de provinces et de matières, serviront à tous les savans pour éclairer et faciliter leurs études;
2* Des copies figurées de toutes les chartes importantes dont on aura jugé à propos de conserver des doubles; ce qui arrivera toujours lorsque, le dépôt dont il aura été tiré n'appartenant pas au Roy; on ne pourra se flater de disposer de f original en tout tems, et que l'on pourra même craindre de le perdre;
3* Des notices exactes de tous les titres imporUns renfermés .dans les dépôts appartenans à S. M. el dont elle peut disposer, mais dont il est important de réunir tous les témoignages pour la facilité des études.
Ce projet ooounence à s'exécuter depuis près de deux ans, à Taide des travaux de la congrégation de Saint^Miaur, et jusqu*icy on s est contenté d'encourager les recherches de ces religieux par une correspondance exacte. Le résultat de cette correspondance est que « peu-à^pcu^ le dépôtse forme, et quil n*en coûte que fort peu au Roy, qui n*a assigné à ce travail qu'une somme de /i,ooo^ par an.
On proposé maintenant à S. M. d'encourager ce travail, de lui donner une nouvelle activité et d'en étendre les progrès et. les avantages.
Il ne s'agit pour cela que de former ime société de gens de lettres qui jusques à présent aient fait leur principale étude de la diplomatique , du droit public et de l'histoire , et d'établir cette société sous les ordres du Ministre-, comme le centre de tous les travaux littéraires qui doivent former et enrichir le dépôt projette.
Le Ministre trouvera aisément douze persones qui se livreront à ce soin et qui ne demanderont d'autres récompenses que l'honeur de servir utilement l'Etat, et la gloire d'être connuis de S. M. comme travaillans par son ordre sous les yeux de son Ministre.
Cette société formée, il seroit nécessaire qu'elle reçût sa mission, soit par des lettres du Ministre, soit, ce qui seroit plus agréable , par un arrêt du Conseil, qui donneroit quelque solidité â l'établissement, et feroit regarder aux savans comme une faveur l'honeur d'être admis au travail.
Cette société auroit pour secrétaire perpétuel celui qui, sous les yeux du Ministre, a jusquicy été chargé de la correspondance qu'a exigée la formation de ce dépôt.
Elle s'assembleroit tous les quinze jours chès le Ministre même, qui pourroit, quand il en auroit le temps, présider h l'assemblée, et voicy quelles seroient ses occupations :
1*" Elle examineroit les listes ou catalogues des monumens envoyés par les Bénédictins ou par tout autre que l'on emploieroit dans les ^ provinces, et indiqueroit les titres dont on doit envoyer des copies figurée^sou seuiemant des^notices/^Les. membres de cette société pourroient même se pArlager.ces listes, et<faif^à«latquinzaine leur rapporta l'assemblée.
1*" Elle jugeroit également et les copies figurées et les notices quiseroient
envoyées, et charg^roit le secrétaire perpétuel de d^Bander les. éclaircis^emens dont elle croiroit avoir besoin.
3^ Ce seroit d*après lexamen et la délibération de cette société que Ton assigneroit à chaque charte et le degré d'autorité qu'elle mérite, et la place qu elle doit tenir dans 1c dépôt.
Ix^ A mesure que, dans quelqu'un de ces monumens, on trouveroit quelque trace de connoissance utile à l'histoire ou au droit public, on en feroit note dans un regitre qui ne seroit destiné qu'à cela, et, au bout de l'année, ce regitre ne laisseroit pas que de contenir bien des notes curieuses et intéressantes.
5* Enfin , qui empêcheroil cette société de s'occuper de l'éclaircissement de plusieurs points intéressants de notre histoire, et de chercher impartialement la vérité , que tant de systèmes tendent à obscurcirP Là , sous les regards même du Gouvernement, se formeroient peut-être bien des mémoires utiles dont on pourroit faire usage quelque jour dans des tems plus calmes.
Op ose dire que, si cette société, une fois formée, avoit commencé ses séances, et qu'on Tcût vue pendant six mois les tenir régulièrement, alors la considération personelle attachée aux membres qui 1» oomposeroient, l'honeur qu'ils auroiènt d'être approuvés et autorisés par le Roy, exciteroit l'émulation de bien des savans, qui brigueroient comme uoe grâce singulière l'avantage d'être admis à leurs assemblées.
Alors il seroit important d'être extrêmement réservé à l'accorder et de ne point augmenter le nombre des associés; mais ils pounroient se choisir dans les provinces des adjoints correspondans, qu'ils prend roient principalement dans i«s Chambres des comptes ou aub^s Compagnies supérieures et dans les collégiales. Ces adjoints, que la société présenteroit au Ministre, et auxquels il auroitki bonté d'^«rire au nom du Roy, s'empresseroient 4*aider la société de leurs travaux, et, dans peu de tems, TémuUtion gagneroit tellement que ces sortes d'études n'auroient plus besoin d'être encouragées, et qu'il seroit facile au Ministre de les régler et de les dfriger au bien public, but que l'on doit principalement se proposer dans un teois où on tenteroit en vain de donner des bornes à la curiosité ou d'imposer silence à la hardiesse des écrivains.
On se flate que S. M. voudra bien faire attention que, ne pouvant pas exciter par des récompenses pécuniaires le zèle des véritaUes savans, seuls en état de faire taire ceux qui ne le sont qu'à demi, elle doit hausser, autant
qu'elle le pourra, la valeur des récompenses d'honneur et de considération. Il est heureux qu'en France les regards du Roy soient encore la plus flateuse que ses sujets se proposent ^^\
(Cdlectian Moveaa, n* 288, foL 63.)
^') A œ mémoire de Morean était jointe la liste suiTante :
Gens de lettres <pû pourroient former la société lUiértiire proposée à Sa Majesté.
M. DE Saihte-Palais.
M. DE FoircBMAOïni.
M. DE Baequiout.
M. Dalbebt , conseiller au Parlement.
n ne Fett qae depuis qndqoes mois ; îl étoît ey-devant conseiller au Conseil sonTerain de Perpignan . U est fort attadié à M. le maréchal de Noailles, grand traYaiflenr, aimant les vieax monnmens et impartial dans ses recherches sor le droit public
M. BIOREAC.
MM. Capfbronibb et Tabbé Boudot.
L'un et Fautre gardes de la Bibliothèque du Roy; ils seroient sensibles à rhonenr d'être adaûs dans cette société et nous aideraient beaucoup en nous communiquant les rîchesaes diplomutîqiies de la Bibliothèque du Roy. (Jean Gapperonier, né à MonCdidier le 9 mars 1716, mort à Paris le 3o mai 1775 , professeur de grec an Collège de France, membre de FAcadémie des inscriptions, garde des manuscrits, puis des imprimés de la Bibliothèque royale. — PierreJean Boodot, né i Paris en 1689 , mort dans la même TÎHe le 6 septembre 1771, bibliographe distingué, ooilabora aux catalogues de U Bibliothèque du Roi.)
M. Ckébin.
. Premier commis du dép6t de M. Baujon et l'un des plus habiles eonnoisseurs en monnmcns diplomatiques. (Bernard Ghérin, historiographe des ordres de Saint-Laiare, de Saint-Michel et du Saint- Esprit, né à Ambonville, mort i Paris le si mai 1786.)
M. Boucher d^Argis.
Excellent avocat, ayant de très-bons reeeuils et s'étant toujours Imé au droit public. (Antcmie- Gaspard Boucher d'Argis, né à Paris le 3 arrB 1708, mort dans la méoM viBe le a6 janvier 1791, auteur de nombreux ouvrages de droit.)
M. DE ViLLABBT.
Chargé de la continuation de llustoîrc de France de Tabbé Vdly et lort an lait des archives de la Chambre des comptes. (Claude ViUaret, né vers 1716 à Paris, mort en février 1766; il oonlinna Tonvrage de Velly depuis 1399 jusqu'à i46g.)
M. ViTBirT DE Messac.
Homme très savant, connoissant fiès-bien les monumens, il ert attaché à la mAiaon de Noaillea, qui en lait grand cas. (Tout ce que foo sait de Vivant de «Meaaguess, e'ert qu'il est l'auteur du Bilnu général et rwomU de rAnyUterre, depuis i$00 jusqu'à la fin de iJSi, oa Lettres sur k produit du tems et dm commerce, Paris, 1761 » in^*.)
( GollMtioa HorMi , a* 309 , fol. a3. )
PROJET D'ARRÊT DU CONSEIL RELATIF À LA CRiÈATION D'UN BUREAU LITTERAIRE ^^\
Le Roy s étant fait rendre compte, dans son Conseil, du succès des mesures quil a cru devoir prendre jusquici pour encourager les études de rhîstoire et du droit public de son Roiaume, et pour en faciliter le progrès, Sa Majesté a reconnu qu'il étoit important d'écarter de ce genre de travail l'intérêt des partis, qui ne produit que des systèmes, et d'y substituer la recherche impartiale de tous les monumens qui seuls peuvent garantir et attester la vérité des faits. G est dans cette vue que Sa Majesté, interressée à veiller également et à la conservation et à la recherche desdits monumens, a ordonné qu'il seroit formé, sous les yeux de l'un de ses Ministres, un dépôt général qui pût servir d'indication à tous les autres dépôts, et faciliter les études de tous les savans qui doivent y puiser. Le plan que Sa Majesté a suivi dans cet établissement a répondu parfaitement à l'objet qu'elle s' étoit proposé. D'un côté, la congrégation de Saint-Maur a oflFertle secours de ceux de ses religieux qui , occupés à la composition des histoires de différentes provinces, en receuillent avec soin les titres et les chartes; d'un autre côté, un très-grand nombre de savans laborieux se sont empressés, dans les provinces, deconcourrir à un travail si utile, et, par les soins des uns et des autres, il devient de jour en jour plus facile de joindre à l'immense catalogue des Chartres déjà connues le catalogue plus nombreux encore de celles qui sont ensevelies dans l'obscurité des dépôts. Les travaux qui doivent enrichir cette immense collection ne se sont pas même bornés aux dépouillemens qui ont été faits et qui se font journellement dans toutes les archives du Roiaume. Sa Majesté a fait faire à ses frais les recherches les plus exactes dans les dépôts étrangers, où l'on pouvoit trouver des titres utiles à l'histoire et au droit public de la France; c'est dans cette vue i(ue, dans un voiage fait exprès à Londres, on a visité par son ordre les archives de la Tour, de la bibliothèque nommée le Maséam, et plusieurs autres dépôts publics de cette capitalle , d'où l'on a rapporté en France des coppies exactes d'une foule innombrable de monumens interressans, dont il est maintenant nécessaire
^) Pablié par M. CbampoUion-Figeac , Lettres des rois et reines. Introduction, p. xix. I. i3
IVPMlIcaiI «ATlORAtC.
de fixer l'ordre et l'employ. La réunion de tons ces travaux, s^ils sont conduits confoimëment nu but que Sa M^esté s est proposé en les ordonnant, lui fait espérer de pouvoir procurer au dépôt dont il sagit le double avantage de devenir, un jour, et un répertoire des connoissances historiques les plus importantes, et une table générale destinée à se procurer facilement et dans le plus grand détail toutes celles que Ton peut y ajouter. Un établissement si utile, exigeant le concours de citoiens sur lesquels Thoneur fait infiniment plus d'impression que toutes les récompensas pécuniaires. Sa Majesté a cru devoir, d'un côté, leur procurer l'avantage ^e se faire con--' aoître par l'établissement d'une société littéraire, qui pourra devenir pour eux un objet d'émulation, d'un autre côté, diriger et encourager leurs travaux par un règlement général, qui réunira autour d'un centre commun et tournera vers un objet unique et leurs recherches et leurs études. Aquoy voulant pourvoir, ouy le rapport, le Roy , étant en son Conseil, a ordonné et ordonne ce qui suit :
ARTICLE PBEifiER. Sa Majesté a confirmé et confirme l'établissement d'un dépôt général des chartes et monumens du droit public : lequel dépôt sera composé et des notices de tous les titres renfermés dans les dépôts roiaux, et des coppies qui pourront y être rassemblées de tous les monumens intéressans renfermés dans les chartriers particuliers.
Art. 2. Pour aviser aux moiens d'enrichir de plus en plus ledit dépôt, et pour en tirer, pour le progrès des sciences de l'histoire et du droit public du Roiau me, tous les avantages qu'il peut procurer, veut et entend Sa Majesté qu'il soit formé un bureau UTTéRAiRE , dont les dijférens membres s'assembleront tous les quinze jours dans ledit dépôt, pour en examiner les progrès , pour juger du mérite des pièces qui y seront envoiées , et pour suggérer au Ministre de Sa Majesté les différentes vues qui peuvent ou as* surer la conservation des monumens, ou en rendre la recherche plus facile et plus avantageuse.
Art. 3. Ledit bureau s'assemblera tous les quinze jours, et se conformera, pour le plan du travail, aux instructions qui lui seront données par le Ministre de Sa M^esté. Les délibérations qu'il formera à la pluralité des voix seront écrites dans un registre qui sera tenu par le garde du dépôt des chartes, et par lui représentées au Ministre, qui rendra compte & Sa Majesté.
Aht. 4. Ledit bureau examinera avec le plus grand soin tant les coppies dés titres anciens qui ont desjà été envoiées audit dépôt, que celles qui ont été apportées d'Angleterre par le sieur de Bréquigny, de T Académie des inscriptions et belles-lettres; d'après lequel examen, il sera dressé sur chacune un arrêté, pour en constater le caractère ou la vérité; et chaque pièce, accompagnée du jugement qui en aura été porté, sera placée et rangée dans ledit dépôt, dans Tordre que ledit bureau croira lui convenir.
Art. 5. Celles desdittes pièces qui, parleur nature, paroitront devoir être plus utilement placées dans d'autres dépôts, y seront réunies , avec mi exti*ait du jugement qui en aura été porté, signé des membres dudit bureau, et cela- à fur et à mesure de l'examen qai en sera fait, et il en sera seulement gardé, dans le dépôt général des chartes, soit une notice pour pouvoir ensuite entrer dans la table générale des titres, soit une coppie figurée, suivant que ledit bureau Tavisera.
Art. 6, Les membres dudit bureau littéraire, en procédant auxdits examens, composeront des tables ou inventaires de tous lesdits monumens, pour servir lesdittes tables de suite aux tables chronologiques des chartes imprimées et connues, lesquelles tables s'impriment actuellement par ordre de Sa Majesté; se réservant Sa Majesté de donner ensuitte auxdittes pièces, ainsi examinées et jugées, le degré d'autorité dont elles pourront être susceptibles , et d'autoriser lés dépositaires à en délivrer des coppies collationnées à ceux qui pourroient en avoir besoin.
Art. 7. Les membres dudit bureau seront également autorisés à proposer à Sa Majesté tous les moiens qu'il peut y avoir de conserver les archives des églises, chapitres et communautés, et d'y mettre Tordre nécessaire pour en prévenir la déprédation et l'altération; et seront tous les préposés à la garde desdittes archives ou chartriers obligés de laisser prendre en leur présence communication de tous les titres qui y sont en dépôt, par ceux qui seront munis de lettres du Ministre de Sa Majesté, qui leur seront envoiées par ledit bureau, le tout néantmoins sans déplacement et sans rien innover aux formes usitées pour donner communication des titres contenus dans le Trésor des chartres de Sa Majesté, au Palais.
Art. 8. Tous ceux qui sont emploies et payés par Sa Majesté pour différens travaux concernant Thistoire et le droit public de la France ne pour-
ront refuser audit bureau les mémoires qu ii leur demandera sur le travail dont ils sont chargés; et aura ledit bureau, sous les ordres et la direction du Ministre de Sa Majesté, la surintendance et Tinspection de tous lesdits travaux littéraires.
ART. 9. Pourra ledit bureau faire faire par ses correspondans dans les provinces , munis de lettres du Ministre de Sa Majesté, toutes les recherches quil croira nécessaires dans les dépôts roiaux, et y faire prendre des notices des Chartres, titres et autres monumens; le tout néantmoins en la présence de ceux qui sont préposés à la garde desdits dépôts, et en leur remettant, pour leur décharge , des lettres signées du Ministre de Sa Majesté , sans que , dans aucun cas, on puisse déplacer lesdittes chartes et autres monumens.
Fait au Conseil du Roi, Sa Majesté y étant ^^l
(Collection Moreaa, n* 315, fol. ia3.)
LETTRE DE BERTIN AU P. GÉNÉRAL DE LA GONGRéGATION DE SAINT-MAUR.
Compiègne, i4 septembre i766«
Vous allés tenir vôtro Chapitre général, mon Révérend Père, et robligation que le Roi ma imposée de veiller au progrès des travaux littéraires quil protège, et dont j'espère que vôlre Congrégation ne perdra jamais rhabitude, m autorise à vous donner un avis qui peut également contribuer et à augmenter parmi vos religieux le goût des études, et à former des sujets capables de s'y livrer avec succès. Il n'y a point de monastère dans vôtre Congrégation qui n'ait des archives plus ou moins ancienes et plus ou moins riches, et le travail de ceux de vos religieux qui s'appliquent à les dépouiller m'apprend, depuis quelques années, combien elles peuvent être utiles pour fournir de nouvelles lumières
(') Le bureau littéraire créé par ce projet devait comprendre Foncemagne, Sainte-Palaye, Moreau , Bi-equigny, Béjot, Gibert, Chevalier, maître des comptes, Boucher d'Argis et Bouquet, avocatit, et Chérin. Les mémoires sur Tbistoire et le droit public rédigés par les membres du bureau et jugc^ dignes de Timpression étaient imprimés aux frais du Roi; les auteurs en recevaient cinquante exemplaires. Voir Collection Bréquignj, n' 157, fol. 247.
à nôtre droit public et de nouveaux matériaux à nôtre histoire. Mais j'apprends en même tems que plusieurs de vos chartriers sont en désordre, et je croi qu ii est intéressant pour la Congrégation de remédier i\ ce mal. J'imagine donc quil seroit très-utile pour elle, et très-convenable aux vues qu elle doit se proposer, de placer dans cbacune des maisons de vôtre Congrégation un religieux qui auroit le titre et feroit les fonctions d'archiviste. Le soin qu'il donneroît au dépôt dont il seroit chargé le rendroit digne et le mettrdit en état d'être ensuite préposé à un autre charlrîer plus riche et plus important. Les fonctions de ce religieux seroienl de veiller k la garde des titres, de les mettre en ordre, d'en faire des inventaires exacts et de faire la recherche de ceux qui pourroient être utiles soit pour les affaires des maisons, soit pour aider vos savans dans leurs travaux ^^\ Parla, vous auriés dans toutes vos maisons au moins un homme obligé par état d'étudier l'antiquité. Il seroit aisé, par la suite, et j'y contribuerai, s'il le faut, d'exciter entre eux quelque émulation. Elle naîtroit même du concours de leurs occupations. Celles-cy garantiroient ces religieux du danger de l'oisiveté, les accoutumeroient à lire les ancienes écritures et peu-à-peu leur inspireroient ce goût d'études et de recherches que la Congrégation ne peut trop maintenir dans son sein. Communiqués, mon Révérend Père, cette lettre au Conseil de la Congrégation , et faitesmoi part des idées que ma proposition lui peut suggérer. Vous savés que je
(>) La congrégation de Saint-Maur ado|.ta cette proposition. Dans le Plan d'étades arrêté en 1 766 , son chapitre général trace ainsi les atlribations de Tarchiviste d*un monastère : c 1* Il s*occupera du soin de sauver de la poussière tous les titres du monastère ; il classera chacun d'eux par ordre de seigneuries et de cantons; il fera de ces titres deux inventaires : le premier contiendra rintitulé, i'âge du titre; le second sera un extrait du contenu dans chacun de ces titres pour ce qui concerne les biens du monastère ; il mettra dans un troisième cahier ses notes sur les parties du titre relatives à rhistoire et aux mœurs du temps. Il est, à cet égard, des morceaux très-curieux qui seront accueillis avec avidité par ctnx qui travaillent aux histoires des provinces. Il ne manquera pas de faire part de ses découvertes à ceux qui travaillent à riii^toiic de la province; il ne prêtera aucun titre à qui que ce soit sans la permission du supérieur local, et, dans ce cas, il ne le donnera que sous récépissé, et il sera fait mention, dans ledit récépissé, de la permission accordée par le supérieur local, a** Lors de la visite, il fera un relevé de toutes ses notes et observations historiques , qu'il signera et remettra au visiteur de la province. Cette copie sera remise par le visiteur au bureau de littérature. On \oit que par ce moyen les sujets utiles seront connus, et que le régime, sur les observations et les représentations du bureau , ne donnera rien au hasard dans la destination qu il fera des sujets de la Congrégation. Il cenviendroit qu'aucun religieux ne fût nommé procureur, avant qu'il n'ait exercé les fonctions d'archiviste dans quelque monastère pendant respacc de quatre ou cinq ans. • — Ce plan d'études a été publié | ar M. Champollion-Figeac , Lettres des rois etreinês, Intnnluction , p. xltt.
connois assés le bien qu elle peut faire pour souhaiter de Tencourager ; elle peut être sûre que je serai toujours très-empressé de faire valoir auprès du Roi et ses travaux et les avantages qu'ils peuvent procurer et à l'Elise et à rÉtat. Je suis , etc.
BBBtIK.
( CoUection Moreau , n* 905 , ÙÀ. 70. )
LETTRE DE BBRTIN AU P. GENERAL DE LA GONGaiGATlON DE SAINT-MAUR.
là àéceotn 1766.
Rapprends avec grand plaisir, mon Révérend Père, les mesures que vous prenez pour maintenir dans la congrégation de Saint-Maur le goût des bonnes études et Témulation qui doit en augmenter le succès. La résolution que vous avez prise, conformément à la lettre que je vous écrivis de Compiègne, de placer dans toutes vos maisons un archiviste qui puisse mettre de l'ordre dans vos chartes et smstruire à les débrouiller, contribuera beaucoup à former des sujets propres à ce genre d'étude. Mais ce qui me fait le plus de plaifcir, c'est rétablissement du bareaa de Littérateurs ^^^ qui s assemblera une fois par semaine à Saint-Germain. M. Moreau m*a fait part du dessein que
^') Voici, en résume, d*après le Plan ditades de 1766, le but du Bureau de liuàraUure. 1* Correspondants db Uttératare, Dans chaque province, ceux des religieux prêtres qui, pendant le ooiirs de leurs études, avaient donné des preuves de capacité, étaient réunis dans un nséme monastère. Sous la direction d^un président, ib s*occupaient en commun de diplomatique et de recherdieB historiques, tout en ayant la liberté de poursuivre chacun des études personnelles. Us se réunissaient deux fois par semaine pour discuter ensemble des sujets désignés à Tavance par le présideiit. (]iieoQ|iàe de leurs délibérations était envoyée , chaque année , vers le temps de la visite , au bureau de littérature établi à Tabbaye de Saint-Germain-des-Prés. Tons les trois mois, le président infomeit, en oatre, ce même bureau de toutes les questions qui avaient été traitées. — 3** LiiUraUwrs de Paris, Doaae places étaient réservées à Saint-Germain-des-Prés à des littérateurs en titrt* , chargés de travailler à des ouvrages déterminés. Les religieux des Uancs-Manteaux devaient occuper six de ces places. Ces littérateurs étaient^ tenus , deux fois au moins dans un espace triennal , de rendre compte, de l'état de leurs ouvrages au bureau de littérature. Ils pouvaient se choisir dans les provinces' des aasocics qui travaillaient sous leurs ordres. La règle était peu rigoureuse ; on leur accordait de nombrenses dispenses. — 3* Bureau de UtUraUtre, Le bureau littéraire était le centre vers lequel convergeaient tontes les parties du plan d études. Composé de quatre religieux , nommés par le diJinUaire et réaidant à Tabbaye de Saint-Germain-des-Prés , il avait un droit d*inspection sur tout œ qui aveit rapport aux lettres et aux lettrés. Les directeurs des collège), les correspondants de littérature ei les littérateurs avaient ordre d'entretenir des communications constantes avec lui. Il 84
vous aviez de rengager à y assister et ma promis d*y être très-exact. Ce sera un moyen sûr de faire marcher de concert et les études ordonnées par la Congrégation, que le Roy se fera toujours un plaisir de protéger, et ies recherches auxquelles Sa Majesté employera ceux que vous loi présenterez comme capables de remplir ses vues. Comptez de ma part sur tous les encouragemens qui peuvent seconder des travaux si utiles. De cette manière, nous pourrons agir de concert pour procurer à vos religieux les facilitez et ies secours même dont leur travail aiura besoin.
En plaçant ce ressort dans un centre éclairé par votre surveillance, mon Révérend Père, je vous convaincrai de plus en plus que Tintention du Roy est d'éviter avec soin que le goût des études ne devienne dangereux pour la discipline et que l'émulation du travail ne nuise à la subordination. M. Moreau vous avertira quand je seray à Paris. Je seray fort aise de vous y voir et de vous assurer, mon Révérend Père, des sentimens avec lesquels je suis, etc.
Bbrtin.
(Collection Morean, n* 395, fol. 90.)
LETTRB DU P. GéN^RAL DE LA CONGR^GATIOIil DE SAINT-MAUR À BERTIN.
18 décembre 1766.
Monseigneur, Votre Grandeur a jusqu'icy daigné honorer de sa bienveillance la congrégation de Saint-Maur, et jai lu, avec la plus respectueuse reconnoissance , les assurances qu'elle a bien voulu me donner, dans la lettre qu elle ma fait Fhonneur de m*éorire , de ses dispositions à protéger le goût des bonnes études que j^aurois tant à cœur d y voir refleurir. Le Chapitre général s est occupé sérieusement du soin de répondre aux intentions de Votre Grandeur dans ce qui concerne Tarlicle des chartes; cette partie du plan d'études sera maintenue dans toute la Congrégation avec le plus d*attention quil me sera possible; je tâcherai dy exciter lemulation, et j'espère qu'avec le temps elle acquèrera le degré de perfection que vous désirez, dez que vous daignez, Monseigneur, assurer aux religieux qui
une fois par MOiaine, pour rechercher les moyens de perfectionner chaque partie du |dan d^étndes et avait mission de présenter aux chapitres généraux des mémoires .sur ce sujet. Les littërateurs ne pouvaient pnUier aucun ouvrage qui n eût reçu approbation du bureau littéraire. 11 avait en6n la distribution des 6«ooott accordées tous les ans par la Congrégation et destinées à l'entretien des historiens.
Y sont consacres les facilitez et les secours dont ils auront besoin. J'ai apporté à la place qui m est confiée les vœux les plus sincères pour le rétablissement de la paix et du bon ordre. Pénétré de la nécessité de réunir les esprits pour les faire concourir au mènne but, j*ai crû devoir prendre pour règle de ma conduite ce qui a été si sagement prescrit par l'arrêt du 6 juillet. Sa Majesté ayant ordonné que tout ce qui s* est passé jusqu'icy soit regardé comme éteint et assoupi, j'ai envisagé comme un des devoirs les plus urgens de mon ministère de rétablir la paix^^^. J'y vais travailler avec l'empressement et lactivité d'un chef de corps qui la désire de tout son cœur. J'ose déjà me promettre que mes soins ne seront point inutiles, par l'espoir que m'en donnent unanimement les esprits même partagez de sentimens. Les mesures que mon cœur me dicte à cet égard ne me font point perdre de vue les différens objets du plan d'études. Le bureau de littérature a commencé avant-byer ses séances; j'y ai présidé, et j'ai eu la satisfaction de voir ceux qui le composent répondre à mes vues, ainsi qu'à tout ce qui peut faire aller de pair la régularité des mœurs avec les études. Ces deux objets. Monseigneur, ne seront point séparez. Le bureau de littérature ne s'occupera pas seulement des moyens de faire fleurir les études; les principes sur lesquels le plan est établi concourent également à faire des Bénédictins de Saint-Maur des religieux estimables par la sagesse, parla simplicité des mœurs et par les travaux littéraires.
^^^ En 1765 « vingt-huit Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés tentèrent de secouer le joug de la discipline monastique et demandèrent à être dispensés de la règle. Dom Antoine-Joseph Pemetty était des plus ardents. Dans le chapitre général de 1766, il demanda la modiGcalion dans un sens plus libéral de la constitution de la congrégation de Saint-Maur. Ses efforts ayant été Yains, il quitta la Congrégation et accepta les offires du roi de Prusse , qui loi donna la place de conservateur de la bibliothèque de Beiiin, le titre d'académicien et Tabbaye de Burgel en Thuringe. D. PemeUy rédigea à cette occasion des projets concernant une constitution et des dédarations nouveltes pour la congrégation de Saint-Maur; on trouve ces deux pièces dans les mas. latins i3863 et i3864. La Requête présentée au Roy par le Supérieur général, le régime et la plus nombreuse partie de la congrégation de Saint-Maur, contre ^entreprise de vingt-huit religieux de Cabbajre de Smnt-Germain-des-Prés , 23 juillet i765, par dom Delrue, ancien Générsd de la Congrégation , et publiée à Paris en 1765, in-4^ etc. f se raltache à cette question. Le même esprit d'indiscipline qui agitait Saint-Germain-des ■ Prés paraît avoir gagné quelques antres monastères bénédictins : dom Martin et dom Maiimilien I)uez sollicitèrent directement de Bertin Thonneur de collaborer à la collection des chartes |X)ur la Saintonge : l'autorisation leur en avait sans doute été refusée par le Général de la Congrégatîou. La correspondance échangée à ce sujet entre Berlin et dom Martin dénote une singulière effervescence. Ces lettres sont dans la Collection Moreau, n** 3a 2, fol. 124 et suivants. On peut dire que ce fut le commencement de la décadence définitive de la Congrégation.
Je sçaurai un gré infini à M. Moreau, s'il veul bien mmformer du temps
de votre retour à Paris. Je suis trop flatté de l'invitation honorable que
vous daignez me faire , pour ne pas saisir avec tout l'empressement possible
les occasions de vous assurer du trez- profond respect avec lequel j'ai
l'honneur d'être, etc.
Fr. P.-F. BouDiER,
Supérieur général de la congrégation de Saint-Maur. (Collection Moreau, n* 306, fol. /la.)